PRÉFACE
Les anciens traités de Duverney, de Valsaiva, la compilation de Trnka, n’offrent que des notions fort incomplètes, et quelques opuscules publiés sur le même sujet par des anatomistes etdes médecins donts’honorent la France, l'Allemagne , l'Angleterre, l'Italie et Genève, ont plutôt marqué que rempli le vide qui se fait apercevoir dans cette partie de l’art. J’ai concu le projet de faire disparaître cette vaste lacune, en prenant cette classe de. maladies presque totalement inconnues pour sujet de mes recherches. Je l'ai fait non par goût ni par choix , mais par occasion et par devoir; car c'en est un sans doute, pour tout médecin placé à la tête d’un de ces asiles ouverts aux infirmités humaines, de dire ce qu'il à vu. ce qu'il a fait pour les soulager, et de faire tourner au profit de l'humanité la confiance dont il fut honoré.
Attaché depuis près de vingtansà un hospice de ‘sourds, j'ai dû recueillir sur cette classé d'infortunés un grand nombre d'observations, m'éclairer par des recherches multipliées, et déduire de tous ces faits des considérations et des indications nouvelles : tels sont les princi-
paux éléments de ce traité. J’y ai travaillé de
PRÉFACE. il longues années, le quittant et le reprenant sans cesse, tantôt arrêté par l’aridité du sujet, tantôt excité par l'espoir d’arracher au domame de l’'empirisme, et d'élever à la hauteur des autres parties de Ja médecine, cette branche négligée et presque dédaignée de l’art de guérir. Mais quand mon ouvrage a été achevé, quand j'ai pu en juger l'ensemble et le comparer à quelquesunes de ces belles monographies qui ont illustré l'époque actuelle, j'ai été peu satisfait de mes travaux ; probablement je les eusse condamnés à ne jamais voir le jour, si je n’avais cédé aux encouragements de l'amitié, et à l’espoir d’avoir produit, sinon un ouvrage régulier et complet, tel que je l'avais d’abord ambitionné, du moins un livre utile, quoique bien imparfait et entaché de beaucoup de défauts.
J'ai cru d’ailleurs pouvoir me rendre cette
justice que parmi ces défauts les plus impor-
tants tiennent à la nature de mon sujet; tels sont
la disposition de mes matériaux, la classification des espèces, et sur -tout le petit nombre d'observations cadavériques qu'il est possible de se procurer dans les maladies qui, comme celles-ci, ne se terminent presque jamais par la
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mort. Il suffira, sans doute, à mes lecteurs de se proposer ces difficultés, pour me trouver excusable de n’avoir pu les surmonter. Quant : aux autres défauts qui tiennent moins au sujet de. l’ouvrage qu'aux moyens de l’auteur, je les avoue nombreux, sans toutefois les croire assez importants pour affaiblir les avantages de ce traité , et m'ôter la modeste satisfaction d’avoir, je le répète, fait une œuvre utile. Si j'ai atteint Ce but, tout mon espoir est rempli, et l’on me pardonnera d’avoir donné un livre de plus à une science qui en compte déjà un st grand nombre.
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