‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 1 sur 61 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Au milieu de cette prodigieuse fécondité qui fait un des caractères distinctifs /sinon un des titres de gloire , de la littérature médicale de notre âge, et malgré les lumières que les' découvertes modernes de l'anatomie, et surtout de l'anatomie comparée , ont répandues sur la structure et la physiologie de Torgane de Torfie, on attend encore un exposé lumirieux, une description exacte et méthodique , et une thérapeutique raisonnée des maladies de ce sens. Quelques idées vagues ou surannées sur le relâchement et la tension de la ménibrane du tympan, sur les prétendus abcès de l'oreille, sur la paralysie du nerf auditif , sur Tocclusion de la trompe d'Eustachi, composent presque toute la théorie des cophoses ; ' de même que ^application banale à^^ vésicatoîres, Tinstillation dans Foreille externe de quelques liquides insignifiants , la perforation aventureuse de la membrane du tympan , comprehnènt toute là thérapeutique de ces maladies.

Les anciens traités de Duverney , de Valsalya^ lacompiiation.de Trnka, n- offrent que des notions fort incomplètes, et quelques opus* cules publiés sur le même sujet par des anato*mister et des médecins dont s^honorent la France* FÂllemagne , l'Angleterre , l'Italie et Genève , ont plutôt marqué que rempli le vide qui se fait apercevoir dans cette partie de l'art. J'ai conçu le projet de faire disparaître cette vaste lacune, en prenant cette classe de maladies presque totalement inconnues pour sujet de mes recherches. Je l'ai fait non par goût ni par choix , mais par occasion etjiar de^n^ir; car c!en est un sans doute , pour tout médecin placé à la tête d'un de ces asiles ouverts aux infirmités humaines, de dire ce qu'il a vu, ce qu'il a fait pour les soulager, et de faire tourner au,profit -de rhunianité la confiance dont il fut honoré.

Attaché depuis près de vingt ansà un hospice **de sourds, j'ai dû recueillir sur cette classe d'infortunés un grand nombre d'ôbser\^ations , -m'éclairer par des -recherches multipliées , «t déduire de tous ces faits des considérations ^t des indiciitions nouvelles : tels sont les principaux éléments de -ce traité. J'y ai travaillé de

PEÉFACE. Mj

fongiies atinééSf le quittant et le reprenant sans tesse^ tantôt arrêté pai* Taridité da sujet ^ tantôt excité par Tespoir d^arracher au domaine de Tempirisme, et d^élever à la hauteur des autres parties de la médecine , cette branche négligée et presque dédaignée de Tart de guérir. Mais quand moti outragé a été achevé, quand j^ai pu en juger Tensemble et le comparer à quelques* unes de. ces belles monographies qui ont illustré l^époque actuelle , j'ai été peu satisfait de mes travaux; probablement je les eusse con-* damnés à ne jamais voir le jour, si je n'avais cédé aux encouragements de Tamitié , et à Tes* poir d'avoir produit , sinon un ouvrage régulier et complet, tel que je l'avais d'abord ambitionné , du moins un liNTe utile , quoique biea imparfait et entaché de beaucoup de défauts.

J'ai cru d'ailleurs pouvoir me rendre cette justice que parmi ces défauts les plus impor* tants tiennent à la nature de mon sujet; tels sont la disposition de mes matériaux , la classification des e^èces , et sur - tout le petit nombre d'obsers'ations cadavériques qu'il est possible de se procurer dans les maladies qui, comme

celles-ci ^ ne se te t-minent presque jamais par 1^

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