‹ Traité des maladies de l'oreille (volume 2)Chapitre 22 sur 72 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

M'i^K. , souffre d'une surdité nerveuse avec éréthisme : il y a en même temps absence complète de la sécrétion cérumineuse. Nous lui prescrivîmes d'introduire le matin dans le conduit auditif du coton imbibé de quatre gouttes de teinture de castoréum 5j et vini gallici albi S^j* Comme la chaleur et les démangeaisons produites dans l'oreille par ce remède , étaient violentes , nous ordonnâmes de l'y introduire le soir , pour que les douleurs pussent être suspendues par le sommeil. L'usage de ce médicament ayant été continué pendant quatorze jours , il se développa dans l'oreille une douleur brûlante qui excitait la malade à se gratter, surtout pendant la nuit : l'ouïe devint en même temps plus mauvaise. Le tragus était rouge , tuméfié, sensible à tout attouchement; le conduit auditif lui-même était rétréci , d'un rouge-pâle et douloureux : la mastication même provoquait les douleurs au point que la malade ne pouvait manger rien de solide. Il s'écoulait du canal auditif excorié des mucosités jaunes et bénignes : il n'y avait pas de bourdonnements. De l'huile d'amandes chaude, de l'eau de Seidlitz et un vésicatoire ne purent empêcher que la douleur ne devint toujours plus violente le soir; elle était même accompagnée de frissons considérables et ne cessait que le matin. Il s'y ajouta de forts bourdonnements et le méat auditif se rétrécit tellement qu'on pouvait à peine y introduire une plume de corbeau. On injecta alors dans l'oreille une solution de gr. jv d'acétate de plomb dans gj d'eau , et en peu de jours , les douleurs , la chaleur et la sécrétion cessèrent ; la tuméfaction ne disparut qu'au

bout de six jours ainsi que le bourdonnement, et l'ouïe revint à son état primitif.

Page 1