GÉNÉRALITÉS — DIVISION
D'autre part, un certain nombre d'entre elles ayant des points communs qui permettent de leur appliquer les mêmes considérations, j'ai cru utile, à l'exemple de la plupart des auteurs, de rapprocher leur otudo, et de les réunir dans une série de groupes distincts; puis, ces groupes une fois constitués, je les ai euxmêmes disposés dans un certain ordre, d'après d'autres caractères plus généraux; et c'est ainsi que, partant des entités morbides isolées, et passant par les groupes, j'en suis arrivé à une classification qui les comprend toutes disposées d'une manière méthodique, et que je crois avantageuse pour leur étude ; c'est cette classification que je me propose de suivre.
Ce mode de groupement n'est-il passible d'aucune objection ? Je suis loin de le croire. Mais il m'a paru impossible de les éviter toutes. Ce que j'ai cherché en l'adoptant, c'est seulement qu'il présentât moins d'imperfections que les autres, préférant cette division, même imparfaite, h l'étude des diverses stomatites faite sans ordre et sans lien, sans que rien rappelât ce que chacune d'elles pouvait avoir de commun avec les autres.
Toutes ces maladies ont été d'abord répartiesen deux groupes : le premier comprenant toutes les formes que j'ai appelées SIMPLES, dans le sens que l'on donne généralement à ce mot en pathologie, et le second, celles qui, étant dues à une cause spéciale, toujours identique à elle-même, m'ont paru pouvoir justifier le nom de SPÉCIALES.
Les premières ont été ensuite subdivisées h leur tour en TOTALES, c'est-h-dire occupant ou pouvant occuper la totalUé{V de la muqueuse buccale, et comprenani
(l^ J'ai du a lnpler le mot tal d-^ do iirofnroneo. ;i nènArnlea. eette dernière expression étant einployôo plus hiiii dans un autre sens.
PREMIÈRK r,I£ÇON
lesslomafUcs cnjthcmaleuses aiguës et chroniques, les stomatites ulcéreuses et les stomatites gangréneuses; et en partielles, c'est-à-dire se localisant sur un point exclusif de la muqueuse buccale, et parmi lesquelles je décrirai la giiigicite, la glossite, la palatite, Vuviclite et la stomatite scléreuse. V oilà pour le premier groupe.
Le second est composé, je l'ai dit, par les inflammations se développant sous l'influence d'une cause toujours identique à elle-même. Mais ce groupe comprenant des affections de nature très diverse, j'ai dû établir de nouveau des subdivisions, et, sans que je les croie plus inattaquables que la division elle-même, voici celles auxquelles je me suis arrêté. Ces subdivisions sont au nombre de quatre. La première comprend les stomatites dont la sphère d'action no dépasse que rarement les limites de la cavité buccale Ce sont la stomatite vesicuto-ulcèreuse ou ajMhe, la stomatite ulcéro-membraneuse et la siomatiie gangrêneuse ou noma. Celles de la seconde subdivision présentent ce caractère commun, de naître soUs l'influence d'une cause toxique ou médicamenteuse, ce sont ; la stomatite mcrcurielle, i^hos'phovique , iodique, j^lombique et ai^sénicale. Bans laTRoisiËME sont toutes les stomatites se montrant sous l'influence d'une cause générale, telles que les stomatites crgsi/pélateuse, diijhthériqiie l scrofuleuse, syphilitique et tuhercideuse.
Enfin la qu.vtrième ne comprend qu'une stomatite, mais nettement distincte des autres par sa nature franchement parasitaire : la stomatite crémeuse ou muguet.
i\) De.s doutos oxUtant encore sur la nature microbienne fie l'éryspeln,. de la diplithérie et de la syphilis, je n'ai pas cru devoir les alpcer dans le groupe suivant.
GÉNÉRALirÉS — DIVISION
STOMATITES SIMPLES
10 Occupant toute la muqueuse ou tot/^les ;
Stomatite èrylhèmateuse | cûronirpu;
ulcéreuse
gangréneuse
2» N'occupant qu'une partie de la muqueuse ou partielles :
Inflammation des gencives Gingivite
— à la langue Glossite.
— du voile du palais Palalile
— de la luette UvuULe
—. chronique Scléreuse
stomatites dépendant d'une cause spéciale
l» Restant locales :
Stomatite Vésiculo ulcéreuse ou aphlhes
Vlcéro-membraneuse.
Gangréneuse ou noma.
De nature toxique :
Stomatite Mercurielle.
; Phosphorique
loclique.
Plombique.
Arsènicale.
3» De cause générale :
Stomatite Erysipèlateuse.
Scorbutique.
Tuberculeuse.
Scrofuleuse
Syphilitique.
Diphthériqite.
4» Parasitaire :
Stomatite Crémeuse ou muguet.
Sans être complète, cette classification me paraît comprendre toutes les stomatites que vous devez con-
PREMIÈRE LEÇON
naître. Vous le voyez, du reste, elles sont déjà assez nombreuses. Mais toutes ne seront pas étudiées ici avec le même développement.
Quelques-unes, en effet, ne différant des autres que par de rares points spéciaux, ce serait s'exposer à trop do redites que de leur consacrer une étude distincte ; d'autres, n'étant qu'une manifestation d'un état général, tel que la syphilis, la scrofule, trouveront noieux leur place dans la description de ces diathèses ; et enfin d'autres, n'atteignant la muqueuse buccale que d'une manière exceptionnelle et toujours avec moins d'intensité que les régions environnantes, ne seront considérées que comme des complications, et comprises tout naturellement dans l'exposé de l'affection, généralement du pharynx, au cours de laquelle elles apparaissent.
Ainsi, en reprenant le tableau ci-dessus, vous pourrez voir qu'en tenant compte de ces éliminations, le nombre des stomatites, dont je m'occuperai, sera sensiblement restreint. Si, en effet, le groupe des stomatites simples doit être étudié d'une manière complète, celuidescauses spéciales sera notablementdiminué, mes descriptions se bornant à celles des stomatites vêsiculoulcéreuses , ulcéro - membraneuses , gangrêneuses , mercurielles et crémeuses.
Les stomatites phosphoriques, iodiques, plombiques et arsénicales, ont trop peu de caractères propres pour justifier une étude distincte. La stomatite érysipélateuse n'étant, le plus souvent, qu'une extension de la pharyngite de même nature, sera décrite avec elle ; la stomatite scorbutique, étant surtout localisée aux gencives, sera comprise dans l'étude de cette môme affection ; les stomatites tuberculeuses, scrofuleuses
G uKNKKAI.lTl'lS — TKK.\iINOIX)GlK
et syphilitiques imiivcront mieuxlear place dans l'histoire de ces diathéses; oiiliii la sLomalite diphthérique n'étant, do ménic que l'èrysipèlateuse, qu'une extension delà pharyngite do mcw.o nature, lera partie de la môme description.
Cependant, pour ne pas les passer entièrement sous silence, et ne pas vous laisser ignorer trop longtemps les points principaux les concernant, je me propose de vous en présenter un résumé succinct en vous parlant des divers diagnostics. C'est ainsi que se trouvera complété ce que j'ai à vous dire sur cette partie de la pathologie.
Terminologie. — Les règios qui ont présidé .h la terminologie que j'ai adoptée sont les suivantes : Le premier nom sera toujours donné par la région. C'est ainsi que toutes les affections occupant la totalité de la muqueuse buccale recevront le nom de slnmaiites, tandis que celles qui sont limitées à une de ses parties, recevront celui de glossite, gingivite, etc., selon qu'il s'agit de la langue, de la gencive, etc. Le second nom sera tiré de la nature dn processus anatomique Nous aurons ainsi les désignations : ulcéreuse, gangreneuse, etc. Le troisième viendra de la cause, et de là les expressions : simjJÎe, mei-ctwielle, dijjhihérique, tuberculeuse, etc. Enfin, un dernier qualflcatif, servant à spécifier de plus en plus la maladie dont il s'agit, sera tiré de sa marche, et aux noms précédents sera ajouté un des deux suivants, si usités en pathologie^ ai^^^<?o^^c/i^o^^^5'^^e.
Chacune des entités morbides que nous allons étudier, pourra donc, quand le besoin se présentera, recevoir quatre noms qui suffiront, je l'espère, h la distinguer de toutes les autres.
PKK.MIÈRE LEÇON
Ai-je besoin de dire qu'assez souvent, il ne sera pas nécessaire tle les réunir tous, un d'entre eux coiumandant ;i plusieurs autres ? C'est ainsi que, si, pour être complot, nous disons slomalUe — érylhcmaleuse — simple— aigac, pour la distinguer delanième atî'ectionà l'état clu-onique; il pourrait suffire de dire, stomcUilech'uUié,nateuse-cUgua, le mot simple pouvant être l'acileuient. sous-entendu sans erreur; et qu'il suffira également de dire, stomatite in.o-curlelle, iodique, aphllieuse, sans qu'aucune autre désignation soit nécessaire.
Mais il n'en est pas moins utile que ces régies de terminologie vous soient toujours présentes pour en user au besoin, et donner à votre langage l'exactitude qui est indispensable à tout langage scientifique et surtout au langage médical.
Ces divisions et ces régies établies, il ne me resterait donc qu'à commencer l'étude séparée de chacune de ces atl'ections. Mais mon intention, dâns le cours que j'inaugure aujourd'hui, étant d'une part de m' appuyer sur la physiologie pour expliquer la symptomatologie, et, d'autre part, de partir de l'anatomie normale pour vous faire apprécier les lésions anatomiques, je crois utile, sinon indispensable, de vous rappeler rapidement l'anatomie et la physiologie de la cavité buccale, en insistant plus particulièrement, bien entendu, sur les points dont la pathologie devra nous révéler l'importance plus tard. C'est cette étude d'anatomie et de physiologie qui terminera cette leçon.
Anatomie et Physiologie. — La bouche OU cavité orale, constitue la première portion dos voies digesti-