‹ Traité des maladies de la peauChapitre 6 sur 31 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les maladies dont se compose le domaine de la pathologie cutanée sont si nombreuses, les espèces en sont si variées, et les aspects si différens, suivant les phases par où chacune passe , que l’étude n’en peut être faite, dans un court laps de temps, avec plénitude et avec fruit. A Paris meme, malgré tous les avantages que présentent l’hôpital Saint - Louis pour les maladies chroniques de la peau; l’hôpital de la Pitié pour les fièvres éruptives chez les adultes ; l’hôpital des Enfans - malades ^ pour les fièvres éruptives, pour les scrofules, et pour les autres maladies chroniques de la peau développées chez les enfans avant la puberté ; le Bureau central des hôpitaux, pour le traitement des affections du cuir chevelu; l’hospice des Vénériens, pour les symptômes primitifs de la syphilis, pour les éruptions vénériennes et les autres symptômes secondaires; les hôpitaux, en général, pour les rapports des

maladies de la peau avec celles des autres organes : ce n’est, dis-je , qu’après beaucoup de temps et de persévérance qu’on parvient à obtenir les connaissances nécessaires pour éviter des erreurs graves dans le diagnostic et le traitement de ces maladies.

Le meilleur moyen d’acquérir ces connaissances est d’observer un grand nombre de faits individuels, de s’attacher à démêler les formes élémentaires des éruptions, leurs transformations et leurs dégradations successives ; le progrès, dans cette étude, est hâté par un enseignement méthodique et par les classifications, qui rapprochent les maladies analogues et qui font ressortir les apparences ou les phénomènes caractéristiques des différens groupes. L’utilité d’un Atlas qui réunirait dans un même cadre la généralité des maladies de la peau, et dans lequel elles seraient représentées fidèlement, avec leurs diverses apparences , et groupées dans un ordre systématique, ne peut donc être contestée; car une pareille collection, pour atteindre pleinement le but, doit rappeler au praticien ce qu’il a vu, aider l’étudiant à acquérir l’art du diagnostic, et suppléer jusqu’à un certain point, pour Fun et pour l’autre, à l’absence même des malades. Mais les difficultés d’exécution d’une semblable entreprise m’en auraient détourné, si l’amitié dévouée de M. James Young , de Paisley, qui joint à une profonde connaissance des maladies de la peau le talent d’en saisir admira-

blement les aspects et de les représenter avec une grande fidélité, n’était venue à mon secours.

Le plan que nous avons adopté de réunir les éruptions d’un même ordre, dans un même cadre, a l’avantage de faire mieux apercevoir les caractères qui distinguent les genres, et ceux qui distinguent les espèces. Nous avons pu, en outre, les figurer dans leurs divers états et représenter des variétés de siège remarquables par des apparences particulières. Les grandes dépenses qu’aurait entraînées la reprétation des maladies de la peau^ si on avait consacré une planche à chaque variété, eussent rendu ce plan inexécutable; il eût fallu se borner à figurer un certain nombre de maladies, et laisser de grandes lacunes qui auraient beaucoup diminué l’utilité de l’Atlas.

Mon service et surtout le Dispensaire de l’hôpital de la Charité, où se présentent une foule d’individus atteints de maladies chroniques , nous ont fourni un grand nombre de cas, parmi lesquels nous avons pu choisir des exemples caractéristiques des aspects variés que présentent les maladies cutanées dans leurs différentes périodes. Nous avons aussi représenté quelques maladies très rares , d’après des figures qu’en avaient données des auteurs estimés.

Dans le texte nous avons cru devoir nous borner à rappeler les principaux caractères extérieurs des maladies figurées dans cet Atlas.

EXANTHÈMES

Les EXANTHEMES sont caractérisés, clans leur état^ par des taches ou des surfaces rouges qui disparaissent sous la pression du doigt. Ils sont au nombre de sept : la Rougeole, la Roséole, la Scarlatine, l’Erysipèle, l’Erythème, l’Urticaire et l’Exanthème syphilitique^

GROUPE

Ce premier groupe comprend les Exanthèmes fébriles, la Rougeole, la Roséole, la Scarlatine, et l’Érysipèle.

La aovGEoiiS est caractérisée ^par des taches, quelquefois comme papuleuses, développées sur la peau, qui conserve sa couleur naturelle dans leurs intervalles, ou n’y offre qu’une légère teinte rougeâtre. Ces taches sont souvent disposées en forme de petits arcs irréguliers. Les yeux sont ordinairement rouges et larmoyans.

Dans la roséoiiS, il y a ordinairement peu de fièvre, les rougeurs, de couleur rosée, sont plus en plaques que dans la rougeole. Il n’y a pas de coryza, ni d’injection des yeux.

On observe, dans la scAs;.i.ATmi:, une teinte rouge éc.arlate ou framboisée, générale, en nappe, avec peu ou point d’intervalles de peau naturelle. La langue, vers la fin de la maladie, se dépouille ordinairement de son épithélium et prend une teinte d’un rouge vif. 11 y a souvent mal de gorge. Les yeux ne sont point injectés.

L’InTsiFÈiiX se montre, sur une région du corps, par une rougeur violacée ou jaunâtre, circonscrite, accompagnée d’un léger gonflement. L’Érysipèle s’étend, en général, d’un côté pendant qu’il s’affaisse de l’autre. Il n’y a ni mal de gorge ni injection des conjonctives.

* PI. XVI. fig. I. 2. ,3.

EXANTHÈMES

PLANCHE I

Fiff. 1. — Roséole développée sur le visage et sur le corps d’un enfant; les taches sont plus larges que celles de la rougeole ; les yeux ne sont point injectés.

Fiff. 2. — Rougeole vulgaire; la disposition des petites taches en arcs n’est pas très sensible, surtout sur les joues et sur le front, où la rougeur est plus prononcée.

Fig. 3. — Rougeole , avec suffusion sanguine dans la peau. On observe cette apparence dans deux variétés de rougeole très distinctes l’une de l’autre , i° dans les rougeoles vulgaires, peu graves, avec forte congestion et épanchement de sang dans le tissu de la peau; a“ dans des rougeoles très dangereuses, avec hémorrhagies des membranes muqueuses et formation de pétéchies.

Fig. 4. — Petites taches jaunâtres que présente la peau dans la Rougeole hémorrhagique arrivée à son déclin (dixième jour).

Fig. 5. — Rougeur écarlate de la peau, dans la Scarlatine, et petits points blancs de la dimension des sudamina, sur le col.

Fig. C. — Suffusion SANGUINE de la peau, dans la scarlatine. Cette apparence de la peau a été prise sur un individu qui avait éprouvé plusieurs épistaxis au début de la scarlatine.

Fig. 7. — Apparence de la langue, dans la Scarlatine angineuse (douzième jour). Dans la Scarlatine simple, la rougeur de la langue et surtout la desquammation de l’épithélium sont beaucoup moins considérables.

Fig. 8. — Erysipèle de la face, avec œdème des paupières , développé chez un vieillard. La teinte jaune ou violacée, en nappe, de l’érysipèle, est bien distincte des nuances des autres exanthèmes.

Fig. 9. — Bulles développées sur un érysipèle. Elles sont rarement très nombreuses, même sur les érysipèles qui occupent une très grande surface. L’érysipèle est quelquefois aussi surmonté de vésicules accidentelles.

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