‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 16 sur 50 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

De la Formation de l'Anévrisme en général.

. Malgré l'attention qui a été apportée à celle branche de la pathologie, il existe enicore beaucoup d'incertitude sur la nature des parlies qui forment le sac anévrismal. La question est simplement celle-ci : Panévrisme consiste-t-il toujours dans une dilatation partielle ou générale de toutes les membranes d’une artère, ou est-il constamment produit par la destruction de toutes ces membranes ou de plusieurs d’ entre elles, et par la formation d’un sac au moyen de lafflux du sang dans l'enveloppe du vaisseau et des parties environnantes ?

Les controverses qui ont existé à ce sujet paraissent provenir de. la répugnance à admettre la réunion de plusieurs causes pour produire le même effet , et de l’attachement à des opinions appuyées sur des observations très- -im parfaites. Comme les anciens étaient privés du secours de la dissection pour examiner les apparences morbides , leur sentiment sur tous les objets qui, comme celui-ci, ne peuvent être décidés que par l’anatomie, tient a des idées purement spéculatives et ne peut

DES ARTERES ET DES VEINES. 65 avoir aucune valeur. Ilest donc peu important qu’ Aétius et Paul d’Egine décrivent ou ne décrivent pas l’anévrisme comme formé par la dilatation des membranes d’uneartère, ou que, d'accord avec,la plupart des autres médecins grecs et arabes , ils le considèrent comme résultant de la rupture d’une artère et de l’épanchement du san g dans les parties environ-

‘ nantes. Vésale le prèmier appliqua l’anatomie

aux recherches sur cette affection, et fit l’histoire d’un anévrisme produit parla rupturede l'aorte dilatée (1). Des examens subséquens faits par Sennert(2), Elsner (3), Sylvaticus(4), Séverin (5), Fabrice de Hilden (6), Paul Barbette (7) et autres, donnèrent naissance à la doctrine que l’anévrisme est universellement causé par la déchirure des membranes propres d’une. artère. Fernel (8) avança ensuite que Yanévrisme est le résultat d’une dilatation .

(1) Boner, Sepulchret.anatom., lib. 1v, sect. 2.

(2) Opera omnia ,t. v, lib. v, pars 1, cap. 43, p. 5o:

(3) Acta nat. Curios. , an. 1 , decad. 1, obs. 18.

(4) De Aneurysmat. tractatio. |

(5) De Abscessuum reconditä natur&, cap. Yir, p. 195.

(6) Opera omnia , observ. chir. centur. 11, 06s. 44.

(7) Opera chir. anatom. , pars. 1 , cap. XVI, p. 156.

(8) Universa Medicina , de extern, corp. affect., libs. vu, cap. 3, p. 436, 7a Avevpucpine

À Go

66 |! MALADIES des membranes artérielles ; semblable celle qui a lieu dans les veines affectées de varices. Cette opinion fut aussi soutenué par Forestus (1), Diemerbroeck (2) et d’autres.

auteurs. Enfin , des observations postérieures firent naître un troisième sentiment , et les cas rapportés par JLancisi.(5) , Freind! (4), Guattani (5) ‘et Morgagni (6) semblaient prouver que. Panévrisme pouvait être occasionné par la rupture ou par la dilatation des membranes d’une artère, ou enfin par ces deux circonstances réunies, la dilatation ayant précédé la déchirure. Les écrivains systémaliques-adoptèrent cette doctrine sur la — formation de Panévrisme , et les différentes “variétés de la maladie furent distinguées par les noms d’anévrisme vrai; d’'anévrisme faux et d'anévrisme mixte. Dans l'anévrisme vrai, on décrivit le sac comme formé par la dila-.

qe an nearer pre gp rests

(t) Voyez History of phy ster eté., où l'Histoire de la médecine de Freind , part: r, page187.

(2) Lbid. ; p, 186. |

(5) De ne cordis et Aneurysmatibus.

(4) History of physick . où Histoire de la mn partie 1, p. i97- )

(5) De externis Aneurysmatibus.

(6) Epist. xvit, art. 17, 205; xxvi, 14; xxVIly 145 * unt, 26; 1,55, etc,

tation desmembranes artérielles; dans le faux, on soutint qu’elles étaient détruites, et que les parties environnantes formaient le sac ; et par le mot de mixte, on désignait cette variété dans laquelle les membranes du vaisseau ; dilatées d’abord dans une certaine étendue , changeaient subséquemment par leur destruction l’anévrisme vrai en anévrisme faux. On citait des cas innombrables dans lesquels le sac paraissait formé par la dilatation ou par la rupture des membranes du vaisseau , et la doctrine généralement admise sur la production de l’anévrisme reposait sur ces" faits et sur ces opinions , lorsque parut l’excellent traité de Scarpa. Cet infatigable anatomiste fit revivre la doctrine de Sennert, et soutint que l’anévrisme n’était jamais produit par la dilatation, mais bien par la corrosion . et la déchirure des membranes propres de l'artère , et conséquemment par l’épanchement du sang artériel au-dessous du tissu cellulaire ou de toute autre membrane recouvrant extérieurement l'artère lésée (1).

Scarpa reconnaît l'existence de cet état de dilatation contre nature d’une artère que j’ai décrit , «et fait mention de sa fréquence dans

(1) Traité sur l’Anévrisme , traduction de Delpech.

68 MALADIES Paorte ascendante. Il donne des détails sur quelques-unes des circonstances qui font différer cette maladie de l’anévrisme (1) , quoiqu'il admette que les deux: affections existent souvent ensemble dans le même vaisseau ,etil observe qu’en général on les a confondues sous la même dénomination. Cependantleurs différencessont siremarquables, que , sous le point de vue pathologique , elles, demandenta être établies. Je présenterai donc quelques remarques sur” ce sujet , avant de donner le résultat de mes observations personnelles sur la formation de l’anévrisme.

La maladie dont je veux parler consiste dans une dilatation contre nature de tout le cercle d’une artère et non dans une distension partielle ou latérale de’ses membranes. Un sac anévrismal n’occupe jamais , ou du moins que très-rarement, toute la circonférence d’un ‘Vaisseau; mais il commence sur un de ses côtés par un col qui, dans beaucoup de cas, est plus étroit que le corps de la tumeur. Une artère est quelquefois dilatée d’une manière contre nature sans qu'aucune altération morbide soit survenue dans le tissu de ses mem- ‘branes. D’un autre côté, la structure de la

(1) Traité sur l’Anévrisme, traduction de Delpech.

plupart des sacs anévrismaux différe essentiellement de celle d’une artère dilatée : les premiers, en général, ont une surface mem-— braneuse unie , recouverte de coagulum ;et dans'une période avancée de la maladie , ils n’offrent aucuns vestiges des membranes du vaisseau. tandis que la dernière est pourvue d’une structure uniforme, et composée évidemment des membranes d’une artère qui sont le plus souvent dans un état morbide.

Le passage du sang n’est pas aussi matériellement interrompu dans’ une artère dilatée que . lorsqu'il traverse un sac anévrismal, et de là vient qu’on ne rencontre jamais dans la première ces grumeaux de sang et ce coagulum lamelleux presque constamment déposés dans le second. Ces obseryations prouvent qu’ilya une différence Baupntiette entre la dilatation contre nature de tout le cercle d’une artère. et un sac anévrismal, soit qu’il provienne de la destruction ou dela dilatation partielle des membranes du vaisseau.

Mes observations particulières ne me permettent pas de regarder ,.avec Scarpa, l’anévrisme comme constamment produit par la destruction des membranes d’une artére. Au contraire , l'inspection des. préparations innombrables de cette affection conservées

90 AN" er A DTvé dans les principaux muséum de Londres, et l'examen le plus ‘attentif,; au moyen de Ja dissection, des différentes espèces de maladies des at et d’anévrismes aux diverses “périodes de leur formation, mont convaincu que-quoique dans la plupart des sacs anévrismaux; surtout dans ceux qui ont atteint un volume considérable, les membranes du vaisseau se soient ouvertes, il est cependant un grand nombre d’anévrismes qui ont commencé par la dilatation partielle de Partére. Les preuves sur lesquelles cette opinion est fondée seront ‘rapportées en détail dans les observations Suivantes sur l4 formation de lanévrisme par la destruction et parla’ dilatation partielle dés ‘inémbranes du vaisséau.

Un grand nombre dessacs anévrismaux que fat été à même d’examiner étaient ‘certaine- ment formés de la’ manière annoncée par Scatpa ; @’est-a-dire ‘par ‘la destruction des inémbranes interne et'moyenne de l'artère, et par l’éxpansion!en sac de la tunique externe où ‘cellulaire. Cette dernière‘ finit par: s’ouvriret alors la gaîrie de Partére et les parties énvironnantes servent d’enveloppe'a là tumeur. Quand les membranes ‘interne ‘et nioyenne d’une artère sont divisées, et qu’on injecte de l'eau on de Pair dans le vaisseau ,

DES ARTÈRES ET DES VEINES. mt

la tunique externe se gonfle beaucoup et devient un petit sac anévrismal. Nicholls a fait cette expérience devant la Société royale, en injectant de l’eau avec un tel degré de violence dans l'artère pulmonaire qu'il rompit les membranes interne et moyenne et qu’il distendit l’externe (1). Jai répété fréquem- -ment l'expérience en divisant les membranes Interne et moyenne de différentes artères par l'application d’une ligature que j'enlevais ensuite : alors insufflant avee force le vaisseau, la membrane externe a toujours montré un degré considérable de dilatation qui prouve qu’elle est plus disposée à s'étendre en sac qu’a-se rompre par l'impulsion du sang qui y - circule: Il paraît donc que lorsque les mem- branes interne et moyenne sont détruites , le sac est formé d’abord par l’expansion de la tunique externe de l'artère : comme la distension fait-des progrès, cette membrane finit par souvrir ; la gaine du vaisseau arrête alors l’épanchement. Lorsqu’a son tourelle acédé, lesparties environnantes ,quelle que soit leur texture , servent debarrière à l’extravasation. L’inflammation: excitée dans les membranes

(1) Philosophical Transabtions ; elc. ou Transactions philosophiques , vol, xxxv, p. 443.

72 IRAN CMAËÂADIES de l'artère par la maladie primitive, et consécutivement dans les parties environnantes par ~ Jeur distension, y produit un épanchement lymphatique qui les agglutine ensemble , et quiempéche l’épanchement du sang dans le tissu cellulaire. Ainsi se forme le sac, et linflammation existante. dans son intérieur y donne lieu également à un épanchement de lym phe qui recouvre sa surface! interne comme’celle d’un abcès.

Les causes quit produisent la flestaisiaeds des membranes interne et moyenne d’une artére sont l’ulcération et la rupture. L’ulcération; comme je lai déjà observé , se renconire rarement dans les membranes d’une ar- “tère qui n’a pas éprouvé précédemment quel- .

quealtération morbide: Elle survient souvent : dans les membranes d’une artère qui contient - des amas de matière athéromateuse ou cal- ‘caire. La membrane interne s’ouvre d’abord, “puis arrive ‘ensuite la destruction de la membrane moyenne accélérée par l’infiltration du sang dans ses fibres. La ‘tunique externe : devient incapable de résister à l'impulsion de la circulation, et cède de manière à former le sac-anévrismal. Mon ami M. Brodie m'a faitexaminer une aorte épaissie et malade qui laissait voir cette disposition d’une manière

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 79 ‘évidente, ‘Lesmém branes interne et moyenne -étaient détruites en apparence par une ulcéra- “tion , et ’externe formait, par son expansion, ‘une’ petite poche de la grosseur’d’un’ pois. ” -' La: formation’ @ane tumeur anévrismale’,

dans le plus grand nombre des cas, est précé= ‘dée par Ja rupture des membranes’ interne “et moyenne de 'Vartére ; la destruction de -ces feuillets par lulcération est une cause moins fréquente @anévrisme. Quand la membrane interne a éprouvé ces changemens ‘morbides que j'ai décrits sous les noms d’épaississemens stéatomateux et cartilagineux’, ou quand une matière calcaire est déposée ‘dans sa substance , elle se fend souvent ets’a- “vance sous foie d’écailles dans la cavité du vaisseau. La maladie est quelquefoissi étendue ‘que lamembrane moyenne y est enveloppée; les fentes ontlieu dans toute son épaisseur et ses fibres sont aisément séparées: par le mou- -vement de la circulation. Le sang entre ainsi en contact avec la tunique externe | qui se dilateen forme de sac; de la même manière que lorsque iles membranes interne et «moyenne sont détruites par Pulcérationy 0: |

L’aorte d’une dame , dans un fait que jai déjà rapporté (1), montrait parfaitement cette

(1) Observation vire

74 “UNIT OMA BA DERBY; * période de Ja formation de poner aie, La . membrane interne était entièrement convertie en cartilage ou. recouverte de matière: calcaire. À. la courbure. dé l'aorte était une déchirure transversale , longue d’un pouce, qui avait intéressé -aussi la membrane moyenne.

Le sang s était insinué' entre les membranes inoyenne et externe, et avait soulevé cette der-

nière sous la, forme d’une tumeur de deux pouceside circonférence qui avait toutes. les apparences, d’une ecchymose circonscrite. Si : Ja malade avait vécu plus long-temps!, nal doute quecettecondition de l'aorte n’eût donné lieu à la formation d'un anévrisme. Ni- -cholls observa une circonstance semblable à Youverture du corps de Georges IL: « Dans de tronc de l'aorte, dit Nichoils, nous trou -vâmes sur le côlé interne une fissure transwersale;, longue d’un pouce, et demi, par laquelle lun peu de sang avait ‘tout récemment ipassé-sous la membrane, externe et formait une ecchymose élevée (1): >) 9

‘Le déchirement des membranes interne ét moyenne d’une: artère survient en général pendant quelque exercice violent. Ayant perdu son élasticité naturelle ‘par la désorgani-

a ree et ts RAS PONT WS TC Rae RRR mee (1) Philosophical’ Transactions. etc. ‘ou | Transactions

philosophiques , vol. ur, p. 269.

DES ARTERES ET DES VEINES. 175 sation de ses tissus, l'artère devient incapable de résister à l'impulsion. du sang, et de la, les malades datent le commencement de leurs anévrismés à la suite d’un accident ou de quelque violent exercice. Toutefois, je n'ai jamais rencontré de: déchirement des membranes d’une artère quin’eût pas éprouvé précédemment quelque altération morbide ; ‘et je crois fortement que tout exercice insuffisant pour déchirer les parties environnantes ne pourrait produire la rupture dés membranes d’un vaisseau sain. M. Richerand (1) prétend que le déchirement dés membranes interne et moyenne de l’artère poplitée est dû à l'extension violente de la jambe'sur la cuisse, et il attribue à cette cause la fréquence des anévrismes au jarret. J’ai plusieurs fois répété ‘cette expérience ; mais jé n’ai jamais déchiré les membranes de l’artère ,à moins quela violence ne fût telle qu’elle produisit en mé- ‘me temps la rupture des ligamensdu genou, ‘événement sans doute ‘tres-rare dans ces ac- ‘cidens auxquels on attribue l’origine des anévrismes ; en outre, les « expériences du docteur Jones (2) prouvent que le déchirement soudain des membranes interne et. moyenne

(2) Jonzs , 4ireatise on the process employed by na-

d’une artère saine n’est. pas suivi de. la formation d’un anévrisme. Il survient un épanchement lymphatique qui rend le vaisseau plus fort dans cet endroit. J. Hunter et sir Everard Home (1) ont enlevé la tunique externe sur les artères d’un animal vivant pour reconnaître. si l’absence de cette membrane ne produirait pas la dilatation de linterne ; mais ils ont trouvé qu’il n’en était pas ainsi, et qu'un épanchement ,lymphatique survenu sur l'artère lésée la rendait plus consistante et moins susceptible de dilatation que dans son état naturel. L'état morbide constant des membranesde toute artère qui est le siége dun anévrisme rend probable l'opinion que la perte de Pélasticité prédispose au déchirement à la suite de causes qui n’eussent pas produit cet effet sur un vaisseau doué de ‘ses propriélés. naturelles.

. ture in suppressing ‘the hemorrhage from divided and punctured arteries; and on the use of the ligature , elc., c’est-à-dire, Traité sur les moyens employés par la nature pour arrêter les hémorragies provenant de la division ou de Ja piqüre des artères, et sur l’emploi de la ligature, etc.

RUE) Transactions of a Society for the improvement of medical and chirurgical knowledge ; ; c'eit-à-dire,

Transactions d’une Société pour Pavancement des con= naissances médicales et chirurgicales, vol, 1, p. 144.

La destruction des membranes d’un vaisseau a lieu en général dans une direction transversale. Quelquefois,, surtout dans les artères du troisième ordre, tout le cercle du vaisseau est séparé , tandis que dans certains cas la division est partielle, et l'artère paraît comme ouverte au moyen d’un instrument. Dans d’autres circonstances, la destruction desmembranes se fait dans une direction longitudinale, ou bien enfin elle a une apparence circulaire, et ses bords établissent une séparation entre la cavité du sac et celle de l'artère.

Les cas où les anévrisines paraissent avoir été prod uits par la destruction desmembranes du vaisseau abondent dans les ouvrages de chirurgie et de pathologie. On peut avoir recours , pour la confirmation de ceux que j'ai rapportés , aux observations de ce genre recueillies par Scarpa (1), Morgagni (2), Lancisi (3), Guattani (4), Desault (5) , Warner (6),

(1) Traité de l’Anévrisme, traduction de Delpech.

(2) Epist. xxvi, art. 3,15 ,17, I. a

(3) De Motu cordis et Aneurismatibus , prop. XxIt > page 241.

(4) De externis Head mPa x, page his , v. page 183.

(5) Journal de Médecine , tome 1, p. 87.

(6) Philosophical Transactions , etc. , |, Erenangene philosophiques ; vol. 2, p. 363. |

et Home (1) ; et aux planches de Soarpa (2) et de Guattani (3). | Toutanévrismeest:il produit par la ip tion des membranes interne et moyenne du.

vaisseau, et une dilatation partielle de ces mé-, mes membranes ne peut-elle pas quelquefois, précéder leur destruction et ÿ donner lieu ? Je crois que cette dernière circonstance arrive, souvent. Nous avons vu que la désorganisalion des membranes d’une artère , en dé- truisant son élasticité naturelle, produit une dilatation permanente de toute la circonférence du vaisseau, et on a toutes raisons de croire que la perte de l’élasticité dans une portion seule de son diamètre doit produire une dilatation partielle de ses membranes. Deplus, les preuves d’ane dilatation partielle des tissus d’uneartére , et en particulier de laorte, sont incontestablement établies par la possibilité de suivre les membranes du, vaisseau

(1) Transactions of a Society for the improvement of medical and chirurgical knowledge; c’est - a- dire, Æransactions d’une Société pour l’accroissement des con= naissances médicales et chirurgicales, vol.1,p. 171,

(2) Payez les planches du Traité sur I’ Ancvrisme , 5 ae Scarpa. | | (3) De externis Mie vey planches nelly.”

dans toute l’étendue de l'expansion, et par l'existence, dans l'intérieur du sac, de ces symptômes morbides propresaux membranes artérielles.

En 181i, je disséquai un anévrisme de Paorte trouvé sur le corps d’une jeune femme par mon ami le docteur Farre. Le sac était aussi gros qu'un pelit melon, et avait entraîné la perte de la malade en s’ouvrant dans le médiastin postérieur, puis dans la cavité du thorax. Cette aorte présentait la formation d'un anévrisme par une dilatation partielle en trois degrés distincts. La membrane interne était entièrement enflammée et offrait une apparence charnue et irrégulière. A la courbure de Faorte , il y avait une‘dilatation:pas plus grosse que la moitié d’un petit pois. Deux pouces au-dessous , dans le même vaisseau , se trouvait une seconde ‘dilatation, quiaurait pu contenir une noisette ;.et immédiatement au-dessus du diaphragme était l’anévrisme plus considérable qui avait causé la mort. J’enlevai cette portion du vaisseau qui confenait les plus petites dilatations , et je lafis macérer jusqu’à ce que ses feuillets membraneux pussent se séparer sans effort. Je trouvai que la dilatation existait également dans les trois membranes du vaisseau, et que

lorsqu'elles furent séparées , chacune d’elles: présentait l'apparence d’un anévrisme mince.

Les mêmes circonstances existaient à un de-:

gré plus avancé dans la seconde dilatation.

Les divers tissus du vaisseau étaient plus intimement adhérens Jes uns aux autres. qué.

dans l’état naturel ; maisil était évident que le sac était formé par la dilatation des trois membranes de l'aorte. Dans l’anévrisme le plus volumineux, les lames interne et moyen:

ne, désorganisées, pouvaient être suivies dans le sac à une certaine distance ; et le reste du kyste était formé par les parties contenues entre les vertèbres et le médiastin postérieur. Il n’y a guère de doute que ce sac n’ait com- . mencé par une dilatation des membranesdu vaisseau semblable à celles qui existaient dans : Ja partie supérieure de l’artère,. et la dissection servit à démontrer la formation de J’anévrisme par la dilatation partielle des couches membraneuses: arterielles en trois degrés disdincts.}iu ts 10) fe Ces anévrismes situés à l’origine de AE sont en général formés par: la! dilatation de ses membranes. La surface interne du sac , dansbeaucoup de cas, présente quelque chose de ces altérations morbides particuliéres.ala membrane interne artérielle. L'ouverture

deces sacs est beaucoup plus large que toute autre partie de leur cavité, et ils n’offrent pas ce bord circonscritentre l'artère et le sac qu’on rencontre constamment dans les. anévrismes formés par la destruction des tissus du. vaisseau. Les anévrismes de ce genre arrivent ra— rement à ce degré où les membranes du vais- | seau.s ouvrent par suite de la distension EE où les partiesenvironnantes contribuent à la for-

mation du sac. FE” absence de tissu cellulaire et de parties adjacentes à l’origine de l’aorte fait quella destraction des membranes du vaisseau est en général suivie d’un, épanchement, funeste dans le péricarde, quand LEE s'étend dans cette direction. .

J'ai vu cette dilatation. partielle. dans presque toutes les artéres sujettes aux anévi 1smes. Elle est. assez fréquente à la division, des ca- rotides et des iliaques,, et le petit nombre d’a-

mévrismes des artères du cerveau que jai rencontrés paraissaient consisler dans ce genre de dilatation. L'absence du tissu cellulaire dans l'intérieur de Pencép! sale fait que la destruction des membranes de ses artères est sui vie dun épanchement apoplectique, en place de fe formation d’unsac anévrismal : aussi ces ..changemens morbides qui, dansles autres partes du corps, donnent lieu à un anévrisme,

ts 6

produisent Yapoplexie dans les vaisseau de Yencéphale. LE Biba Pen es

La dilatation partielle’, aussi-bien que la di- Jatation générale , précéde fréquemment la formation de l’anévrisme dans les ar teres des extrémités. Un homme avaiteu un anévrisme volumineux à la cuisse, qui gétait guéri spontanément. En néidht 127 mémbre

après ‘la mort, on trouva Vartère poplitée

épaissie etrecouverte dé matièré calcaire. Unie petite poche aussi grosse que le pepin Wiitie orange naissait sur Ie côté.de cette artére. Ce petit sac était évidemment formé | par la dilatation des membranes du vaisseau puisque les feuillets interne et moyen pouvaïéht être süivis dans sa circonférénce, et que lé brernier y présentait les mêmes apparences ‘morbides que dans lereste de Yartére. Un homine: mouruta la Suite dé Potiverture d'un inévrisme ‘au jarret. L’artére fémorale offrait un petit “anévrisme de la grdosseur’ av une noix. La tuni- | aus, externe fut et sur : surface de la iderabrates intérne et fd yanis étdieht évidefnthènt ale a t contribuent : a da te

- était Jidductle’ et il coutinuaient, daiis uhe étendue considérablé | former Te'sac | et a se

su

Eoribodiied iutirraiene avec les parties énvironnantes. Les deux extrémités du vaisséau offraient les mêmes apparences.

Le sac formé: parla dilatation des: membra-

nes artérielles , à mesure qu'il se développe ;

contracte des ddlbisnaaces intimes avéc lés parties qui sont dans son‘voisinage immédiat , de

manière que lorsqué'les met branes dilaitéés

s’ouvrent par suite deleur distension ; ’épanchement du sang est arrêté par ces adhérences,

“ét le sac continue à étrée'formé, comme qiiand Yanévrisme est primitivebient produit par la ‘destruction des membranésdu vaisseau: Qiel-

quefois’ cependant le sac s'ouvre touta-dovlp |

avant que les adhérencés $oiént assez fortes pour résistér à Pimpülsion de la circulation , “et ‘alors le sang se répand: dans les phes

environiiantes, et forme un épanchemient

-éteñdu. U vieillard qui avait toujours joui

d'une bonne santé’, éprouva en mmatchant | dans là rué une douleur soudaine, et saper-

gut immédiatement d'üne petite grosseur au

milieu de Ja cuissé droite. La douleur aug— menta,, la tuineur devint: plus considérable, et en pen d'heures tout le membre fat dé

‘matié: La tumeur était compressible ; mais

“ce ne fut que peu ' Winstans avant Ja mort

“quon puty découvrir ime’ sorte dé pulsation

84 num, Ma nA DEBS oA vibratoite assez peu prononcée. Le malade devint extrêémement-faible ; la tumeur augmenta , et 1l mourut trois semaines après son isa doll Les muscles de la cuisse , séparés les uns des autres dans une eae étaient remplis d’une quantité considérable de sang coagulé, et présentaient une. large cavité, à la surface antérieure du triceps.

L’artère fémorale.communiquait avec.ce sac par une petite ouverture ronde, | pas: plus large que le calibre même du vaisseau. Cette ,ouverture était évidemment celled’ ‘un: petit ‘sac-anévrismal. qui. s'était ouvert ; tout-à-coup -etavait donné lieu à une extravasation étendue, puisqu'on. voyait-au fond, de la cavité les, membranes dilatées.et rompues. duvaisseau, réfléchies; sur. la. surface -externe de l'artère. Le sac, originel avait dû.n’être, pas aes gros. qu’ UD: pols, p che était: fons BBE se SA AAnS 10 aga dés éendaa,, Retaicut le o@Ppalssies. jet. -recouyentes: de, matière calcaire. Des sacs. ou -poches. évidemment composés des. feuillets, désorganisés. du. vaisseau; nais- sent souvent des, artères-dont tout le. -eylindre -ja éprouvé une dilatation contre. nature, Dans

; l'aorte :dilatée de. observation :x s-deux «petits. sacs étaient situés immédiatement au-

dessus des valvules semi-lunaires. Dans plu~ sieurs des piéces anatomiques que j'ai examinées ; les membranes qui formaient ces petits sacs s'étaient ouvertes, et un anévrisme avait été enté de la sorte sur une artere dilatée. | hin

I existe de amis observations d’anévrisme dans lesquelles le sac parait être.

provenu:de la dilatation partielle des membranes de l'artère. Les faits que j’ai cités me semblent suffisans , sans recourir aux autorilés qui les confirment encore : il me paraît cependant convenable de dire que les observations précédentes coïncident avec celles rapportées par Morgagni (1), Haller (2), Guattani (3), Verbudge (4), Monro (5) et Hunter (6), et dont plusieurs de ces auteurs.

(1) Ke oyez les cas nombreux rapportés dans la Lettre XXVI} voyez aussi les Lettres xxx, art. {7 ; xz, 96, etc. (2) Opuscula patholozica , obs. 1V, p. 13.7 Or (3) De externis Aneurysmat., hist.y, por; xvur, 673 xxi, 85.; voyez aussi la planche 1, fig. 2.et,3. (4) Dissertatio de Aneurysmat., p, 102, et pl. vet vr. (5) Essays and Observations, physical and literary , of Edinburgh, etc., c’est-à-dire, ‘Essais et Observations de médecine et de littérature d’Edimbourg , vol. nr, pl. 1. (6) ‘Medical Observations and inquiries , C ’est-à-dire, Observat. et Rech. médic,, vol. 1, p. 5.25, etpl.iv, fig. ve

86 Ct™” | MALADIES ont publié des planches qui démontrentjusqu’à l'évidence la vérité de cette doctrine.

Les faits qui m ont seryi à faire connaître la forni ation de lané vrisme établissent:une théorie qui se trouve encore confirmée par Jes observations des auteurs auxquels appartiennent des opinions opposées sur ce même sujet.

L'erreur de ces auteurs paraît due à leurs connaissances trop superficielles, et: à leur manière de généraliser avec des matériaux insuffisans, Celui d'entre eux qui ‘trouvait un sac formé par la dilatation en concluait que l'extension des membranes du vaisseau était le seul mode. de production de l'anévrisme. De même, celui.qui rencontrait les feuillets d’une artère lacérés ou détruits par Vulcération , en tirait induction juste que Vanévrisme sales être causé, par la destruction des membranes de ce vaisseau ; mais son tort était de rejeter la possibilité de quelque autre cause concomitante échappée a ses observations imparfaites. L’explication que j'ai donnée de la formation de l'anévrisme résulte des’ ‘observations nombreuses qui. me sont personnelles , et se trouve en outre appuyée sur l'autorité des pathologistes les plus distingués. Elle est.une modification des doctrines différentes avancées sur cet ob-

jet, et elle peut être résumée, en peu de mots de la. manière SULV ante : ii

ae Des anéyrismes nombreux sont dus a la. destruction des membranes interne et moyenne d’une artère, et à l'expansion en kyste de la tunique orne. qui, venant à s'ouvrir par suite de la distension , laisse alors les parties environnantes , auette qu salt d’ailleurs leur structure , concourir à Ja formation du sac.

2°. Quelquefois la maladie commence par la dilatation d’une partie, de la circonférence de l'artère. Cette dilatation augmente jusqu à ce que s ouvrent les membranes da vaisseau: : alors les parties: environnantes forment le sac de la même manière que lorsque, dans le premier cas, la maladie est produite par la destruction des tissus artériels.

Ainsi. Yanévrisme provient tantot de la destruction ou du déchirement des membranes de Vartère, et tantôt. de leur dilatation.

LA mesure qu'un sac anévrismal augmente de volume » les parties environnantes sont

enyeloppées dans sa composition. Ainsi. les os, les 1 membranes , et. divers autres tissus contribuent souvent à sa formation. Les viscères remplissent des fonctions sem blables quand la maladie, a son siége au thorax ou

BB ee MALADIES.

dans l’abdomen, et les membranes qui éntrent dans leur composition étant distendues: au dernier point, le sac finit par s'ouvrir dans leur cavité. C’est de la sorte que des anévrismes deviennént fréquemment funestes en se répandant dans les poumons, Poesophage , Peston les intestins , Ja vessie , etc. +

re volume qu’acquiert la tumeur dépend de la nature des organes environnans, et est en grande partie déterminé par leur extensibilité et la quantité plus ou moins considérable de tissu céllulaire. Quand la maladie a son siége à l’origine de l’aorte, et s’étend vers la cavité du ‘péricarde, les tissus ambians étant minces et non extensibles , le sac se déchire avant d’être parvenu à un volame considérable. Dans Pencéphale , les artères ne sont entourées que par la mem- ‘brane délicate qui forme Ja’ pie-mère , et la substance molle et pulpeuse de cet organe ne peut leur former un sac. Aussi quand | leurs membranes sont détruites par des circonstances qui, par- tout ailleurs, donneraient lieu ala formation d'un ané vrisme, en réstilte-t-il un épanchement et une apoplexie. Les arteres du cerveau sont cépendant sujettés à cette variété de l’anévrisme, produite par la

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 89 dilatation générale ou partielle des em branes d’un vaisseau. La carotide ‘interne offre fréquemment une dilatation remarquable de tout son calibre ,1m médiatement après son entrée dans le crane, et l’on voit dans Je muséum de M. Heaviside une pièce anatomique présentant des dilatations considérables des artères vertébrales avant leur jonction pour former la basilaire. Dans l’observation suivante d’ anévrisme de l’artère basilaire, le sac résultait évidemment de la dilatation des membranes du vaisseau, et c’est un de ces exemples rares ou Papoplexie a été produite par l’ouverture d’un sac anévrismal. Je suis redevable de ces Cétails et de l'examen de la pièce anatomique à mon ami PL Barnes d Exeter.

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