AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR
La science médicale est cultivée depuis trop long - temps et avec trop de succès , pour que l’on puisse écrire un ouvrage qui soit à-la-fois l’histoire complète de tout ce qu’on sait, et qui contienne sur tous les points de nouvelles découvertes, des faits curieux importans, et des méthodes curatives jusqu’alors inconnues.
Si lon ne doit pas espérer de voir dans un seul traité la pathologie exposée dans toute son étendue , dans tous ses détails, et ses limites reculées par de nombreux travaux propres à l’auteur, cependant des ouvrages présentant les
diverses branches de cette science, les rapports existans entre elles et les principes. généraux qui en dérivent, peuvent être publiés et devenir très-utiles à
vil) AVANT-PROPOS.
nas
l’enseignement ; ils servent Te duction à une étude plus approfondie, | et forment ainsi une espèce de canevas que l’élève doit remplir successivement en lisant les monographies.
Les médecins français ont montré de grands talens dans la composition de ces traités généraux, et parmi ceux dont la pathologie externe est le sujet, je citerai la Nosographie chirurgicale.
Les nosographies ne devraient paraitre qu’a de longs intervalles, et lorsque de nombreuses observations , des histoires bien faites de maladies — jusqu’alors peu corinues ou mal décrites, lorsque de nouvelles expériences thérapeutiques aménéraient des changemens dans les méthodes de traitement ou Hed les Leta Vitale? ;
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face nouvelle.
Il est dangereux ae multiplier lès classifications des maladies . : les traités généraux , les abrégés, etc. ; les élèves ,
__ JAVIANT-PROPOS. ix pour la plupart , y bornentleurs études, au lieu dé les-étendre par la lecture de bonnes monographies , qui seules peuvent donner une. connaissance approfondie de la science.
En France, nous possédons un certain nombre de traités généraux de mé- ‘decine ou de chirurgie, et point assez de ‘recueils d'observations choisies. ou de monographies qui contribuent Je, plus puissamment.à l’avancement de l’art.
Pour prouver leur grande utilité , il suffit de nommer les Mémoires de l’Aca- -démie royale de. Chirurgie, qui ont plus fait que tout autre genre d’ouvrages pour le perfectionnement de cette science ; mais depuis la dissolution de cette illustre‘compagnie , il a paru trop peu de monographies chirurgicales.
Il -est une branche importante de ‘la. médeciné sur laquelle: nous. n’aevons point , detraité :général : c’est l’Aratomie -patholôgique;; etr,ssous ce rapport, les Anglais , les Alleinands et
pd ! -AVANT={PROPOS. | Jes Italiens paraissent plus avancés que mous. Beaucoup ‘d'observations mouvelles et intéressantes ont été recueillies dans ces derniers temps ; maïs elles se trouvent éparses,. et le plus souvent exposées avec un laconisme ou une prolixité qui ne satisfont point l’esprit ou le fatiguent sans profit. Un traité dogmatique sur cette matière manque donc à la médecine française; il serait à desirer qu’un des professeurs de la Faculté de Médecine de Paris, qui s’est long-temps occupé de recherches d’anatomie pathologique , et dont les bril- ‘lantes leçons ont fourni les idées principales et la plupart des faits fondamentaux des ouvrages qui ont paru en France sur cette partie’, depuis un certain nombre d’annéés, voulüt bien “publier :un‘traité ‘où il consignerait toutes ses découvertes, Disciple et ami de ce professeur célèbre, je rédigeais ses leçont:, je méditais'les auteurs qui ont écrit sur lanatomie pathologique,
AVANT-PROPOS. x} pour composer un livre élémentaire par lequel je pusse faire connaître aux élèves l’Importance de cette branche de la médecine , leur inspirer l’amour de son étude , et remplir une partie du vide que présente la science , en attendant qu’une main plus habile vint le combler et élever un monument durable. Je lus l’ouvrage de M. Hodgson ; il me frappa par l’excellence de sa doctrine , par le grand nombre de faits curieux qu’il contient , et par son caractère de vérité. J’avais traduit une grande partie de cet ouvrage pour me familiariser avec la langue dans laquelle il ‘est écrit, lorsque je communiquai mon travail à quelques amis, qui m’engagèrent à le finir et'à le publier. Je me laissai peut-être trop facilement aller à l’idée d’être utile, et lorsque je voulus livrer mon manuscrit à l’impression, je sentis qu’il est bien différent d’écrire pour soi ou pour le public. © -
Les longues guerres dans lesquelles
xij. AVANT- PROPOS. | la France a été engagée ont permis peu de rapports avec les savans étrangers, et les rivalités politiques, qui amènent nécessairement des préventions, ont pu contribuer aussi à: cet isolement. Quand les amis des sciences et des arts formeront-ils une république universelle dans laquelle la différence des langues n’en apportera aucune dans la pensée , et où tous coopéreront.avec ardeur aux progrès des connaissances utiles à Vhumanité 2 |
Il paraît exister entre les médecins de la Grande-Bretagne des rapports faciles et une sorte de bienveillance malheureusement trop rares parmi les per- .sonnes. de la même profession. Lorsqu’un médecin anglais s’occupe d’un travail sur un point dela science, -chacun s’empresse de lui communi- .quer ce qu’il possède ,.et l'ouvrage ac- -quiért ainsi une supériorité à laquelle il atteindrait plus difficilement, sans cet avantage. On verra, a chaque instant,
| AVANT-PROPOS, xij dans le livre de M. Hodgson , qu’il déclare tenir ses observations de tel ou tel de ses confrères.
Nous nous occupons trop peu, et sans doute à tort, des travaux des auteurs étrangers. Tous leurs ouvrages ne méritent pas plus que les nôtres d’être connus ; mais ils en ont certainement un grand nombre de bien diones d’attirer notre attention. En Italie, les nouveaux écrits de Scarpa, ainsi que ceux ‘de Palletta , de Vacca ; de Monteggia, de Rachetti, de Testa, de Bergamaschi, de Sebastiano Liberali , étc.; en Allemagne, ceux de Richter , de Lagenbeck , de Walter, de Siebold, de Beer, de Greefe , de Vogel, de ' Kreysig, etc.; en Angleterre, ceux d’Abernethy, d’Everard Home, d’Astley Cooper, de John Bell, de Charles Bell, de Saunders, de Wardrop, de Ware, de Bateman, de Brodie, de B. Tra= vers, de Farre, de Burns, de Hey, de Jones , de Lawrence , d’Howship ,
xiv AVANT=PROPOS.
d’Hodgson, etc. , doivent être lus et mieditessy see
La chirurgie anglaise est remarquable en ces derniers temps , par ses recherches sur les maladies des yeux, sur celles des articulations, sur les hernies, et principalement sur le traitement des anévrismes. La hardiesse des opérateurs pour lier des artères d’un très-gros calibre, et placées dans des lieux où on les croyait inaccessibles aux instrumens du chirurgien , pourrait peut-être faire penser qu’ils ont dépassé les bornes de la prudence et de la sagesse pour découvrir celles du possible ; mais reconnaissons toutefois que dans beaucoup de cas leur audace a été récompensée par le succès, et qu’alors la science et l’humanité ont gagné à ces entreprises qui semblaient téméraires. On setromperait beaucoup si l’on croyait que les efforts des médecins anglais n’aient été que l'effet de leur hardiesse. Leurs tentatives ont toujours été
AVANT-PROPOS. XV la conséquence de recherches expérimentales sur la physiologie des ar- . tères.
Depuis l’année 1815, époque de la publication de l’ouvrage de M. Hodgson (1), de nouveaux faits ont été observés et consignés dans des écrits imprimés ; j’ai cru devoir les joindre à ma
(1) A treatiseon the Diseases of Arteries and Veins : containing the pathology and treatement of aneurisms and wounded. arteries ; c’est-à-dire, Traité des Maladies des artères et des veines , contenant la pathologie et le traitement des anévrismes et des blessures des artères. — L'auteur a joint à son ouvrage un atlas grand in-4° ( Engravings in= tended to illustrate some of the diseases of arteries. <4ccompanied with explanations, London, 1815 ) renfermant huit planches noires, dans lesquelles il a représenté les principales altérations des systèmes vasculaires sanguins. Cette partie est accompagnée d’explications détaillées , et elle se vend séparément du traité lui-même. Je me propose aussi de publier ces planches, d’y en ajouter
XV) AWANT-PROPOS, Traduction afin qu’elle offrit l’état. de la science en Angleterre jusqu’à cejour.
J’y ai ajouté également des notes et des observations propres à faire connaître les travaux de nos compatriotes. La plupart de ces observations sont tirées de la clinique de M. le professeur Dupuytren, à l’enseignement duquel je suis attaché. Elles prouveront aux Français et aux étrangers que ce chirurgien célèbre a pratiqué avec succès les principales opérations dont il est parlé dans le texte de cet ouvrage.
J'avais commencé une série d’expériences sur les blessures des vaisseaux sanguins et sur leurs ligatures; mais ‘des circonstances particulières m’ayant forcé de suspendre ce travail, je n’ai pas voulu en faire connaître les résul-
es
“plusieurs autres , et de les faire vendre séparément. J’ai conservé dans la traduction les notes par lesquelles l’auteur rénvoie! aux ‘planches et les indications de ces dernières.
AVANT-PROPOS. XVI tats avant d’avoir répété un grand nombre de fois les mémes essais.
On verra que j’ai ajouté à la partie qui traite des maladies des veines, un long article sur l’inflammation de ces vaisseaux , et pour la composition duquel j'ai beaucoup emprunté à lexcellent mémoire de M. B. Travers. Enfin, on trouvera dans l’Appendix , au lieu des observations qu’y avait mises M. Hodgson et que j’ai placées dans les chapitres auxquels elles appartiennent naturellement, plusieurs histoires d’opérations importantes pratiquées en Angleterre ou en Amérique, et dont la publication | toute récente ne m’a pas permis de les insérer dans le corps de louvrage.