OBSERVATION LY
‘Un petit ulcére avait son siége près de la partie externe de l'articulation du pied de Ja jambe gauche, chez un homme de trentedeux ans. Les veines de la jambe étaient depuis plusieurs années dans un état variqueux, et peu de temps avant son adnussion à l’hôpital, une des branches dilatées de la petite veine saphène se rompit a la partie externe du pied et donna lieu à une hémorragie considérable. Le a7 décembre , la grande veine saphène fut divisée un peu au-dessus du genou. La plaie se réunit au bout de quatorze jours , et ’ulcére qui était près de Varticulation du pied ne tarda pas “non plus à se cica= triser, On remarqua pendant l'opération que
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la veine divisée était si petite qu’on pouvait réellement douter si c'était la grande veine saphène ou simplement une de ses branches collatérales. A Ja fin du mois qui suivit l’opération, la dilatation variqueuse des veines de la jambe n’était que légèrement diminuée, quoiqu’on eût exercé sur le membre une compression constanle. On remarqua alors qu’une veine variqueuse considérable s étendait en travers du jarret, depuis Ja grande veine saphène jusqu’a la petite veine saphène. Comme cette branche de communication semblait rendre inutile la première opération , on se détermina à la diviser aussi. Dans cette vue, on fit une incision aux -tégumens qui recouvraient cette veine, pres de l’endroit où elle souvrait dans la petite saphène. La veine fut ensuite divisée ; on plaça sur la plaie une compresse qui fut assujettie au moyen d’une bande ordinaire. Le - lendemain au soir , le malade se plaignit d’un mal de tête; mais la plaie n’était pas plus douloureuse qu’on ne devait sy attendre. La céphalalgie ayant continué, et en outre la langue étant chargée et le ventre resserré , on administra un purgatif ie troisième jour apres Yopération. Ses effets furent nuls relativement au mal de tête, qui augmenta beau-
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 5193 eoup le quatrième jour, et qui fut suivi d’un peu de délire pendant la nuit. Le cinquième jour, le malade se plaignit pour la première fois de douleurs dans le membre, non dans l'endroit de la dernière plaie, mais dans celui de la première, qui était cicatrisée depuis quelque temps. La douleur s’étendit supérieurement dans la cuisse. Le sixième jour, elle était irés-angmentée; la peau était brûlante, le pouls plus fréquent, et le délire continuait encore. Le lendemain, la plaie allait bien; dans la soirée, la cuisse se tu-.
méfia beaucoup; la douleur dans le trajet de la grande veine saphène élait si forte, qu'on pouvait à peine toacher cette partie , et que le malade souffrit cruellement lorsqu’on le plaça de manière à recevoir une affusion d’eau froide qu’on avait ordonnée dans le cas où la chaleur de la peau continuerait. L’affusion parut diminuer ie mal de iéte pendant un temps, et il y eut un soulagement général; mais avant onze heures du soir, la céphalalgie revint avec une violence extraordinaire et fut accompagnée d’un délire constant. La figure étant rouge et le pouls très-plein, on tira quatorze onces de sang de l'artère temporale. On enleva la bande qui entourait Ja cuisse ; et un fit à cette partie