‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 26 sur 98 · PES OUVRIERS EN SOUFRE · texte numérisé non relu

PES OUVRIERS EN SOUFRE

malade à l'air libre et employer les suimulans mécaniques et chimiques. |

Lorsque les vapeurs sulfureuses ne sont pas trop abondantes, elles sont peu malfaisantes ; elles peuvent même contribuer à la guérison des maladies de la peau dont les ouvriers sont affectés.

Fabricans d'allumettes.

Ces artisans étant exposés presque continuellement aux vapeurs irrilantes du soufre ;'ont les ÿeux chassieux , comme l'avait déjà remarqué Martial,

ec sulphuratæ lippus institor mercis. Lib. XIL , Ep. 57; Ni le chassieux qui vend des allumettes.

Ces ouvriers devraient soufrer leurs allumettes au grand air.ou sous une cheminée pourvue d’un fourneau d'appel.

Des Soufroirs.

Ceux qui blanchissent les étoffes de soie et celles de laine, telles que couvertures, schals, draps,.etc., les soumettent à la vapeur du soufre enflammé , dans de simples chambres, de petits cabinets, ou dans des coffres en bois bien fermés. On place le soufre dans un vase posé sur le sol de la chambre et de manière à ne pas s’'exposer à mettre le feu aux marchandises enfermées dans le saufroir; on allume le soufroir en se retirant et fermant Ja porte exactement. Le soufre brüle et: s'éteint bientôt ; l'acide sulfureux

formé se répand dans la pièce, produit sur les üssus

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où les ‘substances qui y sont exposés l'effet partis culier que l’on veut obtenir. On laisse le soufroir fermé pendant le temps convenable, aprés quoi l'onen ouvre les portes et les croisées pour laisser échapper dans l'air l'acide sulfureux et les gaz délétères dont le. soufroir est plein , et qui causeraientl’asphyxie ou la mort de l’ouvrier qui y pénétrerait sans avoir pris celle précaution. |

: En 1821, plusieurs habitans de Paris se plaignirent à l'autorité des soufroirs, qu'ils accusaient, avec raison , de répandre dans l'air de l'acide sulfureux. Cette émission a lieu 1°. dans le moment où le soufre enflammé échauffe l'air de la pièce , le dilate, et oblige une partie des gaz à sorur par les fentes des portes et des fenêtres; 2° lorsqu'on ouvre les portes et fenêtres du soufroir à la fin de l’opération et avant d'y entrer, pour reurer les marchandises passées au soufre.

Le Conseil de salubrité publique fut consulté sur: les moyens ‘propres à: assainir les soufroirs et les habitations voisines. M. d’Arcet, rapporteur de la Comuission , jugea bien queles moyens d'absorption étaient ici madmussibles, et qu’on ne pourrait obvier à l'inconvénient dont on se plaignait que par un bon système de ventilation, c’est-à-dire en établissant dans les ateliers un conrant d’air tel qu'on puisse renouveler l'air à volonté, et rejeter à une grande hauteur et au-dessus des toits les gaz délétéres qui s'y forment. On’ arrive à ce but en construisant , dans “l'endroit où sont placés les soufroirs ,; des

DES OUVRIERS! EN FER. 85 cheminées pourvues d'un fourneau d'appel qui augmente le urage , et entraîne par un courant ascensionnel le gaz acide sulfureux. On peut faire, d’après le même principe, des soufroirs detoutes dimensions. Nous engageons le lecteur à consulter sur ce sujet le rapport des membres du Conseil de salubrité et linstrucuion relative aux soufroirs ; lesquels sont impri-

imés dans les Ænnales de l'Industrie { année 1821 }).

L . . , He $ j . | { Maladies des Ouvriers travaillant le fer.— Serruriers, Forgerons , Taillandiers , Ærmuriers et Maré-

chaux ferrant.

- Tous les ouvriers qui travaillent le fer sont sujets

violente de la forge. Les paillettes qui s’'échappent du fer lorsqu'on le bat rouge , les particules déliées de fer et d'acier que la lime disperse assez loin contribuent encore à irriter l'organe de la vue. Le père de Démosthène , qui était armurier , étant devenu chassieux par l'éclat du fer ardent, et ne voulant pas que son fils et une incommodité semblable, lui fit quitter la forge, les tenailles et l’enclume , et Penvoya chez un rhéteur (1). C’est à la crainte d’une

ophthalmie que nous devons ce grand orateur.

(1) Quem pater ardentis massæ fuligine lippus , A carbone et forcipibus , gladiosque parante Ancude , et luteo vulcano ad rhetora musit.

JuUvÉNAL, saiy. IX

Les artisans dont nous nous occupons ici sont encore exposés à de fréquentes contusions, à des écrasemens lorsqu'ils font agir leurs lourds marteaux ou qu'ils soulevent des masses de fer considérables ; les grands efforts qu'ils exécutent les disposent aux bernies et aux maladies du cœur. Obligés de travailler debout, ils sont atteints fréquemment d’enflure, de varices et d’ulcères aux jambes. Ils ont encore à cramdre les changemens brusques de température. L'hiver , enfermés dans des ateliers très-chauds, 1ls en sortent au milieu du jour et le soir ; le froid les saisit, supprime la transpirauon, et occasione des rhumatismes, des catarrhes, des pleurésies, des péripneumonies. La poussière de charbon de terre, qui voltige sans cesse dans leurs ateliers et qui s'attache à la peau , ne paraît pas-nuisible à leur santé. Les durillons dont leurs mains sont garnies et qui dépendent du maniement des marteaux , sont un mal fort léser:

Les maréchaux , en ferrant les chevaux, sont trésexposés à recevoir des coups de pied qui produisent des blessures plus ou moins graves. Nous avons vu ; à l'Hôtel-Dieu de Paris, un de ces ouvriers qui recut un coup de pied de cheval dans le ventre :"1l -succomba en. vingt-quatre heures à une péritonite sur-aiguê. A l'ouverture du cadavre , On trouva une rupture de lPintesun grêle avec épanchement de mauéres fécales dans le ventre : les parois de celte cavité étaient cependant intactes.

On a remarqué que le travail des ouvriers en fer

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