A QUEL MOMENT FAUT-IL METTRE L’ENFANT AU SEIN. II
l’appliquera à son sein, tantôt le droit, tantôt le gauche, et mettra le mamelon dans sa bouche ; ainsi assise, elle inclinera son corps en avant vers l’enfant. Quand la nourrice incline son corps en arrière, l’enfant avale difficilement, ce qui cause quelquefois des accès d’étouffement. C’est par ce motif aussi qu’il est bon que la tête de l’enfant soit un peu élevée ; il ne doit pas être toujours appliqué au sein droit, puisque les deux mamelles doivent fournir la nourriture, mais aussi pour que la main droite, déjà plus fatiguée que la gauche pendant la toilette, ne s’engourdisse pas. Quand le mamelon a été introduit dans la bouche de l’enfant, il faudra, avant que l’enfant tette, comprimer légèrement le sein de manière à faire couler un peu de lait pour stimuler l’appétit de l’enfant, afin que celui-ci ne soit pas trop fatigué par l’effort continu qu’il ferait pour commencer la succion. Si la nourrice est brusquement éveillée de son sommeil, elle fera d’abord une petite promenade, des frictions sur ses mamelles avant d’allaiter l’enfant. Le lait est alors peu agréable, car il s’était épaissi ; il est rendu plus fluide par ces mouvements. La nourrice tiendra l’enfant sur son bras jusqu’à ce qu’il ait bu suffisamment, puis quand il sera endormi, elle le mettra dans sa couchette, dont nous avons fait la description plus haut, disposée pour que l’enfant puisse être vu, couvert convenablement afin que rien ne tombe sur lui qui pourrait le blesser, et qu’il ne soit pas exposé à la lumière dont le vif éclat produit quelquefois le strabisme. Le nourrisson ne devra pas être couché dans le lit de la nourrice, surtout dans les premiers temps, de peur que celle-ci ne glisse sur lui et
Si la femme est subitement réveillée , que faire? — Elle se promènera un peu, frictionnera ses mamelles afin que l’engourdissement du sommeil soit dissipé, puis donnera le sein.
Combien de fois faut-il nourrir l’enfant ? — Fréquemment, car il ne peut prendre en une fois la nourriture qui lui est nécessaire, l’enfant se fatigue en tétant longtemps et le bon lait produit rapidement un sentiment de satiété, on ne peut donc rien préciser à cet égard, quand l’enfant manifeste le désir il faudra le satisfaire, toutefois il ne faut pas donner le sein de suite avant, pendant et après le bain.
l’expose à des contusions ou à la suffocation. C’est pourquoi des vases doivent être placés près du lit, si l’enfant avait besoin de quelque chose. La nourrice sera avertie qu’elle ne doit pas donner à teter à chaque moment pendant la journée, ni pendant la nuit, l’enfant prenant une nouvelle quantité de lait avant que l’ancien soit digéré peut devenir malade, car le premier est acidi-. fié; ceci arrive surtout pendant la nuit; qu’elle lui donne le sein en plusieurs fois, puisqu’en une fois il ne peut prendre une nourriture suffisante, il est de la nature du lait de remplir l’estomac rapidement, de faire naître le sentiment de satiété avant que la quantité suffisante de nourriture lui ait été donnée. De plus, à cause de sa propre faiblesse, l’enfant fatigué cesse de teter la mamelle avant qu’il ait pris la quantité de lait qui lui est nécessaire pour sa nourriture ; par ce motif, il faut le mettre au sein plusieurs fois, toutefois ni avant ni pendant le bain, et ne pas faire comme les vieilles femmes qui leur donnent à teter chaque fois qu’ils pleurent. Le lait s’altérant, devenant acide, les nerfs sont lésés et il peut survenir de l’épilepsie ou de l’apoplexie. La plus mauvaise pratique consiste à laisser le bout du sein dans la bouche quand l’enfant dort ; les narines étant comprimées, la bouche fermée, la gorge devient malade, le lait afflue sans succion et peut suffoquer l’enfant. Il en résulte qu’il est plus sage de ne pas mettre l’enfant au sein chaque fois qu’il pleure. Le premier pleur cependant est quelquefois utile, c’est un exercice des organes respiratoires qui en sont fortifiés et dilatés, il en résulte aussi un passage plus libre pour les organes de la digestion et la distribution plus facile dans le corps des éléments nutritifs. Il ne faut pourtant pas les laisser pleurer trop longtemps, car il pourrait survenir une irritation des yeux et une hernie. L’enfant ne pleure pas seulement par besoin
Quels en sont les inconvénients pour l’enfant? — 11 faut savoir qu’il en résulte des souffrances nombreuses et variées.
A quels signes reconnaît-on qu’il faut donner le sein à l’enfant ? — La région précordiale est affaissée, un certain temps s’est écoulé depuis la tetée; l’enfant ouvre la bouche, remue les lèvres, et si on lui donne le doigt, il le sucera avec empressement, il pleure quelquefois.
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de nourriture, mais par d’autres motifs, tels que : un vêtement trop serré, une compression, s’il est couché dans une mauvaise attitude, irrité par les excréments, ou piqué par je ne sais quel insecte, par une surabondance d’aliments, la constipation, la difficulté de rendre des excréments trop durs, un sentiment de malaise, ou un autre motif quelconque. Ces causes, il faut apprendre à les connaître, afin de pouvoir faire disparaître ce qui est nuisible et ne pas être obligé de recourir toujours au mamelon. En palpant l’enfant, on verra si la constriction des langes est exagérée, on verra les extrémités devenir bleues et n’avoir pas leur attitude naturelle. On verra qu’il a été mordu ou pressé par quelque chose, si le cri a été subit, s’il n’a pas l’attitude habituelle, ou si les langes sont trop serrés ; on reconnaîtra l’excès de nourriture à des nausées et des éructations, souvent par un gonflement de l’hypochondre et surtout en évaluant ce qu’il a bu dans la journée; on diagnostiquera qu’il souffre du froid, s’il est dur, contracté et refroidi, et aussi parce que les parties mises à nu ont bleui, et si sa masse paraît froide, s’il souffre de la chaleur, si l’air ambiant est plus chaud que d’habitude, s’il est plus rouge, s’il est essoufflé, s’il est trop couvert. On l’entendra pleurer parce que ses
Comment reconnaître que l’enfant pleure par un autre motif que la faim ? — Il faudra visiter le maillot avec soin pour savoir s’il n’est pas trop serré, si une main ou un pied n’aurait pas été pris, s’il n’y a rien qui puisse le blesser, si l’enfant pleure parce qu’il a bu trop de lait, il faut visiter avec soin tout ce qui le couvre, s’il a pu se refroidir ou s’il a trop chaud; si quelque chose le blesse, il crie tout à coup. Les vêtements seront vérifiés par la vue et le toucher ainsi que l’excès ou le défaut de chaleur, il ne doit avoir ni froid ni chaud. Si l’enfant a trop bu, il se jette à droite et à gauche et la région précordiale est gonflée; s il a trop chaud, il a le teint rouge. S’il y a une inégalité dans ses manifestations et s il ne veut pas prendre le sein, il maigrit. En examinant ces signes avec attention, on verra à quoi il faudra attribuer les pleurs et comment on pourra les faire cesser.
Que faire si, apres avoir pris le sein, il pleure encore souvent ? — Il faudra lui donner un autre sein, le flatter avec des caresses, avec de petits bruits variés, sans jamais lui faire peur.
excréments sont durs et difficiles à expulser; on peut penser à l’existence d’une maladie quelconque, quand les traits du visage sont tirés, quand il refuse le sein et que l’on n’a trouvé aucune des causes que nous avons énumérées ; on reconnaîtra que les pleurs de l’enfant sont causés par la faim, quand on le verra remuer les lèvres, ouvrir la bouche, y mettre ses doigts dont l’attouchement lui rappelle celui du mamelon et quand on voit que le lait le contente et quand un long espace s’est écoulé depuis qu’il a teté pour la dernière fois, quand l’hypochondre s’est affaissé; si les choses se présentent en cet état, la nourrice fera cesser les pleurs en lui donnant le sein. Il faut prendre garde alors de ne pas remuer l’enfant; les adultes même, après un repas, sont rendus ainsi malades et les aliments sont mal digérés ; bien plus encore l’enfant, à cause de la délicatesse de son corps ; chez eux, le lait surnage ; c’est pour cela que chez eux les éructations sont fréquentes, et qu’à la suite de mouvements désordonnés et continus ils ont l’estomac bouleversé et vomissent comme les navigateurs qui ne supportent pas le mouvement de la mer. Il en est qui, ainsi nourris, prennent de l’embonpoint et sont rendus très accessibles aux maladies, tels des chevreaux qu’on veut engraisser, qui sont saturés de nourriture et de lait et qui sont suspendus par une corde dans une corbeille qu’on agite jour et nuit. Par ce mouvement la nourriture est poussée dans les parties les plus lointaines du corps qui sont remplies. Si l’enfant pleure après avoir teté, il faut le tenir entre les bras, chercher à le calmer par de petites caresses et en balbutiant de douces paroles et en le flattant, ne l’effrayant pas par des bruits ou des sons, car la peur pourrait causer un trouble du corps et de l’esprit. Il ne faudra
Faudra-t-il lui donner h sein chaque fois qu’il pleurera? — Ni toujours, ni immédiatement, il faut attendre quelque peu que les passages pour le lait et que la cavité pour le recevoir soient devenus plus grands.
Quand l’enfant s’est endormi ou faudra-t-il le placer ? — Il faudra le mettre dans sa nacelle ( navicella ) ou dans son lit, la face couverte pour qu’il ne soit pas blessé par la lumière ou par l’air, afin qu’il ne tourne pas ses yeux qui sont encore délicats.