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sur ce point, afin de signaler aux opérateurs les erreurs qu'ils devaient éviter. De l'anatomie normale il passe à Fanatomie pathologique des ovaires, et, à propos des kystes, nous constatons avec plaisir qu'il emprunte surtout aux travaux deMalassez et de Sinéty, Un chapitre de cette partie du livre est particulièrement intéressant : c'est celui qui a trait aux affections des oviductes, assez peu connues jusque dans ces derniers temps, en particulier leur atrophie et leur oblitération; nous devons aux travaux de M, L. Tait une bonne partie des notions que nous possédons actuellement sur ce sujet.
Examinons maintenant ce livre au point de vue qui nous importe le plus, celui de la chirurgie opératoire.
La première notion qui s'impose, après la lecture du Traité de Lawson Tait, est l'audace que l'auteur a acquise touchant l'ouverture du péritoine. Pour lui, celte séreuse ne doit plus, à l'avenir, entrer en ligne de compte dans l'histoire de la chirurgie abdominale, et les succès qu'il énumère tendent à rendre son assertion très digne de foi.
Mais il a soin d'ajouter que c'est grâce à une chirurgie prudente et parfaitement aseptique qu'on peut obtenir la sécurité presque absolue qu'il a rencontrée dans les nombreuses et souvent aventureuses tentatives qui lui ont si bien réussi.
Aussi insiste-t-il avec complaisance sur les moyens qui lui ont permis d'obtenir ces heureux résultats et qui sont particulièrement de nature à attirer l'attention, car il combat absolument l'introduction de la méthode de Lister dans la chirurgie abdominale. Non seulement il ne partage pas l'avis
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de Spencer Wells, qui a déclaré hautement que sa pratique avait bénéficié d'une façon très nette de cette méthode, mais il ne craint pas de l'accuser elle-même d'avoir occasionné quelques accidents. D'après lui, les liquides caustiques, irritants ou toxiques qui servent à la chirurgie antiseptique ne peuvent que nuire au péritoine, et il cite des exemples à l'appui. Cette affirmation, appuyée sur une longue série de succès obtenus précisément en dehors de l'antiseptie listérienne, mérite d'être signalée, car nous savons que plusieurs autres ovariotomistes, tels que Kœberlé, rejettent également cette méthode pour la chirurgie abdominale. L'usage de l'eau bouillie, rendue ainsi aseptique, la propreté minutieuse des instruments et des opérateurs, leur semblent des précautions suffisantes.
Les succès obtenus par Lawson Tait au début de sa carrière nous expliquent la tendance, qui se manifeste de plus en plus chez lui, de donner à la chirurgie abdominale l'extension la plus grande.
Enhardi par quelques tentatives heureuses, faites pour des cas graves et désespérés, il en arrive à aller chercher hardiment dans l'abdomen la cause de malaises, de douleurs, de fièvre, d'obstruction pouvant tenir à des affections de cette cavité. Le succès couronne ces premiers essais et bientôt il propose sans hésitation l'incision abdominale : « Dans tous les cas de maladie de l'abdomen ou du bassin dans lesquels la santé est détruite ou la vie menacée, et dans lesquels l'état de la malade n'est évidemment pas dû à une affection maligne, il faut faire une exploration de la cavité. »
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Voyons dans quelles principales variétés de lésions ces opérations ont donné le plus de succès.
La castration pour corps fibreux volumineux ou donnant des hémorragies graves, dont il dispute la priorité à Battey, lui donne des cures inespérées : les tumeurs diminuent, les hémorragies s'arrêtent, les malades reviennent à la santé, du moins dans un grand nombre de cas. Aussi abandonne-t-il l'hystérectomie et même la decortication par la voie vaginale. Cette opération d'un manuel opératoire incontestablement difficile et plus laborieux, lui a donné de nombreux déboires; il n'a plus recours qu'à la castration double, opération sans danger ou à peu près. Mais il recommande, et cette idée lui appartient en propre, d'enlever toujours la trompe en même temps que l'ovaire, ce qui lui permet d'intituler ce chapitre : enlèvement des annexes de l'utérus.
Dans un autre ordre de faits, une série de résultats également heureux l'amène à formuler cette règle : qu'en présence d'un épanchement purulent ou sanguin, diagnostiqué ou seulement soupçonné, occupant l'ovaire, la trompe ou le ligament large, il ne faut pas abandonner les choses aux seules ressources de la nature, mais aller hardiment chercher le foyer, l'ouvrir, le curer, le drainer en le fixant à la paroi abdominale, ou l'enlever s'il est enkysté. Ici encore les succès l'encouragent à persévérer dans cette voie.
On pourrait en dire autant d'une série d'opérations heureuses pratiquées au moment de la rupture dans les grossesses extra-utérines. Il nettoyé largement le péritoine, arrête les hémorragies et draine la poche sans toucher au placenta.
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En dehors de ces dernières opérations, on peut dire que ce traitement chirurgical des épanchements du bassin ne constitue pas l'idée la plus neuve ni la plus originale de l'auteur ; car nous savons qu'en France comme à l'étranger, depuis quelques années, les phlegmasies suppurées, les épanchemenls sanguins, pelviens, sont souvent ouverts avec audace et avec succès.
Les opérations sur la vésicule biliaire procèdent du même principe : ouvrir largement ral)domen, rechercher le foyer du mal, l'ouvrir après ponction; il nettoie la cavité, enlève les calculs et termine en drainant la poche après l'avoir suturée à la paroi abdominale.
On peut rendre ici à M. Lawson Tait pleine justice en disant qu'il a contribué pour une large part, en prêchant d'exemple et en obtenant d'excellents résultats, à faire adopter par les chirurgiens de tous les pays l'ouverture de la vésicule du fiel, mais peut-être a-t.-il le tort de la préférer dans tous les cas à l'extirpation, qu'il rejette.
Dans le traitement consécutif de l'ovariotomie, L. Tait s'éloigne, sur un point important, des idées généralement admises Tandis que la majorité des chirurgiens, s'efforçant d'obtenir une immobilité absolue de l'abdomen, de ses parois et des organes qu'il renferme, administrent aux opérés de l'opium pour produire une paralysie momentanée de l'intestin, L. Tait prescrit rapidement les lavements laxatifs et môme les purgatifs.
Il pense, en agissant ainsi par soustraction abondante de liquides, obtenir une absorption correspondante de ceux qui
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se seraient épanchés dans le péritoine, et quand cet épanchement n'existe pas, le prévenir. Il remédie ainsi au tympanisme qui survient parfois, même sans péritonite, dans les premiers jours qui suivent l'ovariotomie; il a pu abaisser aussi la température et affirmer qu'il avait arrêté des péritonites commençantes. Cette pratique remplacerait pour lui le drainage ; au lieu de soutirer directement les liquides abdominaux par les tubes, il en provoque l'évacuation par la voie intestinale.
Je serais pour ma part, d'après plusieurs faits que j'ai observés, assez disposé à adopter la manière de voir et de faire de M. Lawson Tait à cet égard.
Les lignes qui précèdent suffiront, je pense, pourdonner au lecteur le désir d'étudier complètement le livre de notre confrère de Birmingham ; c'était le but que nous nous étions proposé en les écrivant, et nous serions heureux si ce but était atteint. Nous sommes persuadé que M. Ad. Olivier a rendu service aux chirurgiens français en leur donnant cette traduction d'un bon traité sur les maladies des ovaires, et nous en recommandons volontiers la lecture.
Terrillon.
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