ATH0GÉNIE. C
L'action du sulfure ammonique montre des traînées pigmenlaires dans ics couches profondes de la capsule, et des amas de pigment dans la zone pulpaire sous-jacente. On trouve aussi de pareilles traînées et de pareils amas dans quelques trabécules fibreuses de la charpente et dans les corpuscules de Malpighi,
Reins. — Lo dégénération amyloïde est très considérable, mais disséminée par petits îlots. Elle intéresse la plupart des glomérules qui sont parsemés de taches colorées en rouge par le violet de méthyle; elle intéresse aussi les artérioles glomérulaires, et çà et là la paroi des vaisseaux droits qui sont sinueux. Dans les pyramides, elle est surtout prononcée au niveau de la zone d'épanouissement, et disséminée en petits foyers, au niveau desquels les capillaires et les parois propres des tubes sont également dégénérés ; dans ces foyers, la lumière des tubes est remplie de globules sanguins. Toutes les parties dégénérées ne sont pas également colorées par le violet; quelques-unes ont pris une teinte rouge violacé, d'oia l'on peut conclure que la dégénérescence se forme graduellement.
Une néphrite très intense, à la fois parenchymateuse et interstitielle, accompagne cette dégénéralion. La sclérose occupe de larges territoires, et notamment la zone sous-capsulaire, mais elle est très inégale d'un point à l'autre ; il existe des foyers oîi la lugiière des tubes est presque filiforme, tandis qu'au voisinage les tubes sont à peine rétrécis. Les capsules de Bowmann sont généralement épaissies et les glomérules, dans l'intervalle des lâches amyloïdes, montrent une quantité considérable de noyaux. Entre les territoires sclérosés, existent des granulations de Bright, c'est-à-dire des groupes de tubes considérablement dilatés, et dont l'épilhélium est très volumineux.
Les altérations de l'épithélium sont de même nature dans les portions sclérosées (non atrophiées) et dans les granulations de Bright. Elles consistent dans une tuméfaction du proloplasma, qui est infiltré de grosses granulations colloïdes. Par places, cet épithélium est atteint de nécrose. Dans une première forme de nécrose, les cellules sont transformées en blocs réfringents, colorés fortement par le carmin (non amyloïdes), qui dans un certain nombre de tubes se sont fusionnés en forme de moules colloïdes (nécrose de coagulation). Dans une deuxième forme de nécrose, les épithéliums , considérablement tuméfiés et privés de noyaux, constituent une masse granuleuse qui distend le calibre du tube.
Le rein présente, en outre, un certain nombre de kystes à divers degrés de développement, et l'on peut reconnaître avec toute évidence que dans leur premier stade, les kystes n'ont pas de paroi propre, mais se forment par une fonte granuleuse et vitreuse des tubes glandulaires et du tissu interstitiel (cette substance n'a pas les réactions amyloïdes).
L'action du sulfure ammonique ne décèle aucun vestige de pio-ment ferrugineux. "
Moelle osseuse. — La moelle des os longs, rouge et molle, comme il a été dit, est assez fortement adipeuse, mais prend une coloration noire par le
65t INTOXICATION PALUl). CllKONIQUIi. — CACHEXIE PALUDÉENNE.
sulfure ammonique et renferme un grand nombre de grandes cellules remplies de gouttelettes pigmentaires.
Cette observation est intéressante à divers litres. Ellemonlre kl distribution du pigment ferrugineux dans les faibles degrés de sidérose, et donne un exemple d'hépatite nodulaire à tendance atrophique et faiblement sclérosique, dans le cours de laquelle Fascite, après onze ponctions abdominales, ne s'est pas reproduite. Nous aurons occasion de rappeler ce fait dans un autre chapitre.
Au point de vue de la dégénérescence amyloïde, elle servira seulement de document ; nous ne saurions déduire de ce seul fait aucunes conclusions relatives aux conditions du développement, de la marche et de la distribution de la dégénérescence chez les paludéens.
Nous ferons remarquer seulement que les gangrènes, ulcérations et suppurations qui se rencontrent si fréquemment dans l'éliologie de la dégénérescence amyloïde, faisaient défaut et que la cachexie paludéenne est la seule cause qu'on puisse assigner à son développement. La marche du processus paraît avoir été rapide, si l'on peut en rapporter le début à la première constatation de l'albuminurie. Les symptômes observés se rapportent à la néphrite concomitante et à l'urémie qui en a été la conséquence.
Il est à remarquer que le foie, siège exclusif de la dégénérescence dans les observations de Frerichs, est resté indemne, bien qu'il fût de tous les organes, le plus profondément altéré par la malaria. La rétrocession de l'ascite au moment où les symptômes de la néphrite se sont déclarés, peut n'être due qu'à une coïncidence fortuite.
(1) PERLS,Nachweis von Eisenoxyd in gewissen Pignienten (Vircli. Arcli., B. XXXIX 1867). — (2) Langhans, Beobacht. ùber Résorption der Extravasatc (Vircli. Arch., B. XLIX, 1870). — (3) Quincke, BeiUage zur Lehre vom Ictcrns (Virdi. Arch., B. XCV, 1885). — (4) Kunkel, Ueber das Vorkommen von Eisen nacli Blutextravas. (Zeilsclirift fur physiol. Cliemic, B. V, 1881). — (5) Ortli. Zur Kcnntniss der brauenn induration der Lunge (Virch. Arch., B. LVIII, 1873). — (6) HiNDENLANG, Pigment infillralion von Lymphdriiscn, etc. (Vircb. Arch , 1879). — (7) Quincke, Ueber Sidcrosis (Deiitsches Arcliiv. fiir klin. Mcd., R. XXV et XXVII, 1880). — (8) Peters, Beobacht. Ueber Eisenablagerung in dcn Organen, etc. (Deutsches Archiv. fiir klin. Med., B. XXXII, 1883). —(9) IIanot et Chauffaut, Cirrhose hypcrtr. pigmentaire dans le diabète sucré (Revue de médecine, 1882). — (10) Letulle, Deux cas do cirrhose pigm. du foie dans