‹ Traité des maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 119 sur 213 · ES · texte numérisé non relu

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L'association d'accidents pulmonaires plus ou moins graves aux manifestations aiguës de l'impaludisme est mentionnée souvent par les observateurs du siècle dernier (1). Mais la difficuKé dont se trouvait entouré le diagnostic des lésions pulmonaires avant la découverte de Laennec, diminue beaucoup la valeur de ces anciens documents; les faits modernes, éclairés par l'auscultation et la percussion, se présentent avec infiniment plus de précision, et par cela même se prêtent mieux à une analyse rigoureuse.

Sous le nom de pneumonie rémittente ou intermittente, de fièvre rémittente ou intermittente pneumonique, de pneumonie pernicieuse, on rencontre dans la littérature médicale un certain nombre d'observations où des désordres pulmonaires de nature congestive ou phlegmasique sont venus s'ajouter, se mêler d'une manière plus ou moins intime à la pyrexie paludéenne.

Les observateurs qui ont rapporté ces faits ne sont pas d'accord sur leur signification. Pour les uns, il s'agit de l'association fortuite de deux éléments pathologiques^ distincts dans leur cause, comme dans leur nature : lun phlegmasique détermmé par ses facteurs habituels, l'autre intermittent ou rémittent, ressortissant à la malaria.

D'autres au contraire considèrent tout lecomplexus morbide comme l'effet d'une cause unique, le miasme paludéen à la lois pyrogène et phlogogène, produisant conjointement la licvre et l'hypérémic phlegmasique du poumon.

Cette divergence dans les opinions tient moins à des erreurs

KELSCU et KIENER.

d'inlerprélEition qu'à une dilï'éreiice réelle et essentielle dans les faits produits sous le nom de pneumonies intermittentes.

Ces faits, ainsi que ceux que nous avons recueillis nousmêmes, se divisent en effet en trois catégories bien distinctes qui devaient être [lisément confondues, les deux premières du moins, à une époque où la nosographie de la pneumonie n'était pas fixée comme elle l'est aujourd'hui.

Dans une première série, il s'agit de fièvres intermittentes ou rémittentes, dont les paroxysmes s'accompagnent de fluxions et d'exsudations pulmonaires, qui se traduisent par l'ensemble des symptômes de la première période de la pneumonie.

La deuxième comprend des observations dans lesquelles la pneumonie est réellement associée aux manifestations aiguës de l'impaludisme , réalisant un de ces processus mixtes qui nous ont occupés au chapitre des maladies proportionnées.

A ces deux groupes enfin, il convient d'en ajouter un troisième, réunissant des observations où la pneumonie survient secondairement dans le décours ou comme terminaison des fièvres graves.

Chacune de ces trois catégories de faits est assez importante et assez distincte des deux autres pour mériter un examen spécial.

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