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DE LA PNEUMONIE DANS LES FIÈVRES PALUDÉENNES

7 février. La fièvre est tombée à 3S degrés; les symptômes abdominaux persistent. 12 vent, scar., lavement avec 1 gramme de sulfate de quinine. Soir, 37°,6.

8 février. Légère élévation de la température (SS"/!-); les vomissements ont cessé, la diarrhée bilieuse continue ; sensibilité du ventre normale.

Dans la journée se déclare un point de côté au-dessus du mamelon droit, avec dyspnée.

A quatre heures, on constate 38°,5, de la matité et du souffle tubaire au sommet du côté droit, douleur vive à la pression dans le deuxième espace intercostal, dyspnée, toux continue et sèche ; ictère et diarrhée persistants, sans tuméfaction ni douleur du foie. 15 sangsues loc. dol.; 2 grammes de sulfate de quinine.

9 février. 39°, 8 ; 126 pulsations; dyspnée considérable, 56 respirations ; malité et souffle tubaire occupant la moitié supérieure du côté droit, en avant et en arrière; la douleur occupe le quatrième espace intercostal; toux fréquente et pénible. Prostration, rêves la nuit, un peu de stupeur. Langue saburrale, mais humide. Vomissements et diarrhée bilieuse; pas de douleur aux hypochondres ; un crachat rouge.

Soir. Température, 39'',6; respiration, 80; pouls, 116.

10 février. 39°,5 ; respiration, 40; pouls, 120. Crachats rouiliés et abondants; mêmes signes locaux du poumon. Sommeil agité et troublé par des rêves ; les vomissements ont cessé, la diarrhée continue.

iMort à deux heures de l'après-midi.

AoTOPSiE. — Poumon droit, complètement hépatisé. Engouement à la base du poumon gauche. Cicatrices et nodules crétacés tuberculeux aux deux sommets ; adhérences pleurales anciennes.

Cœur, volumineux, distendu par des caillots. Poids, avec les caillots, 630 grammes ; vide, 420 grammes.

Eate, 900 grammes, capsule épaissie, (issu rouge sombre, friable, avec des noyaux plus compacts ayant la consistance et l'aspect grenu de l'hépatisation.

Foie, 3830 grammes, bords mousses, capsule lisse et sans adhérence ; vésicule distendue par la bile ; coloration d'un rouge vif sur lequel se détachent des granulations miliaires d'une nuance jaunâtre (hépatite parenchymateuse miliaire).

Mais ces pneumonies secondaires ne se manifestent pas toujours, il s'en faut de beaucoup, par des symptômes aussi nets. Très souvent elles sont Irtistes, tronquées dans leur expression clinique, marquées seulement par des indices fugaces tels qu'une légère douleur rétro-sternale ou quelques rares crachats glutineux et colorés, et ces caractères si effacés peuvent euxmêmes faii^e défaut. Dépourvues alors des phénomènes réaclionnels ordinaires, dissimulées par le délire, la prostration, la stupeur, l'état typhoïde ou adynamique, elles ne se révèlent que par les signes physiques de la condensation du parenchyme

pulmonaire. Calleloup a signalé à l'altenlion ces pneumonies latentes, associées aux fièvres paludéennes, et il recommande expressément l'examen réitéré de la poitrine chez les malades en traitement pour ces dernières. Morehead n'est pas moins précis : il insiste dans un paragraphe spécial sur les pneumonies obscures et insidieuses qui surgissent souvent chez les indigènes de Bombay au cours des fièvres paludéennes, qui naissent et évoluent sans point de côté, ni toux, ni expectoration, sans aucun symptôme qui soit de nature à diriger l'attention sur les organes respiratoires ; et il met en garde contre les erreurs cliniques et les surprises de l'amphithéâtre, réservées au praticien négligent de l'examen de la poitrine dans ces pyrexies. Qu'on n'attende point, ajoute-t-il, pour explorer la poitrine, l'apparition des signes locaux ou généraux de la phlegmasie pulmonaire : « En traitant les fièvres palustres des indigènes de l'Inde, la percussion et l'auscultation devront être pratiquées invariablement chaque jour. Cette exploration est aussi importante dans le traitement de cette classe de maladies, que la recherche des signes de la péricardite et de l'endocardite dans le cours du rhumatisme. » {Loc. cit., p. 532.)

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