‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 1 sur 81 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Les recherches que je publie aujourd'hui' sur les maladies des reins, el les altérations de la sécrélion urinaire ont été commencées eu i83o. Cette partie delà pathologie n'attirait pas aloi's, du moins en France, toute l'attention qu'elle mérite, et l'importance en était méconnue. A la vérité, on s'était, pour ainsi dire, fermé d'avance le chemin des observations fructueuses, et ôté les moyens de pénétrer avant dans le diagnotic et le traitement des maladies rénales, en laissant dans l'ombre les altérations de la sécrétion urinaire. Ces altérations étaient généralement négligées, même dans les hôpitaux, où elles pouvaient être étudiées avec le plus d'avantage ; ou bien, quand on songeait à les examiner, les procédés étaient incomplets et fautifs, et les résultats, ayant peu de valeur, n'avaient guère d'emploi.

Cependant les affections des reins et les modifications de l'urine, sont deux ordres de phénomènes moi-bides enchaînés ■ l'un à l'autre, et réciproquement solidaires; la connaissance des premières réclame impérieusement la connaissance des secondes ; tant que les modifications de la sécrétion urinaire sont ignorées , les maladies des reins sont obscures. Les reins, cachés dans la profondeur de l'abdomen , et peu accessibles auxmvesligations directes, communiquent avec le dehors par i unne; c est , en quelque façon, les voir que de voir ce liquide , comme c'est connaître le poumon que d'entendre les

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différens murmures qu'il envoie à l'extérieur , au travers des parois thoraciques, jusque dans l'oreille du médecin*

Je crois superflu d'insister, ici, sur la fréquence et la gravité des affections rénales et des altérations de la sécrétion urinaire, quoique cette fréquence soit ignorée d'un grand nombre de praticiens. Mais je ne puis m'empêcher de remarquer qu'une des principales causes de la négligence que les pathologistes ont apportée à l'étude de§ maladies des reins, tient à l'opinion généralement répandue que les lésions de ces organes sont très rares, et qu'elles peuvent être difficilement reconnues, ou combattues avec succès pendant la vie. Cette opinion s'était tellement emparée des esprits, même dans ces derniers temps, que la plupart des médecins et des chirurgiens des hôpitaux négligeaient souvent d'examiner les reins après la mort, non-seulement dans les maladies générales, dans les afléctions cérébrales , thoraciques ou abdominales , mais même à la suite des maladies de l'urèthre, de la prostate et de la vessie. Et à une époque où l'on notait, plusieurs heures après la mort, avec le plus grand soin, de légères différences dans la couleur et la consistance de la membrane muqueuse gastro-intestinale , à peine remarquait-on les changemens que les reins pouvaient présenter dans leur volume, leur poids, . leur consistance, leur couleur, etc. S'il ét.iit besoin de nouvelles preuves du peu d'attention que les plus habiles praticiens apportaient, dans la recherche des altérations ré^ nales, je rappellerai qu'un des plus célèbres médecins de l'Allemagne , Pierre Frank,, ne tenant sans doute aucun compte de l'influence des rétrécissemens de l'urèthre, des maladies de la prostate et de la vesisie, des mïiladies de la moelle épinière, etc.,, suç Ip développement des affections rénales, avançait, iln'y a pas long- tpmps encore, que la néphrite non

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calculease était peut-être plus rare que l'inflammalion de la rate, et déclarait qu'il ignorait si la néphrite était plus fréquente chez les vieillards que chez les adultes!

J'ai exposé, avec détails, non-seulement les résultats de mes propres recherches sur les altérations de la sécrétion iirinaii'e, mais encore ceux qu'ont obtenus les observateurs qui s'en sont occupés avec le plus de fruit , dans ces derniers temps. Les longs développemens dans lesquels je suis entré sont assez justifiés, je pense, par la manière incomplète dont cette partie de l'iiygrologie pathologique a été traitée dans les ouvrages de sémiologie, de pathologie générale, dans les traités spéciaux sur les maladies des voies urinaires, et par la petite part qui lui a été faite dans renseignement médical.

J'ai décrit les altérations de l'urine qui résultaient de l'excès ou du défaut d'un ou de plusieurs de ses principes naturels, ou de la présence accidentelle d'autres principes organiques, provenant du sang ou de matières étrangères à l'économie introduites accidentellement par absorption. Me plaçant ensuite à un point de vue pathologique, j'ai indiqué les principales circonstances dans lesquelles les diverses altérations de la séa'étion urinaire pouvaient être observées. Il était d'autant plus nécessaire de procéder ainsi, que plusieurs de ces altérar lions avaient été données comme caractéristiques de certains états morbides. En étudiant, une à une, les altérations de la sécrétion urinaire dans tous leurs rapports possibles ; en les recherchant dans toutes les maladies des reins, dans les autres nialàdies de l'appareil urinaire, dans les maladies des autres appareils et dans les affections générales , j'ai pu , à l'aide de cette étude comparative i fixer' 1* Valeur de ces akérations, comme signe diagnostic bu ppottôstiè-, dans des conditioiis

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morbides délerminc'es; Ainsi, la présence de l'albumine, du sang , des matières grasses dans l'urine , l'alcalinité de cette humeur, l existencede l'acide inique cristallisé à l'état libre, etc., sont des phénomènes communs à plusieurs maladies des voies urinaires et d'autres appareils, et à des affections générales. Mais ces altérations de l'urine peuvent être sûrement invoquées, dans une foule de cas, comme signes, si on procède eu même temps à la détermination des autres principes de l'urine, et si on s'entoure de tous les autres élémens du diagnostic.

Depuis quelques années, plusieurs médecins des hôpitaux de Paris ont senti la nécessité de s'aider de ses réactifs dans l'exanien des altérations de l'urine. De cette manière, diverses modifications de ce liquide qui ne pouvaient être entrevues ou soupçonnées par un simple examen des propriétés physiques ont pu être notées dans les observations cliniques ; mais il est à regretter qu'un autre mode d'investigation, l'inspection microscopique ne soit pas encore généralement appliqué à l'étude des matières qui sont suspendues dans l'urine, ou qu'elle dépose par le refroidissement, ou qu'on en précipite à l'aide des réactifs. L'examen microscopique fait prompteraent connaître le nombre et la nature des élémens de ces dépôts, surtout en s'aidant, lorsque le cas l'exige , de l'emploi des réactifs. Sans l'inspection microscopique, la recherche des matières organiques, du mucus, des débris de l'épithélium, des petites quantités de pus ou de sang, des animalcules spermatiques, offre des difficultés insurmontables, et la détermination des matières amorphes ou cristallines de l'urine, de l'acide urique, desurates, des phosphates, de la cystine, ne peut être faite par les procédés ordinaires des chimistes, qu'à l'aide d'analyses plus longues et plus compliquées. Je ne puis donc cora-

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