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CHAPITRE IV

DE l'appareil musculaire DE l'uRÉTURE.

Une partie de l'urèthre est enveloppée et est en rapport avec des muscles. La portion membraneuse est embrassée par une masse musculaire épaisse, et décrite différemment par plusieurs anato* mistes.

Le bulbe est recouvert par un muscle très fort, qui sert d'attache au tendon antérieur do sphincter de l'anus. 11 est divisé en deux moitiés par une cloison fibreuse, adhérente en haut à toute l'étendue du bulbe, et en bas à l'aponévrose superficielle du périnée : à cause de ses insertions^ Winslow lui a donné ie nom de bulbo^ caverneux.

Son action produit certains phénomènes généralement attribués au spasme de l'urèthre.

Muscle bulbo-caœmeux. — Ce muscle couvre le bulbe sous la forme d'une gaine musculo-fibreuse qu'on peut isoler complètement. Il comprima le bulbe d'arrière en avant, et il donne en arrière un point d'attache au sphincter externe de l'anus et au transverse superficiel du périnée. Kobelt dit que des faisceaux de ce muscle contournent de chaque côté la racine de la verge, de sorte que son action ne se ferait pas sentir seulement sur le bulbe, mais elle s'étendrait aussi sur la racine du pénis et sur ses vaisseaux. Cet anatomiste décrit aussi une couche de ce muscle qui enveloppe la protubérance

22 ANÀTOMIB DE L'aPPABBIL OBINAIBB.

postérieure du bulbe à la manière d'une fronde. Cette couche profonde semble être exclusivement destinée à comprimer les deux hémisphères du bulbe (1) ; lorsque ce muscle se contracte, il écnue le bulbe et il en expulse le sang en avant jusqu'au gland : toute la portion pénienne se dilate et l'érection a lieu. La même action se produit lorsqu'on introduit une sonde dans un urèthre malade : on sent une résistance à sa marche; dans d'autres circonstances, on ne peut la retirer sans efforts, et d'autres fois enfin, si elle est conique, elle est repoussée hors du canal. On a attribué ces divers phénomènes à une couche de muscles sous-jacente à la muqueuse, éi elle est niée par des anatomistes habiles qui ne l'ont pas trouvée en dehors des Umites de la portion musculeuse (2).

Muscles de la portion membraneuse. — La portion membraneuse est embrassée par des faisceaux musculaires, séparés du releveur de l'anus par l'aponévrose latérale de la prostate ; Amussat les a nommés muscles propres de la portion membraneuse, Guthrie, muscles compresseurs de l'urèthre, et M. Jarjavay, muscle trausverso-uréthral (3).

Ces muscles ont été admis pendant longtemps comme une dépendance des muscles releveurs de l'anus, et c'est à des travaux récents, faits à l'école de Paris, que nous en devons une connaissance plus détaillée et plus précise.

M. Denonvilliers y a surtout contribué, en établissant la séparation du releveur de l'anus d'avec le muscle propre de l'urèthre.

La portion membraneuse de l'urèthre est entourée de deux nausclés (6), l'un à droite et l'autre à gauche; ils sont enfoncés dans l'espace limité en bas par l'aponévrose moyenne du périnée, et sur le côté et en haut par l'aponévrose latérale de la prostate. Vers le point de jonction de la partie ascendante de l'ischion et descendante du pubis^ est placée l'insertion fibreuse de ces muscles qui rappellent la forme des muscles droits de l'œil ; ils se dirigent de bas en haut vers la portion membraneuse de l'urèthre, où leurs fibres s*écarient pour envelopper entièrement cette partie du canal. On ne peut pas les confondre avec les faisceaux antérieurs du muscle releveur de l'anus, puisqu'ils en sont séparés par l'aponévrose latérale de la prostate, ni avec les transverses du périnée dont la direction est différente; pour bien les voir il faut diviser la symphyse pubienne et

(1) Kobelt, De l'appareil du sens génital^ p. 31 .

(2) Sappey, loc. cit,, p. 58.

(3) Hecherches anatomiques^ p. 127.

(4) Demarquajr, Archiv. génir, de méd.y 4* lérie, t. XXI, sept. 1849.

DB LlPrAKKa HUSCOUIBB ItB L'IT

écarter ses branches horizontales. Ces mascles sont-ili lea mêmes ^ue ceux dont parle Wilson (i)?

La description et les dessins da chirurgien anglais peuvent Tain supposer l'existence d'autres muscles. Je crois pouvoir dire que OM mentions diffêrentes se rapportent aux mêmes faisceaux, et c'est la manière de les préparer qui a fait admettre des muscles divers. En faisant une coupe de profil, comme l'a faite Wilson, on voit l'aitaclie musculaire sur les parties latérales de la symphyse, et la direction des fibres parait être de bas en haut, en se dirigeant vers la portion membraneuse de l'urèthre. Ainsi préparés, ces muscles semblent appartenir au releveur da l'anus, parce que l'aponévrose latérale de la prostate, méconnue d'ailleurs jusqu'aux travaux de H. Denonvilliers, étant coupée, n'indique plus la séparation de cet deux plans musculaires, c'est-à-dire le feuillet aponévrotique placé entre le releveur de l'anus et les transverses urctliraux profonds, nom que leur a donné M. Demarquay.

Lorsqu'on procède par coupes, ainsi que l'a fait H- iarjavay, on voit distinctement les faisceaux musculaires envelopper la portion membraneuse, en conservant la forme d'un anneau tri» épais; ce qui lui a fait donner le nom de muscle orbiculatre (fig. 6j. M. Gossdin a décrit aussi ces fibres musculaires (2).

Fie. 6, d'ijiTè* U. Jtijivaf,

A. Forme eo croiiMDt du anil.

B.B. EaticcraiMment dn flbrei do miMde orbiculsire en iTani d«

J'admets, dit-il, dans la portion membraneuse ducanal des libres musculaires disposées circulairementen arrière du bulbe, fibres dont la contraction me parait avoir pour effet de relever, mais aussi de resserrer le canal.

Les fibres propres de la portion mnscukuse sont longitudinales et circulaires (3), elles forment une enveloppe ép.iisse de 2 fc 3 millimètres. La muqueuse ne recouvre pas immédiatement cette tunique, elle en est séparée par une lamelle vaseulatre, lacis de veines très petites.

M) Traniacl. nUdk.-ehimrg., iBOi.

(31 Archiva généralet d* midteine, t. VII, 18*5.

<1) Sipper, he. eU., p. 54.

2U ANATOMCE DB L'aPPAREIL UIINAIBB.

Cette enveloppe musculaire varie beaucoup d'épaisseur et de force. Chez certains sujets, les faisceaux charnus sont très nets et très rouges; chez d'autres, aiu contraire, leur forme est indécise et ils sont œoips colorés.

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