MÉMOIRE
Sur des filaments , taches mobiles , globules, et toiles d'araignées très-déliées, qui paraissent voltiger devant les jeux; lu à l 'Académie Royale des Sciences.
Les personnes qui sont incommodées de ces sortes de taches rendent quelquefois différemment la manière dont elles les aperçoivent. Ces taches paraissent aux unes comme des filaments ondojès, aux autres comme des zigzags, des brouillards légers, des espèces d'étoiles avec des queues, des petits duvets de coton noir, des serpenteaux, des points noirs très - petits qui nagent lentement
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dans f atmosphère , des globules, des petits tu bans n demi" transparents ei oui forment comme des noeuds, des petites portions de gomme arabique a demi- dissoutes dans l'eau: une légère différence de transparence Les fait à peine distinguer du fond de lair, lorsqu'on les examine dans un ciel serein.
Toutes ces petites apparences montent, lorsqu on élevé les yeux avec un peu de promptitude, par exemple, de la pointe des pieds vers le ciel; et, si alors on fixe la vue sur un nuage ou quelque autre objel , elles descendent lentement vers le bas de l'œil, et On cesse de les apercevoir tant que les \ eux restent ûxés sur le même objet ; mais au moindre mouvement des ceux, elles quittent l'endroit ou leur pesanteur les avait entraînées, et on les aperçoit de nouveau. De toutes ces taches, celles (jui sont sous la forme de filaments sont les plus faciles à apercevoir pour les personnes qui en sont incommodées. Ces filaments ont des mouvements vagues, suivant les mouvements de l'oeil. Tantôt ils se contournent ; d'autres fois ils s'étendent, puis, dans un autre mouvement de l'œil, ils se ploient à certains endroite, et ces changements de position sont surtout distincts, lorsqu'ils passent en descendant devant l'axe optique. Assez ordinairement il y en a deux ou trois qui dominent sur les autres et qui sont plus apparents; mais il y en a souvent
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une infinité d'autres plus petits, plus difficiles à apercevoir, et une multitude prodigieuse de petits globules, les uns isolés et les autres par paquets, qui, conjointement avec les filaments, paraissent tomber comme une petite pluie extrêmement fine, lorsqu'après avoir élevé les yeux un peu rapidement, on les fixe sur un endroit éclairé, par exemple, sur une muraille blanche, dans le ciel, ou sur du papier blanc; car il faut la présence d'une certaine quantité de lumière pour que l'ombre de ces petits corps puisse être distincte sur la rétine, attendu qu'ils ne sont point opaques, et qu'ils tranchent peu sur la transparence des humeurs de l'oeil. H y a aussi quelquefois comme de petites grilles 'nageantes; quelques-unes sont plus pesantes, et paraissent descendre plus vite. En général, les filaments sont les plus légers; ils descendent toujours les derniers; ils sont comme des tubes de baromètres contournés, à demitransparents, dans lesquels il paraît des globules dont le milieu est un peu plus obscur, et qui ressemblent à des petites bulles de savon.
L'Académie vient de voir, clans le flacon plein d'eau qu'elle a sous les yeux, des filaments contournés et des fragments de verre qui donnent une idée assez exacte de l'apparence que présentent ces sortes de taches, et qui montent et descendent à volonté, selon la pression plus ou moins considérable que l'on exerce sur la portion d'air
;\ 1 1 BBCTIOII VII Ij CHAPITRK I I i ,
contenue entre la surface «!<• l*eau et l'ouverture < 1 1 1 flacon.
()n \oii peu tontes ces apparences dans une chambre médiocrement éclairée. Le soir, à la lumière, on est obligé, pour les voir, <U- les chercher avec beaucoup d'attention et à plusieurs reprises sur un papier blanc, el ils ne paraissent que comme <\r très-petites portions <l<- fum< peine sensibles. On les voit, d'une manière à la vérité imparfaite, dans la flamme d'une bougie, en tenant les yeux à moitié fermés. <>n les aperçoit encore, quoique bien faiblement, en tournant les veux vers le ciel, à on très-grand jour, el ru les devant à plusieurs reprises sans les ouvrir. Lorsqu'on les cherche dans un ciel serein ou couvert de nuages blancs, ou dans un autre endroit très- éclairé, on les aperçoit bien mini\ en fermant les yeux à demi : ils paraissent alors plus brillants. On les voit d'une manière bien distincte dans le brouillard, le reflet de l'eau et sur la neige. Le plus souvent on en voit des deux yeux; quelques personnes cependant n'en aperçoivent que d'un seul.
Ces petites apparences, par leur pesanteur, se précipitent toujours vers le bas de l'œil, lorsqu'on regarde un objet un peu élevé; si on tourne le visage vers la terre, et si on les examine, par exemple, entre ses jambes, sur du sable blanc, alors la position des globes étant changée, ils ne
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se précipitent plus vers le bas de l'œil, mais ils se rassemblent vers l'extrémité de l'axe optique , où on les examine plus à l'aise. Si on se couche sur le dos, à la campagne, et qu'on regarde le ciel en inclinant un peu la tête et les yeux en arrière, au lieu de se diriger du côté des pieds, leur mouvement se dirige du côté du front, qui est alors la partie basse.
Quoique la petitesse de ces atomes voltigeants soit prodigieuse , ils doivent paraître avoir une certaine étendue , parce qu'ils se trouvent audevant d'un corps lenticulaire qui a la propriété de grossir les objets ; et je crois qu'on ne doit point apercevoir, ou que très-peu distinctement, ceux qui se trouvent derrière ce corps. Leur diamètre paraît augmenter à mesure qu'on s'éloigne du plan sur lequel on les examine; tel filament qui , vu sur une feuille de papier blanc très - éclairée , paraît avoir un sixième de ligne de diamètre et un pouce de long, paraît avoir deux lignes de diamètre et plus d'un pied de long , lorsqu'on l'examine en face d'une muraille blanche éloignée de vingt ou trente pieds. Ces phénomènes sont faciles à expliquer par les lois que la lumière suit dans ses mouvements; et je sortirais de mon sujet si j'entrais dans cette explication. Vus au soleil, sur une feuille de papier blanc, à la distance d'un pied, ils paraissent à-peu-près, comme fig. i, pi. 65; vus à la distance -de trois pieds, toujours au soleil, sur la même
)\ \ SECTTOU \ i i i , CHàPITRB fil,
feuille de panier, ou en plein air dans le ciel , ils paraissent comme fi:;, a. La figure 3 représente nu fragment <Im filet a, vu au soleil sur un mur blanc, i une distance de \ i ni;i pieds.
Il n'est pas donné à tous ceux qui sonl affectés de cette incommodité de pouvoir en rendre an compte aussi détaillé; el ceux même qui les observent avec le plus d'exactitude, ne sont parvenus qu'au bout d'un an ou deux, et quelquefois plus, à les faire manœuvrer, pour ainsi dire, à volonté, et à amener, lorsque bon leur semble, tel filament, par tel mouvement de l'œil, dans l'axe optique, pour l'examiner plus attentivement, t les détails, quoique longs, ne le paraîtront pas an grand nombre de ceux qui sou! inquiètes par ces mouches volantes.
Une expérience faite par M. de La Hire, jette
du jour sur les différents phénomènes que présentent ces sortes de taches mobiles: elle consiste à recevoir, sur un papier ou un linge blanc, les rayons du soleil à travers un carreau de vitre, dans lequel il se trouve de ces grains, de ces bouillons et de ces filets qu'on y voit si communément, et qui font, quoique transparents, une réfraction différente de celle du verre dont ils sont environnés. Ces grains, ces bouillons, et ces filets , paraissent sur le linge ou le papier comme les corpuscules en question sur la rétine.
La nature de cette incommodité n'est point connue, ou ne Test que très-imparfaitement: les uns
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attribuent ces phénomènes à l'insensibilité de quelques filets du nerf optique, d'après Willis (i) , ou à l'engorgement de quelques vaisseaux de la rétine devenus variqueux (2). Les autres , sentant que cette explication est défectueuse, que ces corpuscules , qui passent , repassent , s'élèvent , s'abaissent , qui nagent distinctement dans un fluide , seraient fixes s'ils étaient causés par l'insensibilité de quelques filets du nerf optique, ou par l'engorgement de quelques vaisseaux de la rétine, devenus variqueux, ont mis leur siège dans l'humeur aqueuse , comme MM. de La Hire (3) , et Le Roi (4) ; d'autres enfin ont cru , avec Morgagni, que ces apparences, dans certains cas , étaient occasionnées par des stries que formait , sur la cornée , l'humeur lacrymale épaissie (5).
(1) Quoties... puncta nigricantia aut assulœ concatenatœ ob oculos versantur , verisirnile est hanc apparilionem propterea fieri , quoniam nervi optici filamenta quœdam obturantur. Cerebr. anat. cap. ai.
(2) Cùm rationes opticœ mihi persuasissent simulacra ista oriri vitio partium retince à vasi's sanguiferis nimium tensis infractisve conte ctarum } etc. Pitcarn. theoria morborum oculi, pag. 14.
£3) Mém. de l'Acad. tome IX, page 571.
(4) Hist. de l'Acad., année 1760, page 53.
(5) Spectra Ma... variantur ad palpebrarum prcesertim motum , lacrymalem illum impurum laticem dimoventium, etc. Animadvers. lxxv, de causis punctorum...oculis obversantium.
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('.'csi .1 L'atonie <!<• quelques filets «In nerf optique, ou à L'engorgement de quelques vaisseaui de la rétine, que !<• plus grand nombre des gens de Part attribuent aujourd'hui ces fantômes. Les preuves en sont sous les yeui de l'Académie. Les malades objectent <mi y;mh que si ces accidents étaient dus à L'une ou L'autre de ces caui les taches seraient fixes, et ne paraîtraient pas nager. On !<*ur répond qu'elles ne paraissent avoir du mouvement que parce qu'ils remuent Les yeux ; et les malades, par If* respect que L'on ;i pour Les choses qu'on n'entend pas, mettent fin à leurs objections.
M. Le Roi, histoire de L'Académie, année 1760, page 53, rapporte qu'une personne inqui< par cette incommodité, consulta tous les oculistes, mais qu'ils lurent aussi peu d'accord sur le Lieu, la nature et la cause de la maladie, (pie sur les remèdes. Il propose d'ouvrir la eoi pour évacuer l'humeur aqueuse , dans laquelle il plaçait, avec M. de La Ilire et beaucoup d'autres physiciens, le siège de ces corpuscules. Des opinions connues c'était la plus plausible, puisque ces corpuscules paraissent distinctement nager dans un fluide; mais ce qui la détruit entièrement, c'est que, dans certains cas, très-rares à la vérité, ces taches augmentent, quelquefois même rapidement; qu'elles finissent par former un brouillard dont la mobilité diminue tous les jours; et qu'elles sont suivies de l'opacité du cris-
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tallin. C'est ce qui a fait dire à Maître -Jan, qui, comme beaucoup d'autres , ne connaissait pas leur mobilité , que leur rapport avec ces imaginations qui précèdent les cataractes , lui faisait conjecturer que c'était un vice de quelques fibres qui composent les pellicules extérieures du cristallin, ou bien une dilatation des veines répandues par sa membrane (i). On sait que les anciens croyaient que la cataracte était formée par des parties rameuses qui nageaient dans l'humeur aqueuse, et se réunissaient pour former une pellicule qui bouchait la pupille. Une observation , exacte d'ailleurs, les avait conduits à une explication vicieuse. Le crystallin étant le véritable siège de la cataracte, il en résulte que ces taches, ces filaments qui, dans des cas particuliers, sont des symptômes du principe de cette maladie , doivent avoir leur siège dans l'intérieur de la capsule qui enveloppe cette lentille. Je connais une personne qui voit une quantité innombrable de ces taches , depuis quarante ans , et qui a la moitié postérieure du cristallin de l'œil droit opaque depuis plus de trente. Une dame, pour laquelle j'ai consulté avec M. Jeanroi , en voit depuis quinze ans , et il s'est formé , depuis environ dix ans, de petites barres opaques, bien visibles, dans les deux cristallins, qui lui permet-
(i) Traité des maladies de l'œil, pag. 281, édit. in-12. III. 27
|i8 mi 1 1 <» > \ 1 1 1 , i h \ p 1 1 1 1 ni,
t. ni de voir, mus d'une manière imparfaite. M de M '' lieutenant-général des armées du roi, en voit des deui feux, et celles «lu gauche se sont converties récemment en un brouillard, qu'on aperçoit aisément à travers la pupille, et qui menace le cristallin d'une opacité complète. Je pourrais oiter plusieurs exemples semblable*; cependant ces ras sont rares en général;
Afin qu'il ne pût me rester aucun doute sur le siège de ces taehi s volantes , j ai ouvert la cornée dans des circonstances semblables, pour donnai issue à l'humeur aqueuse, comme on l'avait propos(; i , v-i , dès le Lendemain de cette Légère opération, les malades ont aperçu les mêmes filaments, les mêmes phénomènes, sans qu'il j
en ait eu \m seul de moins. I n de Ceux qui se
sont soumis ;i cette expérience, esl \m homme qui a beaucoup de connaissances , et qui aurait
remarqué le plus léger changement , s'il en fût
survenu (2).
Des raisons précédentes, et de ces expériences, je me suis cru autorisé à conclure que Le siège de ces corpuscules est dans l'humeur de Morga-
(1) Adam et Le Hoc, an prtecavenda cataractœ oculiparacentesùf 17^0. M. Le Roi , hist. de l'Acad. année 1760, pag. I S.
(2Ï M. l'abbé B***, sujet de cette observation, qui était alors et qui est encore aujourd'hui professeur à l'Athénée des arts de Paris , voyait encore les mêmes filaments en 181 7, plus de vingt ans après, sans aucune espèce de changement
gni, dont quelques petites portions, sans perdre de leur transparence , acquièrent une densité , une pesanteur et une réfringence plus considérables. Cette humeur, qui a reçu le nom du célèbre anatomiste qui l'a observée avec le plus d'exactitude , environne le cristallin , et paraît être destinée à nourrir ce corps, qui est libre dans sa capsule. Elle est parfaitement transparente, et , quoiqu'elle soit en très-petite quantité, les portions qui acquièrent une certaine densité étant d'une ténuité extrême , peuvent se mouvoir librement dans une aussi petite quantité de fluide. Quelques anatomistes ont révoqué en doute l'existence de cette humeur : on peut la démontrer aisément, en plongeant la pointe d'une lancette dans le cristallin d'un oeil de mouton, après avoir enlevé la cornée , écarté l'iris , et essuyé à plusieurs reprises la capsule du cristallin avec un linge fin. Il sort sur le champ une goutte d'une humeur limpide, que l'on ne trouve pas toujours d'une manière également marquée. Il y a apparence qu'elle perd de sa fluidité après la mort , et qu'elle diminue de quantité à mesure que l'on avance en âge. D'ailleurs , en pratiquant la section de la cornée dans l'opération de ia cataracte , lorsque le diamètre de la pupille m'a permis de plonger, en passant, la pointe du bistouri dans cette ouverture pour ouvrir la capsule du cristallin , j'ai vu , nombre de fois , une certaine quantité de liqueur blanchâtre jaillir de la petite plaie
I ><> BECTIOB VllIjCHAPITRJ ni.
faiie a la capsule; el ce n'était autre chose que l'humeur <lc Morgagni devenue opaque. •!<• connais une personne incommodée <!<■ ces taches volantes, el bien capable «!<• les observer avec exactitude, qui voit, entre autres apparences, au très-grand jour , dans un ciel bien pur, une ligne gommeuse^ suivant son expression, qui parait lumineuse, ne change que très-lentemenl de position aux différents mouvements de 1 œil 4 el qui ne peut être <lu<- qu'à une ondulation infiniment légère de la couche extérieure du cristallin, dont la densité n'est guère plus considérable que celle <lc l'humeur de Morgagni.
Quanl au pronostic, il n'est pas fâcheux: on doit cependant prendre garde de les confondre avec les taches qui sont fixes par rapport a Taxe de la vision, et qui, causées le plus souvent par des engorgements du nerf optique ou de la rétine, sont ordinairement des signes précurseurs de paralysie de lune ou de l'autre de ces parties, sur -tout lorsqu'elles sont récentes et qu'elles augmentent. Elles demandent de l'attention. Celles dont nous nous occupons sont, par rapport à la cataracte, ce que sont les graviers par rapport à la pierre; mais, quoique pour une personne dans la vessie de laquelle il se forme une pierre, il y en ait une multitude prodigieuse qui sont sujettes à des graviers , ces taches volantes m'ont paru avoir avec la cataracte un rapport encore bien plus éloigné. Autant qu'il est possible de
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juger, par approximation, sur sept cents personnes qui en sont affectées, il y en a à peine deux chez lesquelles elles indiquent une disposition à la cataracte. Au reste on rencontre dans la pratique ces cas en plus grande proportion, parce que tous ceux dont le cristallin commence à s'obscurcir demandent des conseils, tandis que parmi ceux qui sont incommodés de ces sortes de taches, s'il s'en trouve quelques-uns qui en soient fort inquiétés, il y en a un nombre prodigieux qui n'y font pas même attention, et qui n'en parlent pas aux gens de l'art. Elles sont infiniment communes, et ne m'ont pas paru être, comme on l'a cru, causées ni entretenues par l'application des yeux.
Le meilleur remède est de tranquilliser l'imagination de ceux qui en sont alarmés, et de leur apprendre que ces sortes de fantômes , qui augmentent quelquefois très -lentement pendant les cinq ou six premières années , subsistent , pendant tout le reste de la vie, sans aucune espèce d'incommodité ; qu'elles ne demandent aucun remède ni même aucune espèce de précautions , lorsqu'elles ne sont point accompagnées d'autres accidents ; et que 1 imagination une fois tranquillisée , on les oublie au point de ne les plus voir qu'en les cherchant, à moins qu'on ne se trouve en plein air, où elles paraissent toujours d'une manière bien sensible, mais sans aucune gêne. Je connais un grand nombre de personnes qui
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en voient depuis trente, quarante ans, el plus,
s. m-, qi c leur nombre OU leur figure ait éprouvé
le plus l< ger changement.
\ II. Je peux BJOUter que, depuis l.i puliln.i-
tion de mon Mémoire , ta multitude de personnel qui m'ont consulté pour ces taches volantes, n'a fait <pic me confirmer dans mon opinion, et j'ai eu, pins de mille luis. ;i gémir de voir que, les confondant avec des taches fixes el d'une autre nature, on assujétissait les personnes dont l'imagination en était alarmée, à des remèdes mutiles, souvent cruels, presque toujours nuisibles. Je fus consulté, il n'y a pas long-temps, par une dame qui était dans la i< rme persuasion que ces fantômes voltigeants, qu'elle apercevait depuis peu. devaient la conduire à la perte de la vue Je trouvai elie/ elle vin^i personnes, que je lui demandai la permission d'interroger : sur les vingt, sepi en voyaient depuis un grand nombre d'années sans en avoir jamais parlé: une jeune personne ajouta qu'elle s'amusait beaucoup à les voir descendre dans le ciel. Je ne saurais trop répéter qu'ils n'inquiètent jamais autant que lorsqu'ils se trouvent joints à d'autres symptômes. C'est une réunion semblable qui avait tourmenté bien inutilement Un homme de l'ait très-instruit. qui n'a recouvré le bonheur et la tranquillité que depuis quelques mois. Un Mémoire, dont suit l'extrait, contenait le détail de ses vives in quiétudes.
Observation l\^r].
Mémoire, i3 août 1817. — Le consultant, âgé de trente -quatre ans, dune faible constitution, chirurgien, tourmenté d'une goutte héréditaire, sujet à des attaques d'hypochondrie lorsqu'il se livre à l'étude, n'a pu , de tout temps, lire et écrire au grand jour qu'avec difficulté, à cause d'une sensibilité particulière des organes de la vision.
Il y a trois ans, un an après son mariage, il éprouva, à la suite d'un travail assidu, des douleurs d'abord sourdes, puis pulsatives et lancinantes , à l'œil droit ; quelque temps après , il aperçut trois petits globes presque noirs, se tenant par des filaments de même couleur, et paraissaut voltiger en suivant les mouvements de l'œil.
Un an après cette attaque, il ressentit à l'œil gauche des douleurs semblables, et il vit de plus un réseau d'une teinte sombre.
Depuis ce moment, la sensibilité de ses yeux est augmentée , et se change en douleurs toutes les fois qu'il veut se livrer à l'étude , même pendant un quart d'heure; ce qui l'a forcé depuis six mois à la suspendre totalement à différentes reprises , et à ne lire qu'à peine une demi-heure par jour.
Les yeux sont, en apparence, dans un état de parfaite santé; on n'y voit aucun défaut à l'extérieur, aucune opacité à l'intérieur; les pupilles
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s»- contractent et se dilatent parfaitement bien, suit que les deux yeux soient ouverts, soit <|u il \ en ait un fermé. La vue est aasez bonne. La face interne des paupières^ cette partie de La conjonctive qui revêt 1rs cartilages tarses, est d'un rouge assez vif, parsemé <l<- quelques petits troncs de vaisseaux capillaires, .hum que la portion de <«'iic membrane qui recouvre La sclérotique.
Le malade n < > î i voltiger presque continuellement, nuii.s d'une manière plus *>u moins apparente, devant Les deux yeux, des toiles d'araignées, «les ombres, «les réseaux, et quelquefois des points et des cercles obscurs.
Lorsque I" douleur est augmentée par un peu de lecture, elle dure depuis cinq jusqu'à buit joins, et se renouvelle pendant cet intervalle par la seule impression (rime lumière \ive. Du reste, sa sauté est bonne, à l'exception dune Légère céphalalgie qu'il éprouve le matin, et qui est de peu de durée. Les douleurs des yeux s'établissent quelquefois sans aucune cause apparente, mais diminuent toujours, et finissent par disparaître lorsque le temps est sombre et que le malade évite tout ce qui peut ébranler le système nerveux.
Chirurgien à Saint-Florentin , département de l'Yonne.
Réponse.
Monsieur, vos filaments, vos taches volantes.
ne méritent aucune attention; j'espère que vous en serez convaincu après avoir pris lecture du Mémoire ci -joint. Je vous conseille de ne faire aucun traitement relatif au reste des symptômes, qui sont cependant faits pour vous tourmenter d'une manière plus réelle. Vous avez les membranes des yeux délicates depuis très-long-temps; vivez avec cette imperfection, et lisez peu. L'augmentation que vous avez éprouvée de cette sourde phlegmasie, probablement goutteuse, me paraît de nature à ne pas se prolonger indéfiniment : je crois pouvoir vous promettre que vous éprouverez de l'amélioration. Faites usage de verres d'une teinte médiocrement verte, lorsque vous vous exposerez àr un jour très-vif ou à la réverbération de la neige.
Extrait d'une Lettre de M***, Chirurgien à Saint -Florentin.
Le 2 septembre 1817.
Monsieur, ce que j'aperçois voltiger devant mes yeux se trouve littéralement décrit dans votre Mémoire sur les taches mobiles, globules, et toiles d'araignées.
iV. B. Suivent des remercîments qui prouvent que l'imagination alarmée du malade a été tranquillisée par ma courte réponse.
BB< riOl VIII, CHAPITR] i \ .
en \ i» iti; i: i \ De la Pu pi /le artificielle.
Observation J58.
(Voyez planche J6 . ligure i ).
Extrait du Journal de Médecine, rédigé /xu
J. Si di i.i.OT.
Observation sur une pupille artificielle ouv< //< tout auprès de la sclérotique, par J/. Demours^ membre de l'ancienne Faculté de Médecine a\ Paris, et médecin- oculiste ; lue à l'Institut , le i5 juin 1800, et, le ai du même mois, à la Si ciété de Médecine.
Monsieur Sauvages , de llam, départemenl de
la Somme, éprouva, à 1 Age de vingt-deux ;ms, dans le printemps de 1793, des ophtalmies violentes et répétées, accompagnées d'abcès dans les cornées, qui laissèrent écouler, à plusieurs reprises, l'humeur aqueuse de chaque œil , et furent suivies de l'opacité de la totalité de la cornée de l'œil droit et des quatre cinquièmes de celle de l'œil gauche. L'iris de chaque œil resta appliqi à la face concave de la cornée. Il ne subsista, par conséquent, aucune trace d'humeur aqueuse. • 1 le malade fut, pendant quatre ans, dans l'état
d'aveuglement le plus complet , malgré les remèdes qui fuient tentés.
L'œil droit ne présentant aucune ressource , je conçus l'idée d'ouvrir une pupille artificielle à la partie supérieure et latérale externe de l'iris de l'œil gauche, tout auprès de la sclérotique, seul endroit où la cornée avait conservé de la transparence dans une très-petite portion de son étendue.
Le i5 avril 1797, je plongeai un bistouri à cataracte dans la cornée et dans l'iris, tout auprès de la sclérotique, en observant de pratiquer l'ouverture de l'iris un peu plus bas que celle de la cornée, afin d'éviter que la vue puisse être gênée par la cicatrice que devait laisser dans la cornée cette incision. J'introduisis ensuite dans cette ouverture une des branches d'une paire de ciseaux droits très -déliés, qui pénétra un peu dans le corps vitré : l'autre branche fut poussée entre la cornée et l'iris, qui, dans cet endroit, était seulement appliquée, mais non collée à la face concave de la cornée; j'enlevai un petit lambeau de l'iris de la grandeur et de la forme à-peu-près d'une graine d'oseille, au moyen de deux coups de ciseaux ; et la vue fut aussitôt rétablie.
Cette pupille s'est conservée depuis plus de trois ans , et rien ne paraît faire craindre aujouri d'hui qu'elle puisse se fermer. Les rayons lumineux entrent immédiatement dans le corps vitré sans traverser le cristallin , qui ne s'étend point
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jusqu'à elle, cl que d'à illcui's loul porte a CTOirC
<i|>;i(jiic dans sou chaton, vu !<• désordre extrême que toutes Les parties de l'œil ont éprouvé lors des suppurations donl elles onl été le siège; aussi la vue est-elle meilleure à l'aide d'un verre à cataracte, avec lequel M. Sauvages lit forl aisément. Ce verre est le plus convexe de ceux dont se servent ordinairement ceux qui ont subi l'opération de la cataracte ; ce qui proin e , sans laisser aucun doute, que le cristallin n'est d'aucune utilité dans cet œil.
Cette observation peut encourager à tenter ce procédé dans certains cas qui paraissent ne laisser aucun espoir. On peut s'assurer aisément, par l'inspection des yeux de AI. Sauvages, aujourd'hui présent à la séance de l'Institut, que tous ceux qu'il avait consultes et qui l'avaient regardé à l'unanimité comme aveugle sans ressource, opinion que j'avais long-temps partagée , étaient en apparence fondés à porter ce jugement.
On trouve dans plusieurs auteurs des exemples de pupilles fermées par différentes causes, et ouvertes par une opération. Elle a été faite par Clieselden et par d'autres. L'iris se détache aussi quelquefois de la sclérotique et de la choroïde , ou se déchire par l'effet d'un coup ou d'abcès de la cornée, dans lesquels elle se trouve engagée et tirée avec force; et il existe des observations qui constatent que des malades ont obtenu plus ou moins de vue par cette pupille nouvelle ,
malgré l'occlusion de la pupille naturelle. J'ai vu plusieurs de ces décollements de l'iris. J'ai quelquefois été obligé, en faisant l'opération de la cataracte , de la faire sortir par une ouverture que j'ai pratiquée à l'iris, lorsque cette membrane était trop adhérente à la capsule du cristallin ; et il en est résulté , dans quelques cas , une pupille nouvelle, qui a subsisté après l'occlusion de l'ancienne , et a servi assez bien à la vision.
D'autres fois j'ai vu le cristallin détacher l'iris de la sclérotique vers sa partie inférieure, et sortir par cette ouverture, qui se conservait et formait une pupille artificielle. Mademoiselle de Chambellan avait, depuis dix-sept ans, une cataracte à l'œil droit, qui avait contracté de si fortes adhérences , que, pendant l'opération que j'en fis, en présence de M. Sabatier, le cristallin, au lieu de sortir par la pupille , détacha l'iris de la sclérotique à sa partie inférieure; je facilitai sa sortie par cette ouverture , après avoir pris l'avis de M. Sabatier. Cette pupille nouvelle a subsisté , et l'ancienne étant restée trouble, par l'opacité de la capsule du cristallin , mademoiselle de Chambellan a vu très-bien depuis par cette ouverture en forme de croissant , l'autre œil ne lui servant à rien (i).
(i) C'est de cette opération dont parle M. Sabatier dans son Traité de médecine opératoire. La figure i , planche 43, représente l'œil de mademoiselle de Chambellan.
KECTI0RV1I : i i \ ,
i on n'a va il point encore pratiqué une in spetite ouverture dans I iris toul auprès de I t n lérotique . lorsque l'œil été enti< remenl privé d'humeur aqueuse, que lin-- a <i< appliqué* l.i i :« i < oncave de la cornée, el que !»• cinquième lemenl <l«- I étendue de cette membrane i tail resté transparu ut j>n s de I. ^< lérotique. Ta\ plusieurs l"is pratiqué une ouverture dans cette même partie «!<• luis, depuis que j'ai Fait <<m<opération a M. Sauvages; mais, pour soumettre ce procédé a l'examen de l'Institut et de la Société de Médecine, j'ai cru qu'il était bon de I. lisser écouler un certain laps de temps, afin que l'on ne puisse pas craindre que cette ouverture vienne à se refermer, crainte que donnait >i petites» . nécessitée par le peu fie place que i "a\ .us pour opérer.
Je propose de pratiquer ainsi dans l'iris une ouverture nouvelle entre le Lord du cristallin et la sclérotique, non-seulement dans les eas qui ont été jugés sans ressource, comme celui de M. Sauvages, pourvu que la cornée ail conservé de la transparence clans une partie de son (tendue, mais encore lorsque le passage des rayons lumineux est intercepté, soit par une cicatrice située dans le centre de la cornée, soit par une adhérence des bords de l'iris à la capsule du crisi illin, soit par l'opacité de cette capsule, et même du cristallin, lorsque la petitesse de la pupille, ou quelques autres i uses, rendent l'extraction
DE LA PUPILLE ARTIFICIELLE. [\?>l
de cette membrane et du cristallin trop difficile.
Les rayons lumineux, en entrant dans l'oeil, éprouvent une première réfraction lorsqu'ils passent de l'air dans la cornée transparente et l'humeur aqueuse : ils en éprouvent une plus grande ensuite en traversant le cristallin ; enfin la contraction et la dilatation alternative de l'ouverture de Fins , connue sous le nom de pupille , en laissent entrer seulement dans l'intérieur de l'organe la quantité suffisante pour que l'image de l'objet se trouve tracée d'une manière distincte sur la rétine. On sait que cette ouverture se dilate à un jour médiocre, et se resserre lorsqu'on expose l'oeil à une lumière plus vive.
Ce qui doit étonner dans le résultat que M. Sauvages a obtenu , c'est qu'il reconnaît une personne à cinquante pas, et que sa vue est très-nette malgré le défaut de mouvement de sa très -petite pupille artificielle, malgré sa situation éloignée du centre du globe, malgré l'absence totale de l'humeur aqueuse , et malgré le défaut de convexité de la cornée qui , ayant été percée à plusieurs reprises par différents abcès, et étant restée couverte de cicatrices blanches dans les quatre cinquièmes de son étendue , se trouve un peu aplatie, même dans la partie qui a conservé de la transparence.
N. B. Au moment où j'écris (1818), M. Sauvages continué à voir parfaitement de son oeil, et il n'a eu aucune rechute d'ophtalmie depuis vingt
|3a m < i i o > \ 1 1 1 , . h v l' i i 1 1 iv, ans. Il est toujours dpmicilié à ll.un, e! raque, comme fermier, aui Boins d'une culture considéi able.
l\si ni r DES SCIENCES ET DES \liis. Classe des Sciences Physiques et Mathématiques,
Extrait des registres de la < lasse . séance «lu iri juillet i<s<><>.
Un membre, au nom d'une commission (i), lit le rapport donl suit l'extrait.
M. Dcmours , membre de L'ancienne Faculté fie médecine de Paris, a lu à la Classe, dans une de ses dernières séances, une observation sur une pupille artificielle qu'il a faite dans un cas de cécité absolue causée par L'obscurcissement de la cornée, et lui a présenté le sujet de cette observation ; depuis trois ans qu'elle lui a été pratiquée, il jouit de l'avantage inappréciable, non-seulement de bien voir à se conduire, mais de discerner parfaitement les objets qu'il a intérêt de connaître, et de lire, avec facilité, au moyen de verres à cataracte. M. Sauvages avait perdu la vue par une ophtalmie sur les deux yeux, qui avait donné lieu à des ulcérations de la cornée, à l'effusion de l'humeur aqueuse, à une
(i) La commission composée de M3I. Cuvier et Sabatier.
adhérence presque complète de l'iris à la cornée, et à une telle opacité de cette membrane, que le passage de la lumière en était totalement intercepté. Il restait cependant un petit intervalle à la partie supérieure et externe de la cornée de l'oeil gauche, qui permettait de voir la partie correspondante de l'iris. M. Demours a pensé qu'en faisant une ouverture en cet endroit, il serait possible de rendre un peu de vue au malade. En conséquence il a plongé un bistouri à cataracte, puis des ciseaux extrêmement déliés, dont une branche a été portée derrière l'iris , et l'autre audevant de cette membrane qui n'était qu'appliquée à la cornée, et il en a emporté un lambeau de la grandeur et à-peu-près de la forme d'une graine d'oseille. La vue a été rétablie à l'instant ; la pupille artificielle, qui venait d'être faite, s'est conservée jusqu'à-présent avec les mêmes dimensions.
On avait ouvert l'iris dans des cas où la pupille était entièrement fermée. Cheselden et Janin ont fait cette opération sur plusieurs sujets; mais la cornée était saine et sans adhérence avec l'iris, et ils ont percé cette membrane à sa partie moyenne vis-à-vis le cristallin, que Janin a toujours trouvé cataracte, et dont il a fait en même temps l'extraction. Ici, au contraire, l'œil était presque entièrement couvert par une tache fort épaisse. Il n'avait conservé de transparence <[ue vers un des bords de la cornée , et il y avait adhérence presque III. 28
I i I SECTIOS \ m i , ( il \ i' i i i: i IV,
totale de la face postérieure «!<• cette membrane .1 l.i face antérieure de I iris. <>n pouvait craindre d'ailleurs qu'une prunelle artificielle, faite dans un Ueu aussi éloigné de celui auquel répond la prunelle naturelle, ne fui pas d'une grande u i ilii<; au malade. Ces difficultés nonl pas arrêté M. Demours ; la dernière Bur-tout lui .1 paru oe mériter aucune attention, parce qu'il a \n plusieurs fois l'iris se détacher, dans une partie de sa circonférence , pour donner issue au cristallin dans L'opération de la cataracte, lorsque la pupille, fort resserrée, s'opposait à la sortie de ce corps; et cette nouvelle pupille subsister et servir fort bien à la vision. La (liasse a été à portée (le juger, par elle-même) du succès de cette opération.
Nous jugeons, en conséquence, qu'elle doit accueillir, conserver, et publier l'observation que M. Demours lui a présentée, comme renfermant une découverte importante , et qui recule, en ce point, les limites de l'art de guérir.
Fait au Palais des Sciences et Arts, le Ier juillet 1800.
Signé Cuviee, Sabatjer.
La Classe approuve le rapport et en adopte les conclusions.
Certifié conforme à l'original.
A. Paris, le 3 juillet 1800.
Signé Delambiw:, secrétaire
Extrait du rapport fait à la Société de Médecine de Paris , par M. Roussille-Chamseru, membre de V ancienne Faculté de Médecine de Paris , et médecin- oculiste , sur V observation de M. Demours , relative à une pupille artificielle.
L'observation lue à la séance de la Société de Médecine, par M. Demours, a été écoutée avec beaucoup d'intérêt. M. Sauvages, malade chez lequel il est parvenu à établir une nouvelle pupille dans l'œil gauche, à la partie supérieure et latérale externe de l'iris, près le disque de la cornée , a été examiné à loisir par différents membres à portée de s'assurer du peu de ressources que cet oeil comportait et du désordre irrémédiable de l'œil droit. En parcourant, dans l'œil opéré, le contour de la cornée devenue généralement opaque , il n'a été possible de reconnaître que vers le haut, et du côté de la tempe, un espace qui eût conservé quelque transparence, et qui pût permettre d'apercevoir une portion saine d'iris assez isolée au-delà de tout ce qui avait été détruit ou confondu dans les parties précédemment abcédées....
Je conclus que l'opération imaginée par M. Demours est nouvelle, en ce qu'elle consiste à procurer une pupille artificielle dans un état de maladie très- compliqué, et dans un point de l'iris très-voisin de la sclérotique, où l'on n'avait jamais songé à l'obtenir.
Signé RoussiLLE - Ch amseru.
|36 s i < i i <• > \ i i i , CHAPITBl IV,
Observation JSq.
Madame M igéc de soixante *dii ans, m
constitution faible, avait été opérée de ta cataracte par extraction aui deus yeux. Il s'était écoulé mi :.n depuis l'opération ; l'œil droil était atrophié; la pupille du i^:i 1 1« I j « ■ , presque oblité rée, <;i;ui irrégulière, el obstruée par un mucus blanchâtre. Je la lis saigner du pied, et, une heure après, je plongeai une lance de Daviel dans la cornée, au -dessous de la cicatrice «le l'incision qui avait été faite à cette membrane. <>n voit, pi. 43 j fig- a, une ligne ponctuée qui indique l'ouverture résultanl de mon incision : j'avançai, en pénétrant dans l'iris, une demi-ligne audessous de l'ancienne pupille. Dans l'instant il parut une goutte de sang, au milieu de laquelle une petite bulle d'air présentait un point trèsnoir, parce qu'elle était située en face de la nouvelle pupille. La malade vit très -distinctement pendant six secondes, après lesquelles la bulle disparut, et la goutte de sang continua à cacher la pupille artificielle. J'introduisis une curette déliée dans la chambre antérieure; le sang s'écoula, et je vis la nouvelle pupille. Elle avait àpeu-près la forme de celle que Ton voit pi. 44 > fiff. 3. Je Us faire le soir une seconde saignée du pied. Les douleurs furent légères. Le lendemain l'œil était peu rouge; la pupille était dimin de diamètre : on voyait un peu de sang en dis
DE Li PUPILLE ARTIFICIELLE. 4^7
solution au bas de la chambre antérieure. La vue était assez bonne; mais le quatrième jour, l'ouverture faite à l'iris était fermée , et la malade ne voyait plus. Deux mois après, j'opérai de nouveau cet œil, en me servant du même procédé : je portai, de plus , la pointe d'une des lames déliées d'une paire de ciseaux dans la pupille artificielle, que j'agrandis par en haut au moyen de deux coups de cet instrument, en la confondant avec le peu qui restait de l'ancienne. Une saignée du pied, faite le soir, n'empêcha pas l'œil d'être beaucoup plus enflammé que la première fois, et la pupille nouvelle ne se ferma point ; mais resta irrégulière et trouble. La malade ne vit que peu , c'est-à-dire à- peine pour se conduire.
Observation 460.
M. d'A**% âgé de trente -neuf ans, bilieux et sanguin, avait deux cataractes. Celle de l'œil gauche fut extraite à Bordeaux en 1790, celle du droit, à Périgueux, un an après. Le résultat ne répondit point à l'habileté des deux opérateurs. Mon père fut consulté. Il y avait deux ans que la dernière opération avait été faite à l'œil gauche. L'iris était adhérente à la cicatrice; la pupille, allongée, conservait assez de largeur ; mais elle était obstruée par les débris opaques de la capsule du cristallin. Le malade apercevait, de cet œil, les gros objets à une lumière faible , lorsque la pu-
|38 BZCTIOII \ m i , < il \ I- 1 i i. i i \ ,
pille, en Be dilatant, admettait quelques rayons lumineux.
L'étal de l'oeil droit < • i .- » • t semblable; seulement l.i pupille, un peu plus allongée, était aussi un peu plus rétrécie, et l'opacité de la membrane était plus blanche. Cet oeil ne jouissait pas mémo de la faculté de distinguer les couleurs. Ces deux yeux étaient, à-peu-près, dans l'état <!»• ceux que Ton voit pi. 46, 6g. 3, et pi. 47 1 &%• '■
Un praticien très -exercé <l<- la capitale nt une incision à la cornée de l'œil gauche avec la lance de Daviel, puis divisa la membrane opaque avec li pointe d'un bistouri dont la lame était trèsétroite. Il introduisit ensuite dans cette ouverture l'extrémité d'une petite pince (pi. i5, fig. 1), pour essayer de tirer la partie de la membrane opaque située du côte du grand angle; et, trouvant beaucoup de résistance, il n'osa pas insister dans la crainte d'occasionner la désorganisation de L'oeil. Un des consultants essaya à son tour, tenta aussi de retirer l'autre moitié, située du côté du petit angle, et fut arrêté par la crainte de nuire. Le malade fut saigné trois fois. Apres son rétablissement, il vit à se conduire. Cependant les adliérences de l'iris à la cornée étaient augmentées de celle qui avait eu lieu entre ces deux membranes à la suite de la nouvelle opération, ce qui avait encore rétréci la chambre antérieure; mais il y avait, dans la capsule opaque.
au milieu de la pupille, une fente noire verticale. Quinze jours après, l'œil droit fut opéré; l'iris fut seulement détachée de la cornée, et, par le même mouvement du bistouri, un peu divisée. M. d'A*** vit, sur-le-champ, l'heure à une montre. Le dixseptième jour, cette pupille artificielle se ferma..- Peu de temps après, cet œil fut opéré de nouveau. On fit, à l'iris, une incision perpendiculaire à une distance égale de son bord externe et de son bord interne : le malade fut encore saigné trois fois après cette opération. Il vit un peu pendant quatre mois. On apercevait une pupille oblongue verticalement. Elle se ferma de nouveau d'une manière graduelle; celle de l'œil gauche subsista plus long - temps ; mais la vue en était aussi à -peu -près nulle. Il y avait onze mois que cette dernière pupille avait été ouverte, et elle s'oblitérait peu-à-peu , lorsqu'on la prolongea à Bordeaux par une légère opération, qui ne produisit qu'une amélioration passagère , quoique parfaitement exécutée.
Le malade resta aveugle pendant dix-huit mois. Je fus alors appelé auprès dePérigueux, pour tenter une pupille artificielle, malgré le peu d'apparence de succès. La chambre antérieure de l'œil droit était effacée; on apercevait encore un peu d'humeur aqueuse derrière la partie supérieure de la cornée restée assez transparente; plus de la moitié inférieure de cette membrane était opaque; un vaisseau sanguin venait de la partie
I l<> si ( i i (. -s VIII, OHAPITBl i \ .
inférieure et externe «lu globe el bc ramifiai! finis ce leucoma. L'iris, détruite à sa partie inférieure, ii confondue avec la lace postérieure de la cornée, était adhérente à cette face, e! n<- s'en éloignait un peu que vers le milieu de la portion restée transparente. Les yeui étaienl légèrement douloureux au toucher J'incisai la cornée a m partie supérieure; cette incision fut douloureuse. Je portai la pointe du bistouri vers la partie 1 1 • IV-rieure de !;i portion visible de l'iris; la pointe pénétra d'une ligne ou environ. Cette petite incision ayant été entièrement cachée par une goutte «le sang très-pur, je ne pus agir qu'au hasard en cherchant à l'agrandir avec une paire <l<- ciseaux à lames très- déliées, et sans avoir <]<• plan bien fixe.
La pi. 44> fig- 3, représente l'œil dans l'étal où il était un mois après L'opération. Le vaisseau qui se distribuait dans le leucoma était triple de volume. On voyait dans la nouvelle pupille quelques points d'opacité qui n'étaient pas assez étendus pour être la seule cause du peu de vue dont jouissait M. d'À***. Il était évident que les parties intérieures du globe, et notamment la rétine, fatiguées par toutes les opérations et les traitements auxquels on avait eu recours, étaient, en partie, désorganisées. Cependant, il était en étal «le se conduire seul. Ce bénéfice se perdit peu-àpeu : je fus appelé neuf mois après pour faire la même opération à l'œil gauche.
Je trouvai la pupille artificielle du droit presque entièrement effacée; une phlegmasie latente, mais à -peu -près continuelle, avait diminué la transparence de la partie supérieure de la cornée. L'œil gauche avait la cornée un peu protubérante, et entièrement opaque dans les deux tiers inférieurs de son étendue. Cet œil présentait si peu d'espoir de succès, que peut-être il eût été mieux de ne rien tenter; mais le malade demanda un nouvel essai. La ligne blanche, obliquement perpendiculaire (pi. 44? fig- 2)î indique la cicatrice d'une des opérations que cet œil avait subies.
Je fis à la cornée, avec un bistouri à lame étroite, une petite incision désignée par la ligne blanche courbe. C'était le seul point où un peu d'humeur aqueuse tenait l'iris éloignée de la cornée : ces deux membranes étaient appliquées l'une contre l'autre vers les points où j'aurais préféré pouvoir pénétrer. La portion d'iris restée saine était extrêmement tirée vers la partie opaque de la cornée, à laquelle elle était adhérente. Je ne pus rien faire de plus que plonger trois fois le bistouri dans la partie inférieure de cette portion d'iris. Par la rétraction de ses fibres, il se forma subitement la pupille obliquement transversale que l'on voit dans la figure; elle parut d'abord blanche par la présence de quelques débris opaques de la membrane hyaloïde ou de la capsule du cristallin, qui adhéraient à la face postérieure de l'iris : je les saisis avec une pince, et
M' S I ( I I ■> N \ I I I , < Il \ 1> I I l! I IV,
j'en fil aisément I extraction, <|ui excita cependant une vive douleur. Malgré la présence d'un peu «le sang, «ni nii bien la nouvelle pupille, el le malade aperçu! ses doigts <ln côté du grand angle, d'une manière très-nette. Pendant l'opéra bon, l'œil avait toujours été dans un état convulsif. Il sortit, à m\ reprises différentes, <lu corps
Vitré, et les dei unies perles (le celle humeur icii-
direnl la pupille plus noire. Il n'\ eut point <1« douleurs à la suite <!<• l'opération : il y eu avait eu de très-fortes après l'opération de l'œil droit
Tout taisait espérer que M. d'A*** jouirait enfin du fruit de tant <le persévérance; mais, après quelques mois, la nouvelle pupille se rétrécit, et
la vue, d'abord assez lionne, diminua tellement, que le malade se trouva avoir peu gagné.
Observation 46 1 .
Mademoiselle A***, âgée de trente-huit ans, d'une constitution débile et irritable, avait deux cataractes. L'extraction de celle de l'œil gauche ne présenta rien de particulier. Lorsque l'incision de la cornée du droit fut pratiquée, un mouvement convulsif des muscles du globe occasionna une déchirure assez étendue à la partie inférieure de 1 iris , dans laquelle on vit le bord inférieur du cristallin; je pressai légèrement la partie supérieure du globe, et le corps opaque sortit contenu dans sa capsule qui était intacte, et avait conservé sa transparence. Ln pupille na-
turelle s'oblitéra; mademoiselle A*** vit par la nouvelle pupille; mais non pas aussi bien que de l'autre œil. On voit, pi. [\i , fig. 3, l'état de l'œil droit un mois après l'opération. Voyez ci-dessus, page 429 du présent volume , l'observation analogue de Mademoiselle de Chambellan.
Observation 462.
Je fis l'extraction de deux cataractes, au commencement de février 181 3, à M. G***, âgé de soixante-un ans, doué d'un tempérament bilieux. Ces deux opérations furent heureuses, et les six premiers jours s'écoulèrent sans accident; le septième, un gonflement goutteux se manifesta à l'articulation du pied droit : déjà il y avait eu de la douleur depuis deux ou trois jours; le malade était sujet à la goutte. Le huitième, une métastase subite sur les yeux donna naissance à une ophtalmie qui passa promptement au degré du chémosis, malgré l'emploi des sangsues et de tous les moyens antiphlogistiques. Un épanchement de matière puriforme eut lieu dans la chambre antérieure de chaque œil; les bords des cicatrices devinrent troubles; et les cornées formaient une protubérance vers leur bord inférieur. De puissants sinapismes ayant rappelé l'irritation goutteuse aux deux pieds, les accidents diminuèrent rapidement; mais les débris des capsules devinrent blancs ; les pupilles restèrent allongées par l'adhérence de leur bord inférieur avec la partie
III AICTIOH y i i i . < n \ r l 'i n r: i \ .
dei cm ic opaque de L'ane el de L'autre cornée. I • pi. J6, li^r. '» ; el /i7, (i^. i , représentent les yeux de M G***. L'œil droit ne conservait plus de traces de phlegmasie , lorsque, le \ mars, je plongeai dans la cornée de cet oeil) ven son bord externe} un bistouri pi. m, li^ \ dont la pointe me servit à détacher de la face concave <1«' cette membrane la partie inférieure du bord libre de lins, manœuvre simple, et <|ui m'a réussi un assez grand nombre de fois. J'espérais que I ms, extrêmement tendue vers ce point, se retirerait assez pour que la pupille, agrandie à sa partie supérieure, pût admettre une certaine quantité de rayons de lumière au-dessus de la capsule, dont L'opacité pouvait diminuer, plus ou moins, avec le temps. La ligné blanche verticale désigne le lieu «le l'incision, aussitôt j'introduisis entre les paupières quelques gouttes de solution aqueuse d'extrait de belladone; moyen que j'emploie toutes les fois qu'il est nécessaire de combattre un ntrécisseraent de la pupille. Celle ouverture fui doublée, en effet, de diamètre; mais L'opacité se trouva si étendue, que le malade ne gagna que très-peu , et cet œil, susceptible dune nouvelle opération, est resté , jusqu'au moment où j'écris, dans un état tel, que M. G"** n'en voit pas assez pour pouvoir se conduire.
Vingt-cinq jours après, je plongeai le même bistouri à la partie supérieure de la cornée de l'œil gauche, au point désigné par la ligne blanche
transversale. Sa pointe pénétra d'une ligne ou environ dans le milieu de l'opacité que présentait la pupille , devenue ovale.
J'écartai, en tâtonnant un peu, avec l'aiguille de Scarpa, les bords divisés de la membrane opaque, en les poussant derrière l'iris, tant vers le bord supérieur de la pupille que vers son bord inférieur. Cette dernière manœuvre était beaucoup plus facile que la première, par laquelle je ne pus déplacer que très -peu l'obstacle; mais la pupille devint noire à sa partie inférieure , et M. G*** vit bien ; il lit aisément avec le secours d'un verre convexe, quoique la cornée ait conservé un peu d'opacité à sa partie inférieure. L'opération avait été fort douloureuse. Il survint subitement un gonflement oedémateux qui dura huit heures, et me fit craindre la perte de l'oeil. La paupière supérieure était tuméfiée; la conjonctive paraissait entre les paupières.
M. G*** s'était refusé à la saignée à toutes les époques. Je fis appliquer sur le pied gauche, en ma présence, douze sangsues très-grosses, et j'allais en faire augmenter le nombre , lorsque je m'aperçus qu'elles excitaient à la peau un gonflement si considérable et qui devint. si douloureux, que je provoquai leur chute.
Il se fit , dans la nuit , un dépôt lymphatique sous les piqûres ; la peau s'ouvrit , et fut détruite dans une étendue de plus de deux pouces en carré. Le gonflement de l'œil avait disparu au
446 BEÇTIOB VIII, CHAPITRE I V,
moment même de l'application des sangsues. J 'ai attribué, sans bésiter, la guérison de M. (.'" .1 relie métastase artificielle el à la suppuration qui mi lieu sur le pied pendant près «le (Jeux mois
Observation '|(33.
Le sieur I'"', âgé de cinquante-deux ans, d'une constitution très-faible, avait été opéré sans suc« ces de la cataracte à l'œil droit : les humeurs de l'œil étaient confondues par suite de l'extraction du cristallin.
11 vint me consulter pour une cataracte à Ko il gauche compliquée de rétrécissement de la pupille et d'adhérence du bord de l'iris à la capsule du cristallin. On voit cet œil pi. /j5, fig. 1. Là ligne ponctuée verticale indique le sens dans lequel, après avoir fait l'incision de la cornée, je divisai, d'un coup de bistouri, la partie inférieure de L'iris. Le cristallin sortit difficilement mais heureusement, par cette ouverture. Avant de me déterminer à inciser l'iris, j'avais essayé de détruire les adhérences qui existaient entre le bord de cette membrane et la capsule du cristallin. Ces essais avaient excité beaucoup de douleurs, de la même nature, selon le rapport du malade, que celles qui, deux ans auparavant, avaient précédé et accompagné la formation de ces adhérences pendant le cours d'une ophtalmie interne , survenue par l'impression d'un froid des plus vifs sur cet œil. Dès que le cristallin fut
sorti, la pupille parut trouble, mais principalement dans quelques points correspondants à de petites opacités de la partie antérieure de la capsule : on en distinguait quelques autres moins blanches. Ces dernières étaient dues à quelques légers débris de la couche extérieure du cristallin , que je n'osai point extraire , à l'aide de la curette, dans la crainte d'entraîner la destruction du globe. Le malade aperçut quelques objets.
L'emploi des saignées et du régime le plus antiphlogistique ne put empêcher une ophtalmie très -forte, qui fut suivie de l'occlusion de la pupille.
Le malade, découragé, resta aveugle pendant onze mois, après lesquels il se détermina à tenter le hasard d'une nouvelle opération.
L'iris de l'oeil gauche était extrêmement tirée vers la cicatrice de l'incision que j'avais faite à la cornée.
Je plongeai le bistouri à la partie supérieure et un peu externe de la cornée, au point désigné par la ligne blanche, courte et inclinée (pi. 45, fig. 2.). La pointe pénétra dans l'iris à sa partie inférieure interne, et l'instrument fut à peine retiré, qu'un mouvement violent et convulsif des muscles du globe fit sortir un flot de corps vitré qui agrandit l'incision de l'iris. La rétraction des fibres de cette membrane et la sortie de deux autres petits flots de corps vitré la mirent
448 6BCTI0B \ i i i , < il \ f i i r. i iv,
dans l'état ou <»n l.i çoit dans la figure, et le ma lade \ h bien sa main.
\n bout de quarante • huil beures, l'œil étail peu rouge, mais la pupille était à-péu-près iermée. Cependant le douzième jour il voyait le mouvement de ses doigts.
Le vingtième jour, je plongeai «le nouveau le bistouri dans la cicatrice, au même point super rieur et un peu externe de la cornée, et de -là immédiatement dans l'iris à sa partie moyenne et externe. Cette dernière incision excita de la douleur. Il n \ en avail poinl eu lors de l'opération précédente. Il ne sortit pas cette lois de
corps \ilré; mais Le sang que donna l'iris me cacha L'effet <lc L'incision faite à cette membrane; et je crus devoir confier le reste aux efforts delà nature. J introduisis dans l'oeil quelques gouttes de sol ni ion aqueuse d'extrait de belladone, moyen auquel j'ai ^\n beaucoup de succès, depuis, dans les cas semblables, et dont l'effet est évidemment de diminuer la tendance de la nouvelle pupille à se resserrer.
Après le rétablissement, il resta dans ce poinl une ouverture à l'iris. On la voit dans la figure. Les quatre cinquièmes inférieurs de cette pupille artificielle sont obstrués par la capsule opaque. La partie supérieure, quoique libre, présentait un peu de nuage situé profondément, et la vue, d'ailleurs gênée par l'extrémité inférieure de la
cicatrice placée au-dessus, à la partie supe'rieure et un peu externe de la cornée, n'a jamais été dans un état très-satisfaisant. Le sieur P*** n'a joui que de la faculté de se conduire seul, et les années ont apporté peu de changement à sa situation.
Observation 464-
M. T***, âgé de soixante-sept ans, d'un tempérament sanguin et irritable, avait été opéré sans succès de la cataracte aux deux yeux par extraction. L'oeil gauche ne présentait aucun espoir. Le centre de la cornée de l'œil droit avait été rompu par un abcès trois mois après l'opération, et était couvert par une cicatrice, comme on le voit dans la planche 45, figure 3, qui représente cet œil. La partie centrale de l'iris était tirée également de toutes parts vers cette cicatrice , à laquelle elle était adhérente. La face antérieure de cette membrane était appliquée à la face concave de la cornée, et il n'y avait un peu d'humeur aqueuse que vers la partie supérieure de la chambre antérieure presque entièrement oblitérée.
Je fis, à la partie supérieure de la cornée, une incision indiquée par la ligne blanche demi-circulaire. J'incisai en même temps l'iris avec la pointe du bistouri. 11 en résulta la fente noire que l'on aperçoit au-dessus du le u coma, et, quoique placée peu favorablement, cette pupille permit au malade de distinguer les objets qu'on
I m» ■ i <• i M) \ VIII, CH APITR] iv,
lui pi i enta. Je u emploj .us point encoi «• la !"•!larlone. \a < accidente furent légers, el cependant la pupille nouvelle se ferma, en grande partie. i i \ m. tième jour, i incisai l.i cornée un peu |»lws . i , sin\ .mi la ligne ponctuée, < l je portai en* Miiic la pointe «lu bistouri dans le même point de l'iris, en allongeant un | » * - 1 1 l'incision de cette membrane à droite et ;i gauche. ( 'et t «• fois il resta une pupille qui lui promptement dans I état où on la m mi. i .{< malade i il tout, excepté à lire.
Deux mois après, je reçus la lettre dont Suit
l'extrait.
« J'ai cru, pendant quelque temps, que je touchais au moment désiré de pouvoir vous traoei de ma main l'état de ma vue. En effet , j'ai éproui é des changements heureux à mon retour chez moi .l'ai passablement vu; j'ai distingué les couleurs, les figures; j'ai vu l'heure à ma montre : je me suis promené sans être conduit. Mais ma satisfaction n'a pas été de longue durée. Depuis environ un mois, je perds graduellement tous ees avantages : je ne vois plus qu'à travers un nuage qui s'épaissit ehaquejour. Un nouveau rideau semble reparaître dans mon œil : j'en suis autant alarmé que j'avais été enchanté du résultat que j'avais obtenu... » T"
A'. B. La vue de M. T*' * n'a pas éprouvé de diminution ultérieure; mais il n'a pas recouvré le degré de clarté dont il avait joui pendant quelques semaines, avec trop peu de précautions.
Observation 465,
M. de N**% âgé de quarante -deux ans, d'une constitution très- débile dès son enfance, était aveugle depuis vingt ans par l'effet d'une ophtalmie. La pi. 46, fig. 2, représente l'œil gauche dans l'état où il était un mois après 1 opération dont je vais rendre compte. L'œil droit ne présentait aucun espoir ; le gauche en présentait bien peu; mais je venais de faire la pupille artificielle du sujet de l'observation 4^7. Le malade était venu en France pour me prier de faire une tentative : M. Sabatier m'engagea à la hasarder. La pupille était fermée à-peu-près complètement: on voyait, à travers le peu de traces quelle avait laissées, que le cristallin était opaque La cornée était couverte d'un leucoma du côté du grand angle. Il n'y avait plus, derrière cette membrane, d'humeur aqueuse vers ce point, et il n'y en avait que très-peu dans le reste de son étendue. 3e lis une incision à la cornée , près de son bord externe, et l'iris y fut comprise. J'aperçus le bord opaque du cristallin. Je pressai légèrement le globe du côté opposé, et la lentille sortit, diminuée de volume d'un tiers au moins. Il resta, dans le centre de l'incision faite à l'iris, une petite pupille artificielle de la grandeur de celle de la fig. 1 , pi. 44- Je demandai au malade s'il voyait. Sur sa réponse négative, je donnai deux coups de ciseaux entre l'incision de 1 iris et lan-