CHAPITRE SIXIÈME. I /|I
je promenais l'extrémité du doigt sur les fongosités de la conjonctive, ou lorsque je renversais la paupière.
J'emportai avec des ciseaux courbes toute la portion fongueuse de la conjonctive, et je couvris la plaie d'un plumasseau enduit de cérat etd'huile, que je fixai par une bande. Je levai cet appareil au bout de quatre jours; la paupière était déjà sensiblement relevée; le jour suivant, la suppuration s'établit dans toute l'étendue de la plaie; la paupière resta station naire pendant une semaine, mais ensuite on la vit remonter progressivement en suivant les progrès de la cicatrice. Elle reprit sa position naturelle.
Pendant tout le cours du traitement dont la durée fut d'un mois environ, je n'employai à l'extérieur que des lotions avec l'eau d'orge et le miel rosat; de temps en temps je cautérisai la plaie avec le nitrate d'argent pour réprimer les granulations ; la malade se trouva bien de l'usage intérieur d'un électuaire composé avec le quinquina et Vèlhiops antimoniaL
Quand la plaie fut cicatrisée , je soumis la malade à Fusage de l'onguent ophtbalmique de Janin pendant quelques semaines , afin de fortifier les vaisseaux variqueux de la conjonctive. Cette précaution eut le plus heureux succès. Mlle Mileri ne recouvra pas la vue du côté droit ; un nuage très-étendu s'y opposait; mais au moins
elle se trouva débarrassée de la gène et de la difformité que lui causait son ectropion.
Vingt- troisième observation.
Un paysan, âgé de 38 ans, eut un érysipèle j de la face accompagné d'un gonflement énorme de la paupière supérieure gauche; un abcès se forma et s'ouvrit dans trois points différents, au niveau de l'arcade surciliaire. Le chirurgien du malade voulant accélérer la guérison, agrandit les ouvertures qui donnaient issue au pus; mais soit qu'il eût excisé une portion des téguments de la paupière supérieure, soit que le pus lui-même en eût trop désorganisé, on vit cette paupière, à mesure que la plaie se cicatrisait, se porter en haut, et s'écarter du globe de l'œil. La conjonctive palpébrale, long-temps soumise au contact de l'air, se boursoufla et finit par dégénérer en une substance fongueuse. Je plaçai le malade comme si j'avais dû lui faire l'opération de. la cataracte; à l'aide d'un petit bistouri convexe, je détachai toute la portion fongueuse de la conjonctive palpébrale, de l'angle externe à l'angle interne de l'œil, sans intéresser le point lacrymal supérieur ; puis la soulevant avec des pinces, je la séparai entièrement de la face interne de la paupière et l'excisai très-près de l'endroit où elle se jette sur le globe de l'œil pour