LÉSIONS TRAUMÂTIQUES DE L'ORBITE
Les blessures de l'orbite sont le plus souvent produites par dés instruments piquants, des tiges rigides, qui, grâce à leur forme allongée, s'introduisent facilement dans cette cavité. La pénétration peut se faire dans toutes les directions, mais elle a généralement lieu d'avant en arrière. Si les parois de l'orbite, surtout la supérieure, sont traversées, l'instrument, s'enfonçant plus ou moins profondément dans le crâne, vient léser le cerveau ou ses enveloppes.
L'œil n'est pas toujours fatalement atteint; sa niobilité, sa forme arrondie, sa résistance, plus ferme que celle des parties environnantes, lui permettent d'échapper souvent aux atteintes de l'instrument vulnérant. Mais d'autres parties importantes, telles que le nerf optique, les nerfs moteurs et sensitifs, les muscles de l'œil, Vai'tère et la veine ophthalmique, sont parfois intéressées.
Ces plaies se compliquent fréquemment de la présence de corps étrangers de diverse nature : des éclats de verre, d'acier, des fragments de tuyaux de pipe, de fleurets, de tringles, de couteaux; le bout d'une canne, d'un parapluie ont été trouvés dans l'orbite.
Tantôt le séjour de ces corps étrangers provoque une inflammation rapide ; tantôt la suppuration est tardive et l'élimination ^^^r>\K. Mal. des yeux. \
ne se fait qu'à la longue. Marchetti trouva au centre d'un abcès volumineux de la voiite palatine un morceau d'éventail qui avait pénétré trois mois auparavant dans l'orbite. White parle d'un malade qui, au bout de deux ans, rejeta parla bouche deux fragments de tuyau de pipe. D'autres fois, les corps étrangers s'enkystent et séjournent indéfiniment dans la cavité orbitaire sans provoquer d'accident.
L'importance et la variété des désordres qui accompagnent les plaies de l'orbite en rendent le pronostic toujours sérieux. Il ne faut pas se prononcer trop à la hâte ; l'instrument vulnérant sera examiné avec soin ; on recherchera s'il a été rompu, et si quelque fragment est resté dans la plaie. Il faudra aussi tenir compte de la direction, de la profondeur de la blessure. La paroi supérieure de l'orbite est-elle traversée, des vomissements, des convulsions, du délire ; en un mot, des troubles cérébraux graves éclatent-ils peu de temps après l'accident, la lésion du cerveau et une terminaison fatale seront à craindre.
Les déplétions sanguines locales (sangsues, ventouses, etc.), l'application continue de compresses glacées, quelques dérivatifs sur le tube intestinal, etc., conviendront tout d'abord. On procédera à la recherche des corps étrangers aussitôt que possible, avant que le gonflement inflammatoire ait rendu cette exploration trop difficile. Les débridements nécessaires seront pratiqués dans le cas d'étranglement ou de phlegmon. Les corps étrangers sont quelquefois si solidement fixés dans les parties osseuses, que leur extraction exige de vigoureux eff'orts. Mackensie rapporte que Fritz (de Prague) fut obligé de se servir d'un étau à main pour enlever un fragment de lime implanté dans l'orbite.
Les fractures de l'orbite sont le résultat d'une contusion directe ou d'un contre-coup. Dans ce dernier cas, le mécanisme de leur production est analogue à celui des fractures de l'étage antérieur de la base du crâne, qu'elles accompagnent du reste assez souvent.
Elles consistent tantôt en une simple fente ou fissure, tantôt en un délabrement considérable de la paroi osseuse avec détachement d'une ou de plusieurs esquilles. Ces dernières sont toujours les suites d'une contusion violente directe.
Les fractures par contre-coup, fractures irradiées d'Aran, s'accompagnent d'une ecchymose que les chirurgiens ont décrite avec soin, en raison de son importance séméiologique dans le diagnostic des fractures de la base du crâne. Cette ecchymose n'apparaît ordinairement que trente-six heures ou quarante-huit heures après l'accident. Elle se montre d'abord à la paupière inférieure. e1
. PHLEGMON DE I/OREITE. 3
plutôt du côté de la conjonctive que de la surface cutanée. Enfin, d'après Denonvilliers, elle serait précédée d'une infiltration sanguine de la conjonctive bulbaire. Ces caractères empêcheront de la confondre avec l'ecchymose, qui est le résultat d'une simple contusion des paupières ou du globe oculaire.
Felizet a montré, cliniquemeilt et expérifflentalement, qiie le maxillaire supérieur est toujours fissuré dans les cas" de fracture de rétage antérieur intéressant l'orbite ët que Cette fêlure se trahit par une douleur révélée à la pression du doigt introduit dans la bouche au-dessous de l'apophyse malaite du maxillaire. Gé signe serait plus constant encore que l'ecchymose sous-conjonctivale dont il précéderait l'apparition.