PAUPIÈRES. — CONJONCTIVE. — APPAREIL LACRYMAL
Développement des paupières. — Th. Ewetzky1 divise le développement des paupières en trois périodes : l'une courte, correspondant aux premières assises de ces voiles membraneux; l'autre plus longue, pendant laquelle, les paupières restant soudées, les cils évoluent ainsi que de nombreux appareils glandulaires; enfin une dernière où s'établit la fente palpébrale, ce qui a lieu à la fin de la grossesse et chez certains animaux après la naissance.
Sur un embryon de veau de 10 millimètres, le globe fortement saillant est entouré à sa base d'un ourlet mésodermique qui représente l'origine des paupières. En bas et en dedans, ce repli offre un sillon qui sur les embryons de 20 millimètres fait le tour du globe, et peut être envisagé comme le fornix primitif. Sur ceux de i cent. 1/2, apparaît la troisième paupière sous la forme d'un pli mésodermique situé vers la partie nasale du fornix. En même temps, par suite de rallongement plus rapide de son diamètre vertical, le globe d'ovalaire devient à peu près sphérique, la cornée s'aplatit et les angles coinmissuraux se prononcent. Tout le fornix, y compris la troisième paupière et les bords palpébraux, sont tapissés par la plaque cornée de l'ectoderme, ainsi que KôTliker l'a établi le premier. Ce feuillet se compose de deux plans de ce'lules dont les profondes sont cylindriques, les superficielles rondes ou aplaties. Par leur prolifération
i. Eweizkï, Arch, f. Augenh., VIII, p. 505, 1879.
concentrique, elles unissent les paupières entre elles et concourent à leur développement en hauteur. Lorsque ce symblépharon évolutif manque, elles restent courtes ou ne se développent pas, d'où ablépharie. La seconde période comprend des changements importants ayant pour résultat l'organisation des éléments constitutifs des paupières.
Sur des embryons de 6 centimètres, la base des replis palpébraux semble se continuer avec la circonférence de la cornée; ultérieurement, par un processus qu'on ignore, elle se reporte en arrière, plus en haut et en bas que vers les commissures ; de là résultent l'établissement des culs-dc-sac et la formation de la future conjonctive bulbaire. En admettant le non-recul du fornix, il s'ensuit un symblépharon congénital par arrêt de développement. Ou voit d'après cela que v. Ammoii a été trop exclusif lorsqu'il attribue le symblépharon congénital à un processus inflammatoire intra-utérin.
Sur des embryons de 10 centimètres, on distingue déjà des libres de l'orbiculaire, puis le tissu conjonctif, surtout en arrière où vont se développer les tarses et la conjonctive palpébrale.
Les délinéaments des glandes de Meibomius apparaissent sur les
embryons de 8e, 5, sous l'aspect de petits amas épithéliaux formés de cellules rondes au centre et cylindriques à la périphérie, qu'entourent les éléments mésoderiniques en voie de prolifération. L'évolution ultérieure est représentée par les figures 260 et 261, où l'on voit le cône épithélial s'enfoncer de plus en plus dans le mésoderme. Sur des embryons de 25 centimètres, les cellules centrales éprouvent la transformation graisseuse, et peu de temps avant l'ouverture des paupières le cylindre épithélial est pourvu d'une lumière très nette. Les bourgeons latéraux évoluent de la même façon et constituent les acini meibomiens.
Les follicules des cils se forment chez l'embryon de 6 centimètres, de la façon indiquée pour les glandes nieibomiennes. Ultérieurement, la colonne épithéliale entourée d'un stratum mésodermique s'enfonce de plus en plus, et sur les embryons de 16 centimètres les cellules rondes centrales s'éclaircissent pour subir la métamorphose grais-
Evolution des
FiK. '281.
landes de Meibomius à deux périodes différentes.