PREFACE
Le traité d'ophtalmologie que nous publions est le fruit d'une longue étude, poursuivie dans les salles d'hôpital, dans l'enseignement clinique et au laboratoire. Nous avons mis largement à contribution la riche littérature ophtalmologique des principaux centres scientifiques, pensant que le temps où l'on voulait assigner des frontières à la science est à jamais passé.
Les conditions que doit remplir un ouvrage didactique sont, avant tout, la concision et la clarté, la recherche, sans parti pris, de la vérité scientifique, et la maturité du jugement, fondée sur une vaste expérience qui seule permet à l'auteur de discerner le vrai du faux et de juger chaque chose à sa valeur. De là découle l'unité de l'œuvre, à laquelle les meilleures collaborations ne sauraient suppléer.
Un pareil programme est on ne peut plus difficile à remplir, et nous ne nous flattons pas d'y avoir réussi. Si nous avons entrepris cette tache, c'est pour satisfaire au désir maintes fois exprimé par les élèves, de graver nos idées personnelles sur les divers points de la science ophtalmologique.
Nous nous sommes surtout attaché à approfondir la clinique et le côté opératoire. Il ne pouvait en être autrement, l'anatomie et la chirurgie générale ayant été pendant plusieurs années le terrain favori de notre enseignement, aux hôpitaux et à l'École. Nommé professeur complémentaire et depuis quinze ans titulaire de la chaire de clinique ophtalmologique de la Faculté à l'Hôtel-Dieu, nous n'avons jamais perdu de vue les principes de la pathologie générale.
Pénétré de l'importance de la spécialisation en médecine.
il PRÉFACE.
nous n'avons ménagé ni temps, ni peine. Un volume de leçons cliniques, la publication commencée sur divers points de l'anatomie pathologique de l'œil et que nous nous proposons de continuer; plusieurs travaux de laboratoire inspirés ou faits par nous; la part prise à la fondation des Archives d'ophtalmologie, parvenues à leur quatorzième année d'existence, et le présent ouvrage, témoignent de notre désir de contribuer au développement de celte branche.
Nous espérons que, sous peu, l'ophtalmologie aura parmi nous des représentants nombreux et attitrés, aussi bien à l'École que dans les hôpitaux. De la sorte la France redeviendra le foyer qui a jeté tant d'éclat sur le xvme et la première moitié du xixe siècle. Pour y parvenir, un labeur incessant et, d'après la belle devise de notre Société de chirurgie : «la vérité dans la science et la moralité dans l'art », sont indispensables.
Qu'il nous soit permis de remercier publiquement l'éditeur, M. G. Masson, d'avoir bien voulu ne rien négliger pour l'impression de ce livre. S'il est destiné à réussir, une part réelle lui reviendra.
Paris, te 1er mars 1894.
PANAS.