E. — ATROPHIE DE L'IRIS
L'atrophie de l'iris n'est jamais primitive. Elle succède habituellement à l'iritis chronique compliquée de synéchies ou de staphylome. L'iris, fortement refoulé en avant, contracte des adhérences et se réduit à la couche pigmentaire, qui forme derrière la cornée une sorte de placage. Ailleurs, la couche uvéenne mise à nu, par suite de la disparition du stroma, fait saillie dans la chambre antérieure et peut en imposer pour un sarcome mélanique.
Les noms de staphylomes de l'uvée. (Mackenzic) et (Viridoncosis (Klemmer), proposés pour désigner cet état, ne méritent pas d'être conservés, vu qu'il s'agit d'un processus atrophique et non d'une hyperplasie.
Lorsque l'atrophie est totale par places, il se produit une ou plusieurs éraillures qui simulent le colobome, ou des pupilles supplémentaires. A un degré plus avancé, l'iris, réduit à son réticulum, laisse voir par transparence le cristallin, souvent cataracte. Cet état se rencontre fréquemment dans le stade ultime du glaucome et s'accompagne ordinairement d'altérations sclérosiques des vaisseaux, ainsi que l'ont démontré Ulrich1, Bader\ Schnabel3 et d'autres.
Dans les vieilles irido-choroïdites et les glaucomes anciens, outre l'atrophie du stroma, Wagenmann* a décrit des productions vitreuses en plaques, ou sous forme d'excroissances verruqueuses hyalines. Cette altération, qui se rencontre également sur la face postérieure de la membrane de Desccmet, réside dans une hyperplasie de l'endothélium, analogue à celle observée sous la cristalloïde antérieure dans la cataracte capsulairc. Nos résultats personnels concordent avec ceux de Donders5, Stellwag6, H. Millier7, Junge8, Coccius9, Becker1" et Michel".
•1. Ulrich, Arch. f. Opht.,\\\. IV, p. 257, 18S4.