Dudariiy, Thèse inaugurale de Paris
Cofler de Pavie se sert d'un mélange à parties égales de glycérine et de teinture d'iode.
Pour pratiquer l'injection, Scholer fait usage de la seringue de Pravaz munie d'une canule spéciale courte et recourbée, imperforée à sa pointe et pourvue d'un œil latéral près de l'extrémité. Il s'attache à pénétrer à travers la sclérotique dans un point aussi voisin que possible du décollement, de façon à ne pas plonger la canule jusque dans le vitré. Pour cela, il s'arrête dès qu'il éprouve la sensation que l'aiguille a traversé la sclérotique.
Sur 28 opérations, il compte 8 guérisons ; encore est-il que sur ce chiffre le décollement a subsisté trois fois et que seule l'acuité visuelle s'est améliorée.
Abadie, ayant constaté la difficulté de pénétration de cet instrument, adapte à la seringue de Pravaz une sorte de petit couteau de Grœfe canaliculé dans sa longueur. Après avoir traversé la sclérotique suivant le méridien choisi, il tourne la lame en travers pour permettre au liquide sous-rétinien de s'échapper au dehors; puis il replace la lamecanule dans sa direction première, et pousse le piston d'une quantité déterminée d'avance au moyen de la virole régulatrice. 11 va sans dire qu'au préalable on a écarté les paupières à l'aide du blépharostat, que l'œil a été anesthésié par la cocaïne et le globe fixé par des pinces.
Pratiquée dans ces conditions et en ne dépassant pas 2 à 5 gouttes, cette opération ne provoque aucune réaction vive. L'injection modérée qui s'ensuit cesse vers le second ou le troisième jour, et le tonus remonte dès le lendemain, mais pour redevenir ce qu'il était avant, au bout d'une semaine environ ; le vitré rendu trouble s'éclaircit bientôt. Ce qui n'est pas rare, c'est l'apparition d'une cataracte blanche et molle à évolution rapide; cette particularité a été notée par Dubarry, aussi bien chez l'homme que chez les animaux.
Quant au résultat définitif, il est on ne peut plus variable. Souvent on obtient une extension du champ visuel, mais qui malheureusement ne se maintient pas toujours. Pour ce qui est de l'acuité, même dans les cas où l'ophtalmoscope nous montre la rétine réappliquée, on ne trouve que rarement une augmentation. Loin de nous la pensée de nier les quelques exceptions heureuses constatées par nos confrères enthousiastes de la méthode; mais nous croyons être dans le vrai en affirmant qu'elles sont en petit nombre et que l'avenir nous réserve bien des surprises au sujet de ce mode de traitement. Il nous suffit, pour justifier notre scepticisme, de nous rappeler qu'un des principaux facteurs des décollements réside dans le ratatinement du vitré. Or, en quoi la teinture d'iode ou tout autre liquide chimique modificateur peuvent-ils contribuer à rendre à ce milieu son volume et sa consistance? Au contraire, nous savons que toute irritation provoquée ne saurait aboutir
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qu'à l'exagération du procossus plastique dont le vitré est le siège. En serait-il autrement, que nous ne voyons pas ce que les éléments altérés et bousculés de la rétine pourraient gagner au contact de la teinture d'iode.
Tout récemment, Scholer, dans un travail écrit le 19 mars 1895 et paru dans le fascicule de juin des Klinische Monatsblàtter fur Augenheilkunde, propose l'électrolyse comme nouveau moyen de traitement. Avant de l'appliquer chez l'homme, il a commencé par établir qu'en introduisant dans le vitré du lapin une ou deux aiguilles d'acier ou d'or reliées aux deux pôles de la pile de Hirschmann, il provoquait des modifications importantes de ce milieu, sans aucune réaction vive. Fort de ces résultats, il a essayé la méthode chez un jeune myope de dix-huit ans, dont l'œil gauche était le siège de troubles vitréens, avec décollement depuis huit jours de la moitié supérieure de la rétine s'étendant de la périphérie à l'entrée du nerf optique.
Il s'est servi de deux petites aiguilles plates de 2 à 5 millimètres de long sur 1 millimètre et demi de large, terminées en crochet à une extrémité pour être reliées aux rhéophores. Les choses ainsi disposées, il a introduit dans l'œil la pointe correspondant au pôle négatif au niveau du méridien vertical, et celle appartenant au pôle positif au niveau du méridien horizontal. Pendant \ de minute, il a fait agir un élément, puis deux et finalement trois, sans dépasser f de minute pour la durée totale du courant. Sauf à l'endroit des piqûres, il n'y a pas eu de douleur, ni autres signes réactionnels, et après l'enlèvement du premier bandage mobilisateur au quatrième jour, l'auteur a pu constater le recollement total et le rétablissement entier du champ visuel. En armant l'œil du verre — 4, le numéro C. Sn. était lu à quatorze pieds, et le 1 à trois pouces.
A la place des deux petits coutelets, Scholer dit qu'on peut se servir de crochets analogues à ceux du strabisme, de 2 millimètres et demi de long sur { de millimètre d'épaisseur. Ils seront émaillés au besoin, afin d'éviter leur action caustique sur les tissus. 11 suffirait de faire pénétrer l'aiguille positive et d'appliquer le pôle négatif, soit à la surface du globe, soit au front.
L'auteur, dans ses expériences sur les lapins, s'est occupé de l'action catalytique obtenue par l'application, à la surface de l'œil, de deux électrodes, dont le négatif est trempé dans de l'eau pure, et le positif dans une solution concentrée d'iodure de potassium ou de sublimé. Il se réserve de communiquer ultérieurement les résultats.
Comme on le voit, les moyens proposés jusqu'ici ne manquent pas d'être ingénieux, mais en même temps peu efficaces.
Constater notre impuissance actuelle, c'est nous engager dans la voie de nouvelles recherches, grâce auxquelles on arrivera peut-être
un jour à traiter utilement une affection commune qui chaque jour fait notre désespoir.
En attendant, il faut nous rappeler que, dans la grande majorité des cas, la myopie maligne est responsable, et nous devons, dès lors, nous attacher à prévenir plutôt qu'à combattre le décollement, en nous conformant à ce qui a été exposé à propos de la choroïdite chez les myopes.
Quels que soient les moyens mis en usage, on ne doit pas perdre de vue la possibilité d'une guérison spontanée, grâce à un processus dont nous ignorons la nature.
Mùglich' a réuni 136 terminaisons heureuses de décollements par myopie, rétinite albuminurique, traumatismes, phlegmon orbitaire, pertes opératoires du vitré, choroïdite et autres causes inconnues. 11 ajoute 5 observations personnelles, à quoi nous joindrons celle communiquée par Dor à la Société française d'ophtalmologie en 1895. Dans une dernière qui nous appartient, il s'agissait de décollement récent, consécutif à un effort musculaire pour prévenir une chute, chez une dame myope de i D sujette a des métrorrhagies. L'accolement succéda à l'administration de l'arsenic, pendant que la malade faisait une cure à Salies de Béarn. Trois mois plus tard, l'examen ophtalmoscopique, ainsi que l'étude du champ et de l'acuité visuels, démontraient la disparition totale du décollement et le retour presque entier de la vision. Nous ne saurions attribuer ce résultat au traitement, attendu que, depuis lors, nous n'avons obtenu rien de pareil par l'administration de l'arsenic, et que, apriori, les eaux thermales ne nous semblent pas devoir se montrer plus efficaces.
Dans le cas de Dor, tout le mérite revient à un pèlerinage à Lourdes: fait d'autant plus miraculeux qu'il s'agissait d'un cas invétéré jugé incurable par tous les ophtalmologistes qui eurent à soigner la malade. Même cure spontanée chez un abbé, dont l'observation a été citée par Pamard à la Société française d'ophtalmologie en 1883; cette fois, c'est dans le cours d'un voyage en Suisse que la guérison eut lieu. De son côté, Purtscher2 mentionne la disparition d'un décollement consécutif à une sclérite, et Hirschberg3 celle de trois décollements myopiques par le seul traitement médical. Même chose est arrivée dans le fait deGalthier4, où le principal rôle est attribué au régime lacté.
Mùglich, ayant disséqué deux yeux dont la rétine s'était recollée, a trouvé cette membrane cicatricielle, surtout dans ses couches externes, avec disparition des éléments nerveux, gonflement variqueux des fibres, forte migration de pigment, vacuoles disséminées et exsudation fine-