DÉTERMINATION DE LA RÉFRACTION DYNAMIQUE OU ACCOMMODATION
Nous savons que la réfraction statique exprimée par r ne nécessite aucun effort. Pour mesurer la quantité de réfraction dynamique p que l'œil emploie pour distinguer les objets de plus en plus rapprochés jusqu'au punctum proximum, il nous faut retrancher r de p, ce qui donne la formule
Chez l'emmétrope r étant égal à 0, l'expression devient a = p. Par contre, chez l'hypermétrope, r étant virtuel ou négatif, on l'ajoute et l'on a
Chez le myope r étant positif on posera
Pour déterminer le degré d'amplitude accommodative, on se sert d'objets types d'une petite dimension, tels que des caractères d'impri-
merie, des fils minces tendus dans un cadre ou encore une série île petits trous percés dans un diaphragme.
Chez l'emmétrope, la distance la plus rapprochée à laquelle il cesse de distinguer nettement l'objet se mesure avec un ruban métrique que Ton applique Contre le rebord orbitaire externe. En supposant que cette distance soit de 10 centimètres, on en conclut que l'individu jouit d'une amplitude d'accommodation de-)- 10 D.
S'agit-il d'un myope ou d'un hypermétrope, on commence par déterminer le degré de son amétropie, puis on procède comme plus haut à la recherche du point p. Les deux termes r et p étant connus, il ne reste plus qu'à appliquer les formules précédemment énoncées.
Supposons que l'on ait affaire à un myope pouvant, après interposition d'un verre concave de 2D, distinguer à l'infini: admettons d'autre part qu'il cesse de voir nettement les objets fins à 8 centimètres, ce qui équivaut environ à un verre convexe de 12 D, son amplitude d'accommodation sera de -j-lOD, comme chez l'emmétrope.
La différence réside dans le parcours, compris entre l'infini et 10 centimètres chez l'emmétrope, alors que chez le myope il se réduit à 40 centimètres, puisque r égale 0,50 et p 0,10.
Prenons maintenant un œil hypermétrope qui pour voir au loin a besoin d'un verre de -H 2 et dont le punctum proximum mesure 12ce"',5 correspondant à-f-8D. 11 aura comme amplitude accommodative 8h-2 = -4-10D à l'instar de l'œil emmétrope et myope. Par contre son parcours sera plus restreint que celui de l'emmétrope, compris qu'il est entre l'infini et 12CCIlt,o au lieu de 10. De là découle que plus l'hypermétropie est forte, plus p s'éloigne, l'amplitude d'accommodation restant la même.
Comme Donders l'a démontré, l'amplitude accommodative décroît régulièrement avec l'âge à partir de 12 ans. Cela prouve que la cause doit en être recherchée non du côté du muscle ciliaire qui conserve jusqu'à 40 ans une grande partie de sa puissance, mais dans la densification progressive du cristallin. On ne saurait invoquer l'insuffisance du muscle que dans les cas pathologiques ou d'hypermétropie forte ayant pour conséquence le surmenage.
Etant donné qu'avec l'âge le punctum proximum s'éloigne, il arrive un moment où il dépasse la distance de la vision utile pour le travail de près. C'est ce qui a lieu de 40 à 45 ans chez l'emmétrope, plus tôt chez l'hypermétrope, plus tard chez le myope. Cet état, désigné sous le nom de presbytie, comporte l'usage de verres convexes pour la vision rapprochée. Si dans ce cas on veut mesurer l'amplitude accommodative, on devra soustraire du punctum proximum ainsi obtenu le numéro du verre employé, et procéder pour le reste comme chez les sujets non presbytes.