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SENSIBILITÉ MÉCANIQUE ET ÉLECTRIQUE DE LA RÉTINE

En dehors de son excitabilité par la lumière, la rétine possède encore la propriété d'éveiller des sensations lumineuses subjectives, toutes les fois qu'on la comprime ou qu'on la soumet à l'action d'un courant électrique.

Les perceptions qui en résultent sont désignées depuis Serres d'Uzès sous le nom àephosphènes. Suivant qu'on les provoque au grand jour ou dans l'obscurité, ils apparaissent dans le premier cas lumineux au centre, sombres à la périphérie et inversement dans le second. Toujours est-il qu'ils sont perçus du côté opposé à l'excitation.

Lorsque cette dernière dépasse un certain degré, auphosphènepv'Hcipal s'ajoute un second accessoire atténué, correspondant au côté excité. Il s'explique par la contre-pression exercée sur l'hémisphère opposé de la rétine. Quant à la forme du phénomène lumineux entoptique, elle reproduit celle du corps comprimant.

Lorsque, au lieu de presser le globe latéralement, on agit d'avant en arrière dans la direction de l'axe, le phosphène qui est central apparaît comme un disque sombre encadré d'une vive auréole lumineuse. La tache obscure, généralement crénelée sur les bords, correspond à la tache aveugle de Mariotte et reproduit la forme de la papille.

L'intensité de la lueur est d'autant plus grande que la rétine est restée longtemps au repos. C'est pourquoi les phosphènes acquièrent une

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netteté exceptionnelle après le sommeil et chez les individus dont les milieux sont devenus intransparents.

A mesure que la compression se prolonge, le phénomène s'atténue et la sensibilité de la rétine pour la lumière devient obtuse.

D'après Donders, le déclin des phosphènes coïnciderait avec l'apparition du pouls dans les artères rétiniennes.

A côté des phosphènes de cause mécanique, nous devons placer la photopsie qui résulte du surmenage de l'accommodation et de la convergence ou qui accompagne le décollement de la rétine et le glaucome. Il n'en est plus ainsi des perceptions lumineuses dues à une irritation pathologique de la rétine, du nerf optique et des centres.

L'excitation électrique de l'appareil optico-rétinien s'accompagne de phénomènes lumineux à l'ouverture et à la fermeture du circuit, à cette particularité près que, lors de l'application du pôle positif sur l'œil, l'ouverture du courant donne au phénomène toute son intensité, tandis qu'avec l'application du pôle négatif le maximum correspond à la fermeture.

D'une façon générale, l'éclairement produit par l'anode est d'une teinte violacée et plus intense que celui de la catode dont la couleur vire sur le jaune. Avant que la rétine ne rentre au repos, la lueur passe par la complémentaire et offre au centre une tache sombre qui reproduit la forme du disque optique.

Les courants continus agissent principalement sur la sensibilité lumineuse qu'ils exaltent. On en tire journellement parti dans le traitement des amblyopies.

TONOMÉTRIE OCULAIRE

Constitué par une coque fibreuse peu extensible et par un contenu liquide, le globe possède un degré de tension variable tant à l'état normal que pathologique. Ces variations du tonus intéressent au plus haut point la pathologie de l'œil. C'est ce qui ressortira clairement de l'étude du glaucome, de la phtisie du globe et des applications journalières des myotiques et des mydriatiques dont nous avons signalé précédemment les effets.

L'élévation de la tension oculaire est appelée hypertonie et l'abaissement hypotonie.

Les moyens dont nous disposons pour reconnaître ces deux états consistent dans l'exploration du globe à l'aide des deux indicateurs appliqués sur la sclérotique, à travers la paupière supérieure. Déjà Brissaud, à propos du glaucome, insistait sur la dureté particulière du

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