‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 127 sur 146 · PARALYSIE DU DROIT SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

PARALYSIE DU DROIT SUPÉRIEUR

On sait que le muscle droit supérieur n'est pas seul à agir pendant le mouvement d'élévation de la cornée ; son action est combinée avec celle du petit oblique.

S'il est paralysé, la cornée du côté malade reste un peu audessous de celle du côté sain quand le regard est dirigé en haut, et il en résulte une inégalité de niveau entre les deux pupillcîJ. Cette différence de hauteur atteint son maximum quand l'œil est porté en haut et en dehors, parce que c'est surtout dans cette position que le droit supérieur agit comme élévateur.

En haut et en dedans, au contraire, c'est le petit oblique qui joue le principal rôle dans les mouvements d'élévation, aussi la différence de niveau est-elle toujours moins sensible.

Amui. Mal. des yeux. t. ii. 28

En recherchant la déviation secondaire au moyen d'an verre dépoli placé devant Tœil sain, pendant qu'on fait regarder lœil malade en haut et en dehors, on constate qu'elle est plus considérable que la déviation primitive de ce dernier.

Le phénomène de la fausse j/rojection a lieu en haut : si le malade cherche à saisir un objet placé dans cette direction, il porte la main beaucoup plus haut qu'il ne faudrait, car les efforts qu'il est obligé de faire pour regarder dans cette direction lui donnent la sensation d'un déplacement beaucoup plus considérable que le déplace ment réel.

La gêne occasionnée par le vertige est minime dans la paralysie du droit supérieur, ce phénomène ne se produisant que d'one façon exceptionnelle et intermittente, quand le l'égard est dirigé en haut.

Tant qu'il n'existe pas encore de rétraction du muscle antagoniste, la diplopie ne commence que lorsque l'objet fixé est sitaé au-dessus du plan horizontal. A ce moment la ligne visuelle de l'œil malade ne s'élevant pas pour suivre le mouvement de l'objet, l'image de celui-ci se peint au-dessous de la macula, et est projetée sur le prolongement d'un axe secondaire passant au-dessus de la ligne visuelle, par conséquent en haut; il s'ensuit que l'image de l'œil malade est vue au-dessus de celle de l'œil sain. Plus l'objet s'élève, plus leur écart augmente, la fausse image étant projetée de plus en plus en haut.

Mais le droit supérieur, tout en étant élévateur, est légèrement adducteur ; sa paralysie entraîne donc une légère déviation do globe oculaire en dehors et les images sont croisées.

En outre, le droit supérieur, pendant les mouvements d'élévation, agit sur l'extrémité supérieure du méridien vertical, et tend à rincliner eu dedans. Dans les conditions normales, cette action est contre-balancée par celle du petit oblique, qui tend à incliner le méridien en dehors. Mais quand l'équilibre est rompu, ce dernier muscle l'emporte ; le méiîdien vei^tical du côté malade cesse d'être parallèle à celui de l'autre œil, et s'incline eu dehors. Dès lorsli' mage de cet œil étant vue dans la position où elle serait si le méridien était redressé et parallèle à celui de C autre œily paraîtra incliné de bas eu haut et de dehors en dedans. Gomme la diplopie est croisée, l'extrémité supérieure de la fausse image s'écartera de la vraie, tandis que Textrémité inférieure s'en éloignera.

Ce que nous avons dit à propos de l'action du droit supérieur sur le déplacement de la cornée fait comprendre que la diplopie eu hauteur augmente quand l'œil est dirigé en haut et en dehors^

et diminue quand il regarde en haut et en dedans. Par contre, l'inclinaison de la fausse image augmente dans le premier cas, et diminue dans le second.

Lorsque, la paralysie ayant duiH» un certain temps, il est survenu une rétraction secondaire du droit inférieur, le centre de la cornée se trouve déplace en bas, et la diplopie s'étend à la partie inférieure du champ visuel, dans une zone d'autant plus étendue que la réti*action est plus considérable.

La paralysie du droit supérieur pourrait être confondue avec celle du petit oblique ; le diagnostic différentiel sera indiqué à propos de cette dernière affection.

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