PARALYSII DU PETIT OBLIQUE
Le muscle petit oblique est à la fois élévateur et abducteur de la cornée; 'de plus, agissant sur Textrémité inférieure du méridien vertical, il a de la tendance au moment de sa contraction à incliner ce méridien en dehors.
Dans sa paralysie, la différence de hauteur des deux cornées apparaît quand le regard sera dirigé en haut et surtout en dedans»
PARALYSIES DE lA TROISIÈME PARTIE. 437
car c'est dans cette position que le petit oblique a le plus d'action comme élévateur. De plus, Toeil sera porté un peu dans Tadduction ; enfin le méridien vertical entraîné par le droit supérieur dont Taction ne sera plus contre-balancée par le petit oblique, sera incliné en dedans.
De cette position défectueuse du globe oculaire résulte Tapparition de la diplopie ; la fausse image est projetée plus haut que celle de Tœil sain, le maximum d'écart se produit quand Tœil est porté en dedans ; de plus l'œil malade étant un peu dans Tadduction, la diplopie est homonyme ; enûUy en raison de Finclinaison défectueuse du méridien vertical en dedans, la fausse image paraît inclinée de bas en haut et de dedans en dehors, elle s*écarte donc de la vraie par son extrémité supérieure et s'en rapproche par son extrémité inférieure.
Lorsque cette paralysie est accompagnée de rétraction du grand oblique, muscle antagoniste, les mêmes phénomènes ont lieu, mais ils sont plus accentués, le méridien vertical se trouvant encore pins incliné en dedans ; par suite de la prépondérance fonctionnelle du grand oblique, la fausse image sera donc bien plus inclinée de bas en haut et de dedans en dehors, et, de plus, la diplopie apparaît même dans la partie inférieure du champ visuel.
Le petit oblique et le droit supérieur étant tous les deux élévateurs de la cornée, leur paralysie détermine de ht diplopie en hauteur quand le regard se dirige au-dessous du plan horizontal passant par le centre des deux yeux. La diplopie en hauteur est donc un caractère commun à la suspension de fonction de ces deux muscles, mais c'est le seul.
Le petit oblique, en effet, est abducteur et sa paralysie déter* mine de la diplopie homonyme.
Le droit supérieur au contraire est adducteur, et dès qu'il cesse de se contracter, l'œil est légèrement dévié en dehors et la diplopie est croisée»
En outre, le premier de ces deux muscles étant paralysé, le méridien vertical s'incline en dedans, et dès lors la fausse image sera oblique de bas en haut et de dedans en dehors. Si c'est le second qui est paralysé, le méridien vertical s'incline en dehors, et la fausse image sera oblique de bas en haut et de dehors en dedans.
Enfin, le petit oblique étant surtout élévateur quand l'œil regarde en haut et en dedans, c'est dans cette position de la ligne visuelle que la diplopie en hauteur atteindra son maximum, tandis que, le droit supérieur déplaçant le centre de la cornée en haut avec d'autant plus d'énergie que l'œil est dirigé en haut et en de-
balancée par le grand oblique^ qui Tincline en dedeuis. Aussitôt que cet équilibre est rompu, le méridien vertical est entraîné en dedans, et n'est plus parallèle à celui de Toeil sain. Dès lors, l'image bu»e paraît inclinée de bas en haut et de dedans en dehors,* position qu'elle occuperait sur la rétine si le méridien redressé était parallèle à celui du côté opposé.
Gomme ici les images sont croisées, l'image fausse paraît se rap* procher de la vraie par son extrémité supérieure et s'en écarter par son extrémité inférieure.
La paralysie du droit inférieur pourrait être confondue avec celle du grand oblique , car ces deux muscles sont abaisseurs, et l'abo* lition de leur fonction détermine de la diplopte en hauteur quand les lignes visuelles se déplacent en bas. Mais ce symptôme est le seul qui soit commun aux paralysies de ces deux muscles; et en dehors de leur écartement en hauteur, la position même des deux images nous permettra d'apprécier avec exactitude quel est le muscle atteint. En effet le grand oblique est abducteur, tandis qne le droit inférieur est adducteur; aussi les deux images, tout en étant au-dessus l'une de l'autre dans les deux cas, seront homonymes quand le premier de ces muscles cessera d'agir, elles seront au contraire croisées quand c'est le second qui sera paralysé. En outre, en raison de l'action différente de ces deux muscles sur le méridien vertical, la fausse image se trouve inclinée de bas en haut et de dehors en dedans dans la paralysie du grand oblique, tandis que dans la paralysie du droit inférieur elle est inclinée de bas en haut et de dedans en dehors. Enfin dans le premier cas le maximnm d'écartement des images en hauteur a lieu quand Toeil est dirigé en bas et en dedans, parce que c'est dans cette direction que le muscle paralysé a son maximum d'action comme abaisseur, tandis que dans le second cas ce même maximum d'éloignement des images est atteint quand l'œil est porté en bas et en dehors, le droit inférieur agissant surtout comme abaisseur dans cette position du regard.