‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 18 sur 146 · DES ATROPHIES DU NERF OPTIQUE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES ATROPHIES DU NERF OPTIQUE EN GÉNÉRAL

Au point de vue de leur étiologie, les atrophies du nerf optique peuvent être divisées en deux grandes catégories : 1* les atrophies dites simples, essentielles, vliopathiqnes : ce sont celles qu'on ne peut rattacher encore h aucune cause appréciable et qui semblent survenir indépendamment de tout état morbide de l'organisme ; î* les atrophies symptovmtiques, dont la raison d'être est déterminée et où la lésion oculaire peut être considérée comme la manifestation d'une autre maladie.

Quelle que soit l'origine de l'atrophie et la variété à laquelle on a affaire, cette alTection présente toujours un ensemble de caractères communs qui méritent d'être l'objet d'une description gêné-* raie.

Signes ophthalmoscopiques, — La décoloration de la papille est un des premiers signes ophthalmoscopiques de l'atrophie. Par suite de la disparition des capillaires la teinte légèrement rosée du disque nerveux à l'état sain s'altère et devient peu à peu blanchâtre. Quand ce changement est encore peu accusé, il faut se

servir, pour mieux Tapprécier, d'un miroir faiblement éclairant (miroir d'Helmholtz ou de Jœger) et faire Texamen par le procédé de rimage droite. Il ne faut pas oublier dans cette recherche que la coloration normale de la papille offre de grandes variétés, et ne jamais négliger, si un seul œil est atteint, de le comparer à celui du côté opposé. Nous reviendrons du reste, à propos du diagnostic, sur certains cas de décoloration congénitale physiologique de la papille.

En général, la teinte blanchâtre est d'autant plus accusée que Tatrophie est plus avancée. On peut donc le plus souvent suivre avec Tophthalmoscope la marche progressive du processus. Quelquefois la papille change d'aspect : au lieu d'être blanchâtre, elle devient grisâtre ; dans tous les cas, elle perd sa diaphanéité normale et semble terne et opaque.

Quand la disparition de la couche des fibres nerveuses, complètement atrophiée, laissera nu la lame criblée, le disque nerveux prend un aspect bleuâtre tendineux caractéristique. A une certaine pé* riode et dans certaines formes, le système vasculaire se modifie; à la disparition des capillaires succède un amincissement plus ou moins accusé des principales branches de Tartère et de la veine centrale de la rétine ; dans les cas extrêmes ces vaisseaux deviennent filiformes. Quelquefois, au contraire, une atrophie, depuis longtemps complète, coïncide avec la conservation du calibre normal des vaisseaux centraux.

Nous verrons qu'on a cherché à utiliser ces difTérents aspects pour le diagnostic de certaines variétés d'atrophie.

Troubles fonctionnels. — Les troubles fonctionnels consistent dans une diminution plus ou moins considérable de la vàion cen^ traie et dans le rétrécissement plus ou moins marqué du champ visuel. L'afifaiblissement de la vision centrale se montre dès le début; ce symptôme, qui attire tout d'abord l'attention des malades, est ordinairement en rapport avec l'état de la papille; cependant, il est des cas où la vision a déjà sensiblement diminué, alors que la papille possède encore une coloration presque normale, et inversement avec un disque nerveux déjà presque blanc, la vue est quelquefois relativement bonne. Chez quelques malades la vision est d'autant plus mauvaise que l'éclairage est plus intense; ils voient mieux dans le demi-jour qu'en plein soleil ou à une vive lumière, mais chez le plus grand nombre c'est le contraire qui a lieu.

En même temps que la vision centrale diminue, le champ visuel se rétrécit ; tantôt son étendue décroît d'une façon régulière et concentriquement à la maculn, tantôt au contraire il se forme des

Page 1