‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 118 sur 255 · MODE D'EXPLORATION DE L'IRIS ET DE LA PUPILLE · texte numérisé non relu

MODE D'EXPLORATION DE L'IRIS ET DE LA PUPILLE

L'exploration de l'iris doit être faite à l'œil nu et au moyen de l'éclairage oblique.

A. Examen de l'oeil nu. — L'examen à l'œil nu permettra de constater la coloration de cette membrane, l'éclat de ces fibres radiées et concentriques, la position verticale, plane, bombée ou déprimée, etc.

1. La coloration de l'iris varie selon l'âge et les individus; elle est bleue chez les blonds, brune ou noire chez les sujets bruns. Il est rare pourtant que cette coloration soit complètement uniforme sur toute sa surface; le plus souvent on constate une teinte plus foncée près de la pupille. On trouve en outre fréqueni'ment des taches pigmentaires plus ou moins larges et plus ou moins nombreuses. Lorsque ces taches sont très-foncées et qu'elles se trouvent au bord de la pupille^ elles peuvent se confondre avec elle et simuler une déformation.

On reconnaîtra facilement ces taches pigmentaires si l'on se souvient qu'elles ont les bords bien tranchés et qu'elles n'occupent qu'une partie de l'iris. Dans une inflammation, l'iris tout entier change de couleur.

Dans les inflammations, l'iris change de couleur, s'il était bleu il devient brunâtre, et de brun, verdâtre. En même temps, on remarque une coloration rougeâtre au pourtour de la cornée, ce qui est dû à l'injection des vaisseaux péricornéens communiquant avec ceux de l'iris.

Dans l'étal sain, les deux yeux ont chez le même individu une coloration identique, dans l'œil malade, au contraire, l'iris devient plus foncé; il est donc important pour le diagnostic de comparer la couleur des deux iris. On trouve pourtant, par suite d'une anomalie congénitale, chez le même individu» les deux yeux de couleur difl'érente. C'est ce que l'on appelle les yeux vairons.

2. La position de l'iris doit être étudiée avec une attention toute pariiculière.

336 MODE d'exploration DE l/lRlS ET DE LA PUPILLE.

Chez certains individus âgés, l'iris est normalement très-rapproché de la surface cornéenne, et la chambre antérieure semble compl6iement eiïacée; mais, dans ce cas, les deux iiis présentent la même confirmation et la |)upille est régulièrement dilatée.

Dans les inflammations chroniques accompagnées d'adhérences pupillaires, l'iris devient bombé et mammelonné, et il se rapproche beaucoup de la cornée. Lorsqu'il existe un leucôme de la cornée on doit chercher si l'iris n'est pas adhérent dans le point où siège le leucôme. Quelquefois ce diaphragme est excavé en arrière, ce qui se produit surtout après quelques opérations et après les blessures.

L'iris est souvent tremblotant, ce que l'on constate en faisant exécuter à l'œil des mouvements dans différentes directions.

3. Pupille. — L'état de la pupille doit être examiné avec le plus grand soin. Dans l'état normal elle est régulièrement ronde; elle se contracte .sous l'influence de la lumière, et se dilate dans l'obscurité. On ferme les paupières du malade et avec les pouces de chaque main on ouvre tantôt l'œil droit, tantôt l'œil gauche. L'œil étant fermé, la pupille reste dilatée, mais dès qu'il est ouvert, la lumière la fait contracter. Le même phénomène doit se produire au même degré dans les deux yeux. Fouchcr (1) a démontré pourtant, que la pupille peut présenter une forme irrégulière en l'absence de toute altération morbide.

Les deux pupilles doivent avoir le même volume, et lorsque le malade est placé en face d'une fenêtre et que les deux yeux sont également éclairés, la contraction et la dilatation de deux pupilles ne doivent présenter aucune différence. Dans les inflammations de l'iris, le volume ci la forme de la pupille éprouvent une modification complète. Cette ouverture se rétrécit dès le commencement et devient ajiguleusc, irrégulière, échancrée par places, et fi angée sur ses bords. Des stries brunâtres se montrent vers le milieu de la pupille; ces stries sont dues aux adhérences existant entre l'iris et la capsule et sont connues sous le nom de synéchies postérieures. Quelquefois la pupille est tout à fait bouchée (atrésie de la pupille) par les exsudations. L'existence des synéchies ainsi que de l'atrésie pupillaires pourra être plus facilement constatée par l'éclairage oblique ou direct du miroir o|)hthalmoscopique, surtout si l'on a soin de dilater préalablement la pupille.

B. ÉCLAIRAGE OBLIQUE, — Toutc adhérence et toute synéchie postérieure laisse des dépôts pigmentaires sur la capsule antérieure. Ces dépôts ont une teinte brunâtre ; on les voit surtout en y concentrant la lumière de la lampe au moyen d'une lentille numéro 2 1/6.

C. ÉCLAIRAGE DIRECT AU MOYEN D'UN RÉFLECTEUR. — Il suffit de projeter

la lumière réfléchie par le miroir de l'ophthalmoscope et de regarder par le trou central, pour apercevoir la pupille rouge avec des échancrures et des stries noires qui sont dues aux adhérences pupillaires. La planche I, figure 7, de notre atlas ophthalmoscopiqiœ, reproduit cet état de la pupille.

(1) Foucher, Mém. sur les déformations de la pupille {Rev. méd.-chir. 1852).

DE r/lRITlS EN GÉNÉRAL.

Page 1