VIII PRÉFACE
oculaires, soit dans celles qui tiennent à la constitution et aux maladies générales de l'organisme.
Sans prévention et sans parti pris, j'ai toujours accepté pour ma pratique tout ce qui m'a paru réellement bon et utile.
Ce sont là les principes que j'ai développés dans mon Traité.
L'enseignement auquel je me suis livré depuis plus de six ans, tant à l'École pratique de la Faculté de Paris que dans ma clinique, m'a donné la conviction que le meilleur moyen d'être utile aux élèves, c'est de leur exposer méthodiquement, et dans l'ordre anatomique, toute la pathologie oculaire. C'est l'ordre le plus naturel et le plus facile à suivre; aussi l'ai-je adopté pour mon ouvrage. Chacune des seize parties dont il se compose est précédée d'un résumé succinct d'anatomie et de physiologie, ainsi que du mode d'exploration de chaque membrane.
Je me suis surtout occupé de la partie pratique de la science ; aussi ai-je pensé qu'il y aurait avantage à donner de grands développements au diagnostic différentiel et à la thérapeutique médico-chirurgicale.
Je n'ai pas été toujours imitateur aveugle de procédés anciens de traitement, et j'ai dû souvent condamner ce qui m'a paru incompatible avec les progrès actuels de la science.
Le lecteur pourra consulter avec fruit nombre de formules dont je me sers dans mes prescriptions. Ces détails viendront en aide à ceux de nos confrères qui n'ont pas toujours le temps d'expérimenter par eux-mêmes les doses de chaque médicament.
La dernière partie traite d'un sujet tout nouveau, et qui ne se trouve dans aucun Traité des maladies des ijeux. Elle est consacrée à la médecine légale et à l'hygiène de la vue; elle contient le résumé des questions diverses qui intéressent les conseils de révision, ou qui touchent aux expertises judiciaires et légales, à la jurisprudence médicale ; enfin elle renferme des conseils hygiéniques se rapportant plus spécialement aux professions.
On trouvera, à la fin de chaque maladie, un résumé bibliographique, emprunté aux auteurs français et étrangers, qu'on p'ourra consulter avec fruit si l'on veut pousser plus loin l'élude de chaque affection.
PBÉFACE. IX
L'ouvrage a été enrichi d'un nombre considérable de figures, dont la plus grande partie a été dessinée sur mes propres indications. J'ai représenté les différents états pathologiques qu'il m'a été donné d'observer ou que j'ai empruntés aux auteurs, ainsi que les procédés et méthodes opératoires, afin que le praticien se familiarisât avec les positions respectives du malade et du chirurgien. A propos de chaque méthode opératoire se trouvent reproduites les figures d'instruments, ce qui permet au chirurgien de se munir, sans trop de recherches, de l'arsenal chirurgical qui lui est nécessaire.
Un ouvrage comme celui que je publie doit être en quelque sorte le résumé exact de tout ce que possède la science. Tous les travaux modernes se rapportant aux maladies des yeux ont été mis par moi à contribution. C'est ainsi que j'ai puisé plus particulièrement dans les Archiv fUr OphÛialmologie, les Annales d' ocidistique et YOphthalmic Hospital Reports. J'ai trouvé aussi beaucoup de documents précieux dans la collection des thèses de la Faculté de médecine de Paris et de Montpellier, où sont consignées souvent des vues et des méthodes nouvelles auxquelles souvent on ne fait pas attention, jusqu'au jour où ces mêmes idées, en traversant le Rhin, nous reviennent plus développées peut-être, mais aussi quelquefois obscurcies.
En rendant un juste hommage au chef illustre de l'École allemande, Alb. von Graefe, et à ses nombreux élèves, je n'ai pas oublié que nous devons beaucoup aux travaux de Donders (d'Utrecht) , de Bowman et de Critchelt (de Londres), de Sperino (de Turin), de Qualigno (de Milan), deSzokalski (de Varsovie), de Desmarres, de Giraud-Teulon, de J. Siebel de Gusco, de Follin et de Maurice Perrin (de Paris).
Dans toutes les maladies oculaires qui se rapportent aux affections générales de l'organisme, j'ai cherché à profiler des travaux classiques de Nélaton, Trousseau, Broca, Barthez, Hardy et Bazin, Duchenne (de Boulogne), Amb. Tardieu, Gharcot. Afin de ne rien omettre de ce qui est essentiel pour la pathologie oculaire, je me suis souvent adressé directement à ceux de nos maîtres dont les recherches sont encore inédites, ou qui ne les ont développées que dans leurs cours publics. G'esL ainsi