RÉFRACTION
C'est potirqnoi nous le recommandons plus spécialement : 1° dans les rétinites et les choroïdiles accompagnées de pliotopliobics, photopsies, etc.; 2Morsqu'il faut associer l'effet salutaire des verres colorés aux verres concaves ou convexes.
Je ne conseille l'usage des conserves vertes que lorsqu'il s'agit d'une atonie ou d'un affaiblissement de la sensibilité rétinienne dans une atroj)l)ie de la papille. Ces conserves, en effet, laissent passer une grande quantité de rayons jaunes et orangés, qui excitent la rétine plus que tous les autres rayons. Or, dans l'atrophie de la membrane nerveuse, la lumière du soleil est par trop vive pour que l'œil malade puisse la supporter ; les lunettes vertes, au contraire, en adoucissant la lumière, deviennent d'autant plus utiles que les rayons jaunes, qui passent en abondance par ces verres, sont ceux qui se voient le mieux par la réline atroi)hiée.
Les yeux congestionnés et rouges atteints d'iritis, de kératite, se trouveront bien, surtout dans les pays chauds, de l'usage des conserves à verre d'urane, qui absorbe plus que tout autre verre les rayons calorifiques.
Les conserves de teinte neutre ou enfumée avec une légère teinte bleuâtre ont été mises en pratique par l'opticien Chevalier. Quoiqu'on ait beaucoup de difficultés d'obtenir une bonne teinte neutre sans aucune nuance de jaune, on peut dire pourtant que, grâce aux efforts continuels d'un de nos meilleurs opticiens,. Arthur Chevalier, nous possédons aujourd'hui la nuance la plus pure bleu-noir^, ou ce qu'il appelle teinte neutre.
C'est surtout lorsqu'il faut diminuer la quantité des rayons lumineux sans changer leur couleur, par exemple dans le cas d'opacité du cristallin, et en général dans toutes les formes de photophobies, qu'on devra prescrire cette teinte.
On se sert, pour les conserves, soit d'un verre plan d'un grand format, soit de verres bombés comme les verres de montre. Ces derniers embrassent l'œil dans les parties latérales, et garantissent mieux que les verres plans contre l'action irritante de la lumière et de l'air vif.
Pour mieux préserver les yeux de l'effet nuisible de la lumière latérale, on ajoute sur les côtés des lunettes des goussets en crêpe noir ou en toile métallique. Cette dernière forme de conserves porte le nom de lunettes de chemin de f'r (fig. 359).
FiG. 359, — Lunettes dites de chemin de fer.
Pour les ouvriers qui travaillent dans les mines, dans les carrières Jde pierre^ on doit recommander l'usage des lunettes en verre plan non teinté. D'après le conseil du docteur Cohn, on peut se servir avec avantage dans ce but des Inneltes en mica, qui présentent cet avantage que les éclats de pierre ne les cassent pas et n'entraînent pas d'accidents.
Les lunettes de Franklin se composent de deux moitiés de verres placées dans chaque cercle de monture, l'une concave en haut pour voir au loin, et l'autre convexe en bas pour lire, lorsqu'il s'agit de myopie à distance. Franklin avait une myopie de 1/20, et arrivé à un certain âge il était devenu presbyte, ce qui le força de prendre ces sortes de lunettes qui portent son nom. On peut les employer avec un grand avantage chez les personnes fortement myopes et qui ont besoin de deux sortes de lunettes : un verre plus faible pour lire, et un verre plus fort pour voir au loin.
Les lunettes sténopéiques de Donders et les lunettes panoptiques de Serre d'Uzès ne peuvent aujourd'hui avoir qu'une très-minime application. Les premières sont faites en une coque métallique percée d'un trou au milieu; les secondes sont aussi métalliques avec un irou au centre, mais elles sont planes au lieu d'être creuses comme les précédentes. Leur usage peut être quelquefois recommandé pour la lecture chez des personnes atteintes d'opacités centrales de la cornée.
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