MODE D'EXPLORATION DE LA CONJONCTIVE
La conjonctive est le siège d'aiïections très-variées et qui changent de caractère selon qu'elles envabisseut la partie palpébralé ou oculaire de celle membrane.
11 est donc très-important d'explorer successivement les différentes portions de cette muqueuse. Cet examen doit se faire dans l'ordre suivant :
1" On abaisse d'abord la paupière inférieure, en attirant en bas la peau de la paupière, et on rccoiumande en même temps au malade de regarder en haui. De celte façon, le cul-de-sac conjonciival inférieur devient visible dans toute son étendue.
2" Tour juger de l'élal de celle portion de la conjoncti\e, on doit constater si elle est d'une teinle normale et si elle ne diffère pas de la conjonctive do l'auire œil. Dans cette région la membrane est ordinairement rosée, Iransparenlc et permet de voir par lrans|)arence la couleur blanche du carlilagc tarse et ses \;iisscaux, ainsi que les glandes de Meibomius. A mesure que l'on s'approche du ciilde-sac, la icintc rouge diminue pour disparaître sur le globe de l'œil.
(*) l,rniwil excrcHi'iir cciniiiiini; 2, Ifiliiiles (Mori'l L't Villcinin).
MODE d'exploration DE LA. CONJONCTIVE. 153
Dans des cas particuliers, surtout chez les sujets âgés, elle est parsemée de petites plaques jaunâtres qui, le plus souvent, ne dépassent pas le niveau de la conjonctive. Ce sont des kystes sébacés développés dans les glandes de Meibomius.
Les vaisseaux de cette partie sont très-nombreux et forment des réseaux trèsfins. Dans l'état pathologique, en se développant, ils impriment à toute cette surface une coloration rouge orangé.
La conjonctive normale est unie, luisante. Dans l'état pathologique, elle devient inégale, veloutée, granuleuse ; des plis se forment dans le cul-de-sac, et le tarse cesse d'être visible.
On aperçoit souvent, dans le cul-de-sac inférieur, de petits globules ou glandules rouges presque transparents, en plus ou moins grand nombre. On les rencontre fréquemment dans les yeux sains, chez les enfants dont les yeux sont sensibles et qui pleurent beaucoup. Ce sont les glandes folliculaires augmentées de volume par suite d'irritation.
On trouve dans ce cul-de-sac des mucosités nageant dans les larmes ou du pus plus ou moins liquide. Cette partie de la conjonctive peut adhérer au globe de l'œil par des brides cicatricielles.
3° Pour examiner la conjonctive palpébrale supérieure, on doit renverser la paupière supérieure. Cette opération se pratique de la manière suivante : après avoir invité le malade à regarder en bas, on déprime légèrement, avec l'index de la main gauche, placé au voisinage du bord libre, la paupière supérieure droite, et de la main droite la paupière gauche. Par une très-légère pression sur cette paupière, on la fait glisser en haut jusqu'à ce que son bord libre se tourne un peu en avant. A ce moment, le pouce de la même main fait glisser la paupière inférieure sous la supérieure, ce qui permet de saisir la paupière supérieure entre le pouce qui touche la conjonctive et l'index qui se trouve à la surface cutanée de cet organe, de luxer le tarse et de renverser la paupière.
Ici la conjonctive est encore plus pâle que celle de la paupière inférieure; toute la surface paraît blanchâtre, ce qui est dû au tarse que l'on voit par transparence.
l'ic. 78. — Vascularilé pliysiologique de la conjonctive oculaire et de la sclérotique.
Elle est luisante, et à peine y dislingue-t-on de petits points papillaires inégaux dç la même couleur que le reste de la conjonctive. C'est dans cette région que l'on trouve le |)lus ordinairement les corps étrangers, les granulations, etc.
U° La conjonctive oculaire ou sclérolicalc doit ôlrc étudiée avec beaucoup de soin; elle est lrès»peu vasculaire à l'état normal (voy. fig. 78). Ici la muqueuse est Uasque et se déplace facilement; quelquefois elle est jaunâtre, boursouflrc, surtout chez les personnes ûgées. Près de la cornée, dans les angles interne oi externe, on voit un petit amas graisseux d'un blanc jaunâtre, sillonjié de vaisseaux : c'est le pinguecula physiologique qui est surtout développé chez les vieillards.
On recherchera attentivement s'il n'existe pas dans cet endroit de petites tumeurs, des plaques rouges plus ou moins limitées, des phlyctènes, d'ecchymoses, etc.
5° La conjonctive bulbaire est quelquefois boursouflée, et soulevée d'une manière notable par un liquide séreux, ou bien elle devient toute rouge, gonflée, etc.
6° On s'assurera de l'état de la caroncule lacrymale et du pli semi-lunaire, pour reconnaître si ces parties ne sont pas rouges^ enflanmiées, etc.
En général, pour obtenir des résultats très-précis dans le diagnostic, il est nécessaire de s'astreindre dans l'examen de la conjonctive aux minutieuses indications que nous venons de donner.