KYSTES ET LITHIASES DE LA CONJONCTIVE
A. KYSTES. — Les lajsten transparents ou vésicules ne sonl pas rares; I volume est celui d'une grosse tête d'épingle ou d'un pofs; ils sont situés près bord interne ou externe de la cornée. Le liquide qu'ils contiennent est limpî transparent, aqueux, et il se reproduit très-rapidement après la piqûre.
Les kystes de la conjonctive sont de trois sortes; les uns sont transparents, corn des vésicules, placés sur le globe de l'œil ; les autres sont blancs, sébacés, dé loppés sur la conjonctive palpébralc, et les troisièmes sont des bydalides.
En enlevant la paroi antérieure de ces kystes, on les guérit radicalement. T les autres moyens sont inefficaces.
Kystes sébacés. — On rencontre sur la coîijonctive palpébrale des taches blanchâtres, plus ou moins grandes et qui font souvent saillie à la surface de la cou jonctive. Ces taches ont été souvent confondues avec des lithiases. L'observation m'a démontré, au contraire, que les lithiases sont excessivement rares, et qii< dans la majorité des cas, ce sont des kystes sébacés, développés soit dans les gland superficielles de Meïbomius, soit dans les glandes en grappes du cul-de-sac coujonctival.
R'ijstes hydatiqves. — Les cyslicerques ont été rencontrés quelquefois sousii conjonctive oculaire ou palpébrale. Siebel a pu distinguer à travers ses parois m point jaunâtre qui correspondait à la tôle et au cou de l'animalcule.
B. Lithiases. — Les lithiases ou concrétions calcaires peuvent se développer dan* la conjonctive, dans une des glandes de IMeïbomius ou une glande en grappe q été obstruée. Ces concrétions sont dures, anguleuses, blanchâtres ou jaunâtresbout de quelque temps, elles perforent la paroi du kyste et font saillie à la sur de la conjonctive.
Comme elles siègent habituellement à la surface conjonclivale de la paupière supérieure, elles frottent la cornée et produisent à sa surface des érosions et des. ulcères. L'œil devient rouge, irrité ; la photophobie se déclare, et ces altérât durent tant que la pierre reste implantée dans la conjonctive.
Quelquefois ces petites pierres finissent par s'échapper toutes seules, et im diatement tous les symptômes s'amendent et l'œil guérit. Mais il est le plus vent nécessaire de faire l'énucléation de cette concrétion calcaire. C'est ainsi j'ai guéri une jeune fdie atteinte d'une kéralo-conjonctivitc, qui m'avait adressée parle docteur Raymond, de Paris. En renversant la jiaupière, j'ai trou une petite lithiase saillante, que j'ai extraite facilement d'une loge profonde et parois rigides. Dès ce moment la malade guérit. L'examen de la petite pierre, fai par Cornil, démontra qu'elle était composée de cristaux de sels calcaires.
Des faits analogues ont été rapportés par Weller, Walther, Desmarres et autres
BIBLIOORAPHIE. — Desmarres, Traite des maladies des yeux, t. H. p. 200. — Sirl ! ^ nographie op/d/ialmologiquc, p. 702. — Bizet^ Ki/sle pileux de la conjoiicfire ocul. , d'oculist.t. LV, p. 29). — Benedict, Handl). der pvnkt. Aiigenheilk., Tlil. I, p. 2(it).
MALADIE DE LA CARONCULE liT DU PLI StMl-LUNAIRE 2^1 5
ARTICLE VI
AFfECTIONS SYPHILITIQUES DE LA CONJONCTIVE.
: Les aiïections syphilitiques de la conjoiiclive sonl très-rares et siègent de préfôicc sur le bord palpébral. Ce sont surtout les chancres et les plaques muqueuses, lantaux alléralioiis syphilitiques des autres parties de la muqueuse oculaire, on ne rencontre que lorsqu'elles viennent du bord libre. L'éruption syphilitique cui- 5e a été observée une fois par Smee et une autre fois par Desmarres. Dernière- ;nt j 'ai soigné un malade atteint de périsclérite syphilitique avec iritis, et chez [tiel celle teinte cuivrée de la conjonctive a persisté pendant plusieurs mois; mais 3 était consécutive à la périsclérite.
Les chancres des paupières débutent le plus souvent par la conjonctive, et se isentent sous forme d'ulcération à bords taillés à pic et à base dure et épaisse. La upière dans toute l'étendue qu'occupe le chancre est dure, infiltrée rouge, mais lolenle. Les ganglions préauriculaires, de même que les sous-maxillaires du côté rrespondant, sont engorgés; mais cela ne constitue pas de signe pathognomonique la syphilis, comme beaucoup de personnes l'ont prétendu. On rencontre ces jndes engorgées dans des ophlhalmies graves, le cancer des paupières, etc. ifiicordj Desmarres et d'autres auteurs ont rapporté des cas de chancre des jpières et des conjonctives ; mais « c'est un accident qui, comme le dit Ricord, saute que rarement aux yeux, et ce n'est pas, dans tous les cas, celui qui rend le is ordinairement V amour aveugle. »
J'ai vu cinq cas de chancres indurés des bords des paupières, et ils étaient tours inoculés sur la muqueuse; la peau n'élait envahie que plus tard. Une altération gonmieuse de la conjonctive a été décrite par le professeur Magni ! Bologne).
Le traitement interne raercuriel et les frictions sur le front, la tempe et derrière reille guérissent promptement le mal. Localement, rien n'agit mieux que la ijdre de calomel porphyrisé, dont on saupoudre l'ulcère.
Bibliographie. — Smee, Éruption syphiù'tùjue cuivrée siégeant dans la conjonctive {Loni Médical Gazette el Aiinales d'oculisf., 1845, t. XIV, p. 31). — IMcord, Lettres à M. Desrres, dans Desmarres, Traité des maladies des yeux, t. II, p. 213. — Ricord, Lettres sur syphilis, 3"= édition. Paris, 1863. — Magni, Kérato-cvnjonctivile gununeuse {Giornale d'Ofmolotjia italiano, 1863, el Annales d'oculist., l. LI, janvier 1864, p. 115). — Lancereaux 'litéhist. et prat, sur la syphilis. Paris, 18G6, p. 509. ' '