DISTANCE' DE DA VISION DISTINCTE
14 pouces
35 centimètres.
Les chiffres indiqués sur ce tableau peuvent nous faciliter le choix des lunettes; mais on doit savoir que ces résultats ne seront qu’approximatifs, et ils devront être ensuite soumis à des contre-épreuves, conformément aux six conditions indiquées plus haut.
3i Le choix des lunettes peut être fait au moyen de la formule classique : y dans laquelle /“représente la longueur focale principale, p et q deux
foyers conjugués d’une lentille. Mais comme dans les calculs qui en résultent il se présenterait constamment des fractions, Giraud-Teulon (1) proposa une table où ces fractions sont remplacées par des nombres entiers. A l’aide de cette table et d’un petit calcul arithmétique, on précise exactement le numéro du verre.
Javal (2) a eu une très-heureuse idée de remplacer la table, ainsi que tous les calculs, en faisant construire une règle à calcul, se composant de deux échelles munies des divisions représentant les âges et les numéros de? verres ; par un maniement très-simple, on trouve facilement le numéro nécessaire.
L’instrument se compose d’une règle et d’une réglette qui glisse dans une coulisse ménagée dans la règle. La réglette porte inscrits les numéros des verres à une
(1) Giraud-Teulon, Annales d'oculistique , t. LII, p. 23.
(2) E. Javal, Nouvelle règle à calcul ( Annales d’oculistique, 1865, t. LUI, p. 181). —
On trouve cette règle chez M, Naehet, opticien à Paris, 17, rue Saint-Séverin. » .
728 RÉFRACTION ET ACCOMMODATION
distance proportionnelle à l’action réfringente * de ces verres. La règle porte sur son plat, d’une part, une division identique avec celle de la réglette, et d’autre part es subdivisions du pied de Paris. Les branches portent : l’une les numéros des verres cylindriques du commerce, l’autre une division en centimètres et millimètres. Enfin dans la rainure sont des chiffres des âges inscrits à une distance de l’origine qui mesure l’amplitude d’accommodation \ correspondant à l’âge, exprimé par chacun de ces chiffres (1).
Pourtant on peut se passer, pour les presbytes, de cette règle, si l’on veut suivre le conseil ingénieux de Javal en ce qui concerne la disposition de la boîte des verres. Yoici comment ils doivent être disposés :
Concaves. Convexes.
6, 7, 8, 10, 12, 16, 24, 48, oo 48, 24, 16, 12, 10, 8, 7, 6.
D’autre part, sur un morceau de carton, à des distances égales à celles qui séparent ces verres dans la boîte, on marquera les numéros suivants représentant l’âge de l’individu :
Mettant le numéro h 2 de celte bande sous le verre avec lequel le malade voit le mieux à distance, on trouve au-dessus de son âge le verre qu’il convient de lui donner.
4. La distance à laquelle le malade lit le mieux les caractères ordinaires, soit. à l’œil nu, soit armé d’un verre biconvexe n° 10, comme le conseille Desmarres père, peut aussi être très-instructive. Dans la presbytie commençante, la lecture sera possible de 12 à 15 centimètres, et dans une presbytie plus marquée de 25 jusqu’à 40. Dans le premier cas, on prescrira entre 80 et 36, et dans le second entre 36 et 10. Arthur Chevalier a calculé, d’après les distances métriques, les numéros des verres qui sont nécessaires, et il faut dire que le mètre disposé ainsi par lui peut rendre de sérieux services.
5. Optomètre de Perrin. — Il se compose d’un tube cylindrique monté sur un pied et dont les deux extrémités sont pourvues, l’une d’un objet dessiné sur un verre noirci, quoique transparent; et l’autre, d’une lentille convergente qui sert d’oculaire. Dans l’intérieur du tube se trouve une lentille mobile concave, qui se déplace depuis l’objet jusqu’à l’oculaire au moyen d’un pignon et d’une crémaillère. Selon la position qu’elle occupe par rapport à l’objet, la lentille concave imprime aux rayons lumineux, émanés de ce dernier, des directions telles qu’en sortant de l’oculaire, ils présentent successivement tous les degrés de convergence et de divergence qui conviennent aux yeux emmétropes ou amétropes. La glissière
(1) Voici un exemple d’application de la règle à calcul de Javal :
En emmétrope de cinquante ans a besoin de lunettes. Sur la règle au-dessus du chiffre 42 du pied de Paris, on remarque une flèche. Les subdivisions du pied devront être considérées comme exprimant des années. — On amène l’origine de la réglette en face de la flèche du chiffre 42, et on lit au-dessus de chaque subdivision du pied le verre requis par l’âge qu’elle représente.
qui entraîne la lentille porte un index qui affleure une règle graduée en pouces, et destinée à donner l’évaluation de l’état de réfraction. L’expérience n’est pas encore complètement faite au sujet de cet appareil, mais il y a tout lieu de croire qu’il rendra de réels services.
6. Il est indispensable de connaître le genre de travail pour lequel le malade a besoin de lunettes. Il y a en effet des ouvrages qui exigent une acuité visuelle excessive, par exemple lorsqu’on fait la gravure et le dessin de la miniature, et alors des verres grossissants très-forts sont nécessaires. Tout au contraire, pour l’écriture et la lecture des caractères ordinaires, un très-fort grossissement, ni un rapprochement très-grand de l’objet, ne sont pas indispensables. Ce n’est qu’en se conformant à toutes ces exigences du travail qu’on pourra indiquer un numéro convenable des verres convexes.
7 . Le choix des lunettes pour le presbyte est facilité singulièrement, lorsqu’on sait préalablement s’il a déjà porté des lunettes, quel est son numéro ancien, et combien de temps elles lui ont servi. En supposant que le malade a porté pendant un ou deux ans et sans fatigue un verre quelconque, il suffit alors de prendre un ou deux numéros au-dessus, pour qu’on ait le verre nécessaire.
8. Il est aussi utile d’examiner avec l’ophthalmoscope l’état du cristallin et de toutes les membranes internes de l’œil, ainsi que la santé générale. Nous savons, en effet, qu’une cataracte commençante et le glaucome accélèrent le développement de la presbytie. La même chose a lieu pour certaines affections générales, par exemple la glycosurie.
9. La forme des verres et leur disposition peut avoir une certaine importance. Ordinairement on a l’habitude de porter des verres ovales, et rien ne s’y oppose, pourvu qu’ils ne soient pas trop petits et que les axes des verres coïncident avec les axes visuels. Il y a quelquefois un avantage pour les presbytes d’avoir les verres montés de telle façon que la personne puisse voir au loin par-dessus les lunettes. Si cela devenait nécessaire, on pourrait donner à la monture et aux verres une forme aplatie par en haut.
10. Les presbytes aiment à porter leurs lunettes au bout de leur nez, ce qui indique que les numéros ne sont pas suffisamment forts. Lorsqu’on se sert de verres très-forts, on doit les porter rapprochés de l’œil. Ils ont en effet la propriété de faire converger les rayons incidents et de rendre l’objet éloigné en apparence, et pour qu’il n’y ait pas de diplopie, les yeux font un mouvement de convergence exagérée qui amène facilement une fatigue. En rapprochant les lunettes tout près des yeux, on force les rayons lumineux émanant de l’objet à passer à travers la partie externe du verre biconvexe. Ce dernier joue alors le rôle d’un prisme, et, en déplaçant les rayons vers la macula, prévient la diplopie et la fatigue.
11. Il est tout aussi nuisible de faire porter les lunettes convexes avant le temps que d’empêcher de les porter quand elles sont nécessaires. Les lunettes, employées convenablement et dans leur temps, préservent les yeux de fatigues et de congestions inévitables.
ARTICLE II