TRAITEMENT CHIRURGICAL I)U STRABISME
bon avec un verre opaque, je place en outre devant l’œil qui louche un verre convexe convenable, permettant de voir au loin. Je le fais décentrer progressivement afin que ce verre agisse non-seulement par neutralisation d’hypermétropie, mais aussi dans le sens de verres prismatiques.
Andry, Darwin et plusieurs autres praticiens ont cherché à rendre au globe oculaire sa direction normale par divers appareils plus ou moins ingénieux, mais qui pourtant tombèrent en oubli. De Graefe et Giraud-Teulon avaient essayé de redresser les strabismes au moyen de vèrres prismatiques. Ces verres, en effet, en amenant l’image de l’œil dévié' très-près de la macula, provoquaient une sorte de contraction exagérée dans l’antagoniste du muscle contracté, qui seule pouvait faire disparaître la diplopie gênante pour la vue. Enfin dans ces derniers temps E. Javal a eu recours à l’exercice des yeux au moyen d’un appareil stéréoscopique. Il commence d’abord par supprimer la neutralisation de l’œil dévié en le tenant bandé ou voilé pendant quelque temps, après quoi il cherche à fusionner les images doubles au moyen d’un appareil stéréoscopique construit ad hoc, et dont voici une description :
Stéréoscope de Javal. — L’instrument (fig. 871) se compose de quatre planchettes réunies par des charnières et formant une sorte de paravent; les deux planchettes internes sont recouvertes des miroirs M ; les deux autres planchettes,
B et G, reçoivent des images identiques dessinées sur des cartons et qui se reflètent dans les miroirs placés à un angle de 45 degrés. En regardant de chaque œil dans la glace correspondante , le malade aperçoit les deux images réfléchies, chant et écartant les images. Ces expériences souvent renouvelées peuvent faciliter l’exercice des muscles et peuvent surtout être utiles après les opérations de strabisme, pour le rétablissement de la vision binoculaire.
ARTICLE II