‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 92 sur 245 · BLESSURES ET RUPTURES DE LA SCLÉROTIQUE · texte numérisé non relu

BLESSURES ET RUPTURES DE LA SCLÉROTIQUE

Les blessures de la sclérotique s’observent le plus souvent dans l’hémisphère antérieur de l’œil, et tout près de la cornée. Les éclats de capsules ou d’acier, les fragments de plomb, produisent des blessures excessivement graves ; cette gravité ne provient pas de l’étendue de la plaie, mais plutôt du corps étranger qui reste souvent dans l’œil.

Les blessures faites par les corps contondants et les projectiles de guerre ne sé bornent pas, comme le dit Legouest, à contusionner l’œil, mais elles le déchirent, . le traversent et le désorganisent; après un pareil accident, on voit souvent l’œil se vider et s’atrophier.

Les plaies scléroticales rapprochées de la cornée donnent souvent lieu à une hernie de l’iris et d’une partie de la choroïde. Il se produit alors une tumeur grisâtre ou bleuâtre staphylomateuse, qui peut entretenir une irritation permanente, tant que cette tumeur ne sera pas enlevée ainsi qu’une partie de l’iris située au ,

voisinage de la plaie. C’est ainsi que je suis parvenu à guérir deux malades atteints de staphylômes traumatiques précornéens avec flocons dans le corps vitré. L’excision du stapbvlôme et d’une partie de l’iris amena la guérison complète de la tumeur et le rétablissement de la vue.

Les blessures de la sclérotique peuvent aussi donner lieu à un décollement de la rétine, à des flocons multiples dans le corps vitré, et à une luxation du cristallin, soit dans la corps vitré, soit sous la conjonctive. Mais ces accidents sont plus fréquents dans cette seconde forme de traumatisme, et notamment dans les ruptures de la sclérotique.

La sclérotique et la choroïde sont, d’après Gosselin et Denonvilliers, les parties de l’œil les plus susceptibles de se rompre, et cette rupture se produit dans un grand nombre des cas au devant de l’insertion des muscles droits internes. Selon Gosselin, on peut facilement reconnaître la rupture de la sclérotique, même dans le cas où un épanchement sanguin -sous-conjonctival le masque complètement.

Pour cela, on comprime la cornée: avec ia pulpe du doigt, et si une partie des milieux est évacuée, elle s’affaisse et conserve la forme que lui a donnée la pression exercée par le corps vulnérant.

C’est surtout dans la partie antérieure que la rupture de la sclérotique se por-

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