ANATOMIE
et des fibres nerveuses, s'effacent presque complètement, comme on peut s'en convaincre par la figure 275, empruntée au docteur Schultze.
Il importe de connaître exactement la disposition des libres dans la région de la macula lutea. II en est qui arrivent droit à la tache jaune, et se perdent insensiblement à sa périphérie; les autres la contournent en décrivant une courbe.
Quant au foramen centrale de la rétine, dont parle Sœmmering, il est démontré aujourd'hui qu'il n'existe point sur les yeux très-frais, et n'est par conséquent que l'effet de la macération cadavérique. KÔlliker a constaté l'intégrité parfaite de cette région en l'examinant sur les yeux des suppliciés. La même chose a été démontrée plus tard par Coccius et Jaeger sur les yeux des animaux.
G. Ora serrata de la rétine. — Les éléments nerveux de la rétine se raréfient de plus en plu^, à mesure qu'on se rapproche de la partie équatoriale de l'œil. Toute la membrane s'amincit très-sensiblement, perd successivement tous ses éléments et n'est plus représentée que par son tissu connectif. C'est celte partie de la rétine, qui n'a du reste que des limites de convention, qui est généralement appelée ora serrata de la rétine.
La membrane nerveuse visuelle se termine en avant d'une manière insensible, en se soudant avec la membrane hyaloïdienne. Dans la région ciliaire, la rétine n'est plus rétine; elle n'existe plus comme membrane nerveuse, mais elle constitue là avec la hyaloïde un tissu qui peut faciliter l'endosmose et l'exosmose, et entretenir ainsi la nutrition et reproduction du corps vitré.
Vaisseaux de la rétine (fig. 276). — L'artère centrale de la rétine est la source principale de la nutrition de cette membrane. Après avoir franchi le trou optique de la sclérotique, elle se divise à la surface de la papille en deux branches, une supérieure, l'autre intérieure. Ces branches se divisent dichotomiquement, et forment sur toute l'étendue de la rétine une arborisation que nous voyons si bien à l'ophthalmoscope. Les veines suivent partout les artères et aboutissent aussi à la veine centrale sur la papille.
Dans la région de la macula, les vaisseaux n'arrivent pas à son centre^ mais ils disparaissent insensiblement â une certaine distance d'elle.
Au pourtour de la papille, on trouve quelques ramuscules vasculaires de la gaîne du nerf optique, qui se rendent plus spécialement vers la région de la macula.
(*) 1, couche de pigment; 2, couche des cônes; 3, membrane limitante externe; 4, granulations des cônes; 5, fibres des cônes; 6, couche intermédiaire; 7, couche granuleuse interne; 8, eouche moléculaire; 9, couche ganglionnaire; 40, couches des fibres nerveuses optiques.
RÉTINE
Les lymphatiques et les nervi nervorum n'ont pas été encore découverts dans la rétine, mais il n'y a pas de doute qu'ils y existent.
FiG. 277. — Coupe longitudinale FiG. 278. — Coupe transversale de la tunique
de la tunique externe {'^). externe, fibres élastiques (**).
La structure intime des artères de la rétine ne diffère pas beaucoup de celles du cerveau. Leurs parois sont constituées par trois tuniques superposées : 1° Tunique interne, recouverte d'une couche épithéliale ;
2° Tunique moyenne, formée de fibres musculaires de la vie organique disposées circulairement eu anneaux. C'est dans cette même couche musculaire que le docteur Gimbert ('!) a trouvé aussi des fibres longitudinales, qui jusqu'à lui avaient été méconnues (fig. 277 et 278);
(1) Gimbert, De la structure et de la texture des artères, thèse de Paris, 1865.
{*) Elle a été traitée par l'acide acétique, et démontre la direction longitudinale des fibres élastiques; ou voit leurs anastomoses d'avant en arrière. — Grossissement : 500 diamètres. (Gimbert.)
(**) Le plus grand nombre des fibres élastiques est coupé en travers ; les intervalles qui existent entre ses éléments, groupés en faisceaux, sont comblés par de la substance amorphe et des fibres lamineuses gonllées par l'acide acétique. — Grossissement : 500 diamètres. (Gimbert.)