‹ Traité des maladies des yeux (volume 4)Chapitre 46 sur 122 · PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE

I moyenne les fibres du vert, et celle de là moindre longueur d'onde les fibres du I violet.

I Le mélange de ces trois couleurs dans différentes proportions faisaient, d'après l'auteur anglais, naître la sensation de toutes les autres couleurs du spectre.

L hypothèse de Th. Young a trouvé un défenseur zélé dans Helmholtz, qui l'a développpe et commentée par de nouvelles observations et de nouvelles déductions physiologiques (1).

i Mais il est dilficile d'admettre cette hypothèse, d'abord à cause de l'absence des trois sortes de fibres nerveuses dans la réline ; d'autre part, le choix des couleurs fait par Young est tout à fait arbitraire, et au lieu de celles qu'il a choisies, Helmholtz reconnaît qu'on pourrait choisir trois autres couleurs, et cette autre hypothèse serait plus compliquée sans être impossible.

On a voulu trouver la confirmation de cette théorie dans les faits de dyschromatopsie congénitale ; mais nous dirons avec Aubert (2) « que les recherches sur les cécités des couleurs ne peuvent seririr de preuve, soit pour, soit contre la théorie de Young » .

2. Acuité visuelle. — Vacuité de la vision centrale et périphérique dépend du diamètre des cônes et des bâtonnets, de leur rapprochement réciproque.

Nous avons vu plus haut à quel degré d'acuité l'œil peut arriver. Les parties latérales de la rétine ont une sensibilité bien moins grande, et il résulte des expériences d'Aubert et de Foerster : 1° que l'acuité visuelle diminue progressivement du centre vers la périphérie, et 2° que l'affaiblissement de l'acuité visuelle n'est pas égale dans tous les méridiens de l'œil; et en effet elle s'émousse plus rapidement en haut et en bas, tandis que les parties externe et interne sont relativement plus sensibles à des distances égales du centre.

L'étendue périphérique du champ visuel est très-grande, comme nous l'avons démontré plus haut ; elle dépend de toute la surface de la rétine, qui se trouve placée au fond de la coque oculaire. Chaque point de cette sphère creuse correspond à un point quelconque de l'espace qui l'entoure, ce qui fait qu'en ayant la notion exacte de tout l'espace qui nous entoure, nous avons la possibihté de nous orienter et de nous conduire.

En résumé, la faculté de distinguer les objets les plus fins, de lire et décrire, de fixer les objets, etc., appartient à la macula, tandis que pour se conduire et se rendre \m compte exact du milieu qui nous entoure-, nous avons besoin d'avoir les parties périphériques de la rétine dans leur intégrité parfaite. Que la macula soit altérée ou détruite par un processus morbide quelconque, et que le reste de la rétine se maintienne sain, l'acuité visuelle sera complètement éteinte, tandis que le malade pourra se conduire ; lorsque, au contraire, la macula seule est intacte penclant que le reste de la réline est détruit et atrophié, l'individu pourra lire les caractères les plus fins de l'imprimé, et il ne pourra se conduire qu'avec peine.

3. F hosphènes rétiniens. — L'excitation mécanique de la rétine, quelle que soit sa nature, produit invariablement une sensation lumineuse qu'on appeUe phosphène. Ce phénomène physiologique était déjà signalé par C. Savigny, Brewster et Szokalski; mais c'est à Serre, d Uzès (3), qu'appartient le mérite d'avoir su étudier avec la plus grande exa* titude toutes les particularités qui se rapportent à la production artificielle des phosphènes et leur valeur sémiotique.

Si l'on cherche à comprimer avec le bout du doigt le globe de l'œil du côté externe, on fait naître du côté opposé un cercle lumineux plus ou moins complet. C'est la rétine qui, sous l'influence de l'excitation mécanique, perçoit cette lumière; mais la production de ce phénomène suppose l'intégrité parfaite de la rétine.

(1) Helmholtz, Optique physiologique, trad. franç., p. 398.

(2) Aubert, Physiologie der Netzhaut, p. iSà.

(3) Serre (d'Uzès), Essai sur les phosphènes ou anneaux lumineux de la rétine. Paris, 1853.

RÉTINE

D'après Serre (d'Uzès), on place l'individu que l'on soumet à cet examen dans un endroit peu éclairé, de telle sorte qu'il tourne le dos à la fenêtre, et on lui fait fermer doucement les yeux. A ce moment, on presse fortement sur l'œil avec le bord unguéal de la pulpe du doigt ou avec l'ongle lui-même, d'abord sur la partie externe de l'œil, qui fait paraître le phosphène à l'angle interne et que l'on désigne sous le nom de phosphène temporal; celui qu'on obtient par la pression exercée sur la partie interne de l'œil porte le nom de phosphène nasal. En comprimant la partie supérieure, on a le phosphène frontal^ et le phosphène jugal est celui qui se montre en haut.

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