PRÉFACE DE LA TROISIEME ÉDITION
En présentant au public médical pour la troisième fois mon Traité des maladies des yeux, je tiens à lui indiquer les additions et les améliorations que j'ai introduites dans cette nouvelle édition.
La science, qui sera la gloire de ce siècle, fait tous les jours de tels progrès, qu'il faut la suivre pas à pas, et s'élancer avec elle à la recherche de la vérité. On doit parfois ne pas craindre de renoncer à d'anciennes croyances, et voilà pourquoi je n'ai pas hésité à refaire entièrement quelques chapitres, et h en «'crire d'autres complètement nouveaux.
Ailleurs encore j'ai cru devoir reprendre d'anciennes méthodes, car la lumière nous vient souvent aussi du passé. N'oublions pas, en effet, que nos maîtres, à nous, ophthalmologistes français, s'appellent Daviel, Desmours, Desmarres, etc.; sachons allier leurs sages préceptes aux. merveilleuses découvertes de nos jours. C'est grâce h ces découvertes que la douleur et le danger ont été en partie vaincus. Je parle ici de la cocaïne, cet admirable anesthésique, et de la méthode antiseptique que nous devons à Lister et à notre grand Pasteur.
Profitant aussi des précieuses leçons de M. le professeur Ranvier sur la structure microscopique des différentes membranes de l'œil, et des observations de son élève M. le Hache, j'ai pu donner aux chapitres concernant la cornée, la choroïde et le corps vitré, une extension beaucoup plus grande.
Cherchant une analogie entre les affections de la cornée et différentes autres parties de l'organisme, j'ai démontré que les ulcères et les phlyctènes de la cornée ne sont, dans la plupart des cas, que l'évolution d'une affection herpétique ou de l'herpès fébrile de Verneuil.
Il m'a donc fallu tenir compte de toutes ces belles inventions, et reviser mon travail de fond en comble, de telle façon que c'est presque un ouvrage nouveau que je hvre à la publicité.
De longs chapitres sont consacrés aux affections du nerf optique et de la rétine, et plus spécialement à leur diagnostic, dans les maladies cérébrales, spinales et constitutionnelles. Des paragraphes entiers ont été ajoutés, dans lesquels sont exposés des sujets nouveaux tels que : la migraine ophthalmique, que j'ai décrite le premier, la Uératoscopie de Cuignet, etc.
PHÉPACl-:.
J'ai dû remanier entièrement l'artiele concernant l'opf^ratujii de k cataracte, car l'expérience m'a fait revenir à l'extraction h lambeau sans iridectomie, mûtliode qui présente de plus grands avanta}<es qu'autrefois, en raison de l'emploi du pansement antiseptique.
La thérapeutique tient une large place dans cet ouvrage, et pour faire profiter mes lecteurs de toutes les découvertes modernes, j'ai cherché h adapter h la thérapeutique oculaire tout ce qu'il y a d'utih; et de pratique dans les travaux les plus récents qui ont été écrits sur ce sujet.
Dans un chapitre spécial, j'ai consigné, d'après M. Chauvel, les documents concernant les affections oculaires au point de vue du recrutement de l'armée, des conseils de révision, des causes de réforme, et les renseignements relatifs à l'admission des jeunes gens dans les écoles mihtaires.
La médecine légale étant un point des plus déUcats, et exigeant de la part du médecin, appelé comme expert, une très grande sagacité, j'ai cru nécessaire de développer ce sujet en m'appuyant sur des faits personnels.
L'hygiène, qui est le complément indispensable delà thérapeutique, occupe également une place importante dans mon travail. Je me suis .appliqué à traiter ce sujet d'une façon simple et claire, afin d'en rendre la lecture accessible non-seulement à mes confrères, mais encore aux gens du monde, que cette question intéresse de jour en jour davantage.
Ces quelques mots sufhront à guider à travers cet ouvrage les lecteurs qui me feront l'honneur de le consulter, et qui m'accorderont, , j'en ai l'espoir, la même bienveillance que parle passé.
Je ne veux pas terminer sans adresser mes meilleurs remerciements ài mon collaborateur et ami, M. le D-" Fontan, le savant professeur d'anatomie à l'École de médecine navale de Toulon, qui m'a si gracieusement! aidé dans la révision de l'anatomie oculaire.
Je remercie aussi bien cordialement mon distingué confrère, M. le Ch. Schmit, qui m'a prêté son précieux concours dans la rédaction de cette nouvelle édition de mon livre.
G.\LEZ0WSK1.
Paris, le 22 février 1888.