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CHAPITRE II

MODE D'EXPLORATION

1° Dans l'examen des voies excrétoires des larmes, on doit s'assurer : si le bord libre de la paupière inférieure et son point lacrymal ne sont pas écartés du ^lobe oculaire et s'il n'y a pas de larmes accumulées sur le rebord palpébral. On s'en assure en faisant regarder le malade tout à fait en haut : si, dans cette position, on constate la moindre déviation en dehors, ce sera con- . sidéré comme défectueux.

2° L'ouverture des points lacrymaux n'est pas la même chez tous les indivi- , dus; ils sont plus larges ou plus petits, et leur petitesse relative peut coïncider avec l'état physiologique, tandis que, dans d'autres cas, de larges points lacrymaux se rencontrent simultanément avec un rétrécissement et une obstruction complète du canal lacrymal. On peut s'assurer de leur perméabilité à l'aide d'un petit stylet d'Anel que l'on introduit dans le point lacrymal. Pour bien exécuter cette opération, on tire avec la main gauche la paupière inférieure de dedans en dehors et en bas, en la renversant en même temps en dehors, et de la main droite on appuie la pointe du stylet verticalement contre le point lacrymal; aussitôt que le stylet est engagé, on lui fait prendre la position horizontale et on le glisse plus profondément dans cette direction.

Dans un rétrécissement plus prononcé du point lacrymal, Desmarres père cherche à le franchir au moyen d'une épingle ordinaire dont il enlève la pointe avec des ciseaux.

3° Pour juger de l'état du sac lacrymal, il faut examiner d'abord l'angle interne de l'œil et la région du sac; voir si le ligament palpébral interne fait une saillie suffisante des deux côtés du nez; attirer ensuite l'angle externe des paupières avec le pouce en dehors, et s'assurer si la saillie de ce ligament est aussi prononcée que dans l'état physiologique. L'effacement de ce tendon indique souvent l'inflammation du sac.

4« En appuyant avec l'indicateur contre l'angle interne de l'œil et contre le sac, on regarde si le liquide transparent ou purulent ne reflue pas par un des points lacrymaux. On provoque ~ '^'^^'^

quelquefois, par cette pression, un bruit de clapotement qui est aussi anormal et dépend d'une distension morbide du sac.

(') A, canule droite ; B, canule courl)c ; C, canule conique.

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5° Pour juger de l'état de perméabilité de tout le trajet des voies lacrymale» il faut pratiquer une injection d'eau tiède à travers le point lacrymal inférieur, en introduisant profondément dans le canalicule lacrymal la canule A ou B (voyez fig. 63) de la sei-ingue d'Anel. On recule ensuite légèrement la canule et l'on pousse l'injection avec lenteur, de peur de distendre trop rapidement ces cavités, ce qui pourrait occasionner au malade une douleur très vive.

6° Lorsque le malade tient la tête renversée en arrière, le liquide injecté doit passer lout entier dans la gorge; l'injection passe au contraire dans le nez dès qu'il incline la tête en avant. Si l'injection revient en partie ou en totalité |t;u le point supérieur, et que l'œil se remplisse du liquide injecté, on doit en conclure qu'il existe un rélrécissement ou une obstruction d'une des partie^ des voies lacrymales.

7" Il faut aussi explorer les narines, et s'assurer s'il n'y a pas d'altéralions chroniques de la muqueuse nasale, ou des caries osseuses au voisinage de l'ouverture inférieure du canal nasal.

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