INSTRUMENTS DE PRESSION. - SPUYGMOMANOMÈTRE
sion du sang : en principe, la mesure manométrique qu'il donne nous apprend quelle pression hydrostatique est nécessaire pour comprimer complètement l'artère tendue.
Cet instrument se compose essentiellement (fig. 7) d'un manomètre (A) construit d'après le principe du baromètre anéroïde, avec cette différence que, dans le baromètre, la boîte métallique extensible est fermée et privée d'air, tandis qu'ici elle communique avec un tuyau en caoutchouc (B). Ce
Fis. 7.
tuyau se termine par une pelote compressive (C) également en caoutchouc, et fixée autour d'un petit tambour métallique. La boîte extensible du manomètre, le tuyau et la pelote terminale constituent une cavité fermée de toutes parts, et remplie d'eau au moyen d'un robinet (D).
La moindre pression exercée à la surface de la pelote augmente la tension de l'eau dans cet appareil et soulève la paroi de la boîte extensible : ce soulèvement se traduit, comme dans le baromètre, par la déviation de l'aiguille indicatrice. Chaque division du cadran correspond à dix millimètres de pression mercurielle.
Maniement du sphygmomanomètre : On saisit la tige du
TYPE VALVCI.AIHË.
tambour métallique qui supporte la pelote, et on applique celle-ci perpendiculairement sur une artère superficielle reposant sur un plan résistant (radiale ou temporale). On appuie graduellement jusqu'à ce que le doigt, fixé sur l'artère immédiatement au-de&sous de la pelote, ne sente plus les battements du pouls. A ce moment exact l'aiguille, qui s'est déviée progressivement, est arrêtée sur un degré du cadran, indiquant ainsi la tension de l'eau contenue dans la pelote et la boîte métallique du manomètre : or cette tension représente la charge nécessaire pour écraser l'artère de façon à y interrompre le cours du sang, c'est-à-dire à annuler la pression exercée par le liquide sanguin sur les parois artérielles. Pour obtenir la tension exacte, il faudra simplement lire le cadran au moment même de la disparition du pouls, et au moment même de sa réapparition.
Cet appareil, on le conçoit, ne saurait avoir la précision des hémodynamomètres, mis en contact direct avec le sang : l'épaisseur des tissus interposés, la situation plus ou moins profonde de l'artère, la résistance plus ou moins grande de ses parois, sont autant de causes d'erreur. Mais tel qu'il est, le sphygmomanomètre de Basch donne des résultats très intéressants qui peuvent être utilisés en physiologie et en clinique.
§ 2. — Applications physiologiques.
Le chiffre du baromètre-manomètre est dans l'état physiologique de 110 à 160 millimètres de mercure par l'exploration de la radiale, de 90 à 120 millimètres par celle de l'artère temporale. Des oscillations diurnes s'observent ici comme pour la fréquence du pouls, pour la quantité d'urée et de COéliminés; la pression augmente l'après-midi et cela indépendamment du repas, et retombe vers le soir (Zadek).
INSTIUIMENTS DE PRESSION. - SHIYOMOMANOMÈTUH. 121
Vaction musculaire élève également la pression ; ce fait est démontré par Zadek, Friedman, et se retrouve après les .exercices corporels ou l'ascension de montagnes; la pression peut alors monter de 125 à 180 millimètres (Bash). — H est à noter cependant que pendant le décubitus la pression est plus élevée que pendant la station debout (Wagner, Fried-
man
L'urination n'a pas de rapport direct avec la pression du sang (Christeller).
I 3. Applications cliniques et thérapeutiques.
Les recherches de Bash et de ses élèves ont démontré : 1" La faiblesse de la pression dans les insuffisances mi traies 5° L'élévation de la pression dans l'artériosclérose. 3" Dans les néphrites chroniques la pression dépasse la normale dans toutes les périodes où on trouve l'hypertrophie du cœur; sinon la pression reste normale.
4° Dans la plupart des cas de fièvre, et même dans la plupart des fièvres typhoïdes, la pression est plus élevée; elle tombe dans la défervescence pour revenir à la normale pendant la convalescence.
Riegel a nié l'élévation de la pression dans la fièvre. Bash formule aussi son opinion personnelle à cet égard. Pendant les hyperthermies il y a des conditions qui élèvent la pression , mais si l'hyperthermie persiste longtemps l'état inverse peut se produire.
.5° D'une manière générale le degré de pression dépend de la quantité de sang que le ventricule gauche projette dans l'aorte dans l'unité de temps, et de la résistance que le cours du sang éprouve dans le système artériel. — Or la réplétion du ventricule gauche dépend à son tour de la rapidité avec laquelle le sang parcourt le poumon pour remplir ensuite le
TYPE VALVULAIRE.
ventricule gauche; il existe encore d'autres circonstances qui font varier cette réplétion du ventricule; en tous les cas les lésions cadavériques ne rendent pas compte de ces diffé. rences.
60 r expérimentation elle-même (voir chapitre i) ne suffit pas pour éclairer le problème des circulations intra ou extracardiaques; l'augmentation de la puissance cardiaque et son adaptation aux obstacles ne sont jamais qu'un effet, et non pas la cause de l'excès de travail.
7° Les insuffisances artificielles de même que les insuffisances organiques ne modifient souvent en rien l'état de la pression.
On dit bien que dans l'insuffisance mitrale, surtout si elle est accompagnée de sténose, le pouls est mou; dans l'insuffisance aortique le pouls qui est bref (celer) serait dur selon les uns, et mou selon les autres. - Traube avait formulé d'une manière générale la loi de pression dans les maladies du cœur, mais sans en fournir la preuve matérielle, le tracé sphygmographique du pouls étant incapable de' fournir aucune donnée sur cette pression. — Il est même impossible de fixer une règle précise à cet égard.
8" Lésions compensées et périodes troublées. — On voit dans certains cas de compensations parfaites des lésions du cœur la pression se montrer très basse, tandis que dans certaines périodes troublées elle est très élevée. — On peut même avec des pressions hautes ou basses, voir le système veineux et la circulation pulmonaire profondément troublés comme dans les asystolies les plus avancées.
9° Dans les artério-scléroses on admet généralement que le pouls est très tendu, et que cependant ces maladies déterminent souvent des stases pulmonaires et veineuses périphériques. — Par l'expérimentation on peut observer les mêmes élévations de pression dans les grosses artères et les veines;