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SÉNÉ

Chrysophane, chrysorabine et acide chrysophanique. La chrysophane a été notée par Martin (1857); la chrysorabine, qui est analogue forme en se dédoublant de l'acide chrysophanique dont nous connaissons les caractères (voir rhubarbe).

En résumé le séné est un composé d'acide chrysophanique, et d'un glycoside acide, la cathartine, le tout soutenu par des matières aqueuses et des composés de magnésie.

Pour éprouver l'action purgative de la cathartine (acide cathartique) Kubly l'a prescrite à 0,1 à 0,3 ; elle détermina des coliques et de la diarrhée ; Hiller l'a injectée sous la peau à la dose de 0,1 dans une solution alcahne, et obtint les mêmes effets.

Ce principe actif passe par le lait, car les nourrissons dont la mère ou la nourrice ont pris du séné ont souvent des coliques et de la diarrhée.

Il n'agit nullement sur la sécrétion biliaire pour l'augmenter comme le croient Rohrig et Rutherford ; c'est le contraire qui a lieu. Paschkis (1884), l'a vu diminuer graduellement jusqu'à l'arrêt complet de la sécrétion. La matière colorante jaune des feuilles passe cependant rapidement dans les urines (Martin).

Lorsque le séné est dépouillé de sa résine par l'alcool, l'action purgative n'est pas diminuée, comme on le croyait, mais les inconvénients du remède sont amoindris. On l'emploie avec cette précaution.

Physiologie thérapeutique. — A dose modérée (1 k '2gr.),les feuilles de séné déterminent des évacuations gazeuses, et après 5 ou 6 heures des selles puriformes sans coliques concomitantes. Gomme elles ne contiennent pas de principe amer, elles ne produisent rien de favorable sur l'estomac, comme la rhubarbe. A 2 ou 4 gram. elles ont toute leur puissance purgative, sans cependant amener de vraie congestion intestinale. Ce qui est remarquable surtout, c'est que cette purgation ne laisse pas de constipation ultérieure.

Les mouvements intestinaux provoqués par ce remède portent surtout sur le gros intestin, moins sur l'intestin grêle (Nasse). L'irritation de l'intestin est passagère et bien plus faible que par beaucoup d'autres purgatifs; toutefois il faut en éviter l'usage dans les entérites, qui s'aggravent par ce moyen. Les flux hé-

Action de la

cathartine.

Action du séné.

Physiologie

et thérapeutique

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morrhoïdaux sont également activés ainsi que les menstrues ; pendant la grossesse le sené doit être proscrit.

Infusion. — La forme la plus simple pour l'administration du séné c'est Vinfusion faite ti froid. — 5, sur 50 eau ; 1 à 3 grandes cuillerées de cette infusion.

^ On peut aussi laisser macérer pendant la nuit une cuillerée de séné dans une tasse d'eau, et prendre cette macération le malin. Une bonne préparation est celle-ci : faites infuser le séné dans une tasse de café qui masque le goût delà plante, c'est un moyen qu'on peut répéter tous les deux ou trois jours.

Infusion de sené composée. — Combinée avec la manne.

par cuillerées à thé.

Sirop de séné avec manne, pour les enfants.

Espèces laxatives. — Feuilles de sené imprégnées d'une solution de 25 tartre.

une cuillerée à bouche pour une tasse d'eau.

5 feuilles de séné 7 de manne

4o parties d'eau bouillante.

A prendre par cuillerées.

Electuaire de séné.

Feuilles de séné Sirop Tamarin .

Thé de Saint- Germain.

Feuilles dérésinées de séné Fleurs de tilleul Fenouil

Hydrotartrate de potasse

Poudre de réglisse composée.

Pour 2 parties de feuilles de séné et de racine do réglisse. 1 partie de soufre et de fenouil 6 sucre

Une cuillerée à thé pour un adulte —

moitié pour un enfant.

GLYCOSIDES, ALOÈS

Art. I . — Glycosides et anhydrides 1° Aloès, acides mal déterminés.

L'aloès, dont le suc concentré des feuilles de diverses espèces d'aloës, comprend d'aloès hépatique venant des Barbades et de Curaçao, de même que le succotrin, venant de Zanzibar et de Natal, l'aloës consiste en masses brillantes, qui sous le microscope présentent en général un état amorphe parcouru par des masses cristallines couleur de safran, orange, ou couleur chocolat.

L'aloès officinal est à moitié soluble ; dans l'eau chaude comme Réac dans l'alcool il se dissout entièrement ; les solutions sont selon ' leur concentration d'unjaune doré jusqu'à la couleur brun rouge et sont d'abord très claires. Entièrement solublesdans lechloroforme, insolubles dansl'éther de pétrole, le benzol, l'éther; très solubles dans la lessive alcaline caustique et dans l'ammoniaque.

L'aloès du Cap contient (Kosman 1863) 591/2 d'une substance chimie, amère, amorphe, soluble dans l'eau, une résine insoluble dans l'eau (32 1 /2 0/0) qui n'a qu'une action douteuse. Sont-ce des glycosides? non. Ce qui agit surtout c'est l'aloïne.

Aloïne. Le principe découvert en 1851 par T. et H. Smith dans l'aloès des Barbades où il s'en trouve jusqu'à 25 0/0, forme des cristaux très amers, neutres, en aiguilles, difficilement solubles dans l'eau froide, facilement solubles dans l'alcool et l'éther! L'aloïne des Barbades et celle de l'aloès de Succotrin sont isomères d'après Tilden ; mais l'aloïne du Natal en diffère en ce qu'elle donne avec l'acide nitrique, de l'acide oxalique et picrique.

Effets de l'aloïne. Les effets sont très controversés, ce qui tient sans doute à sa provenance. A 0,12 celle des Barbades purge, et fortement à 0, 24. Cette propriété fut confirmée par Craig (1875) Dobson et Tilden (1875) et cette substance fut employée en pilules, en Angleterre. Au contraire Ilbbiquet et Vigla à l'aide de 0, 05 à 1 gr. (Kondratzki 1874) avec 0,05 à 0, 60 d'aloïne, Husemann à l'aide de 0, 1 à 0, 3 employé chez l'homme n'observèrent aucun effet. Schrof revient à la première opinion.

L'aloïne injectée sous la peau agit plus efficacement d'après Fronmuller, à la dose de 0,4 à 0,08 d'aloïne préparée par Merck

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et d'après Hiller en 1882, ce qui fut contesté par Kohn opérant sur des aliénés.

Expériences «Mr/e^anma^x. En injectant à des lapins l'aloïne dansletube digestif, Kohn (1882)observades congestions du petit bassin. Par des doses sous-cutanées suffisantes il se fit des gastrites hémorrhagiques ou ulcéreuses semblables à celles de l'arsenic. Chez les chiens et les souris, il observa des reins altérés, comme après les cas de chrome et après la cantharidine, c'està-dire la nécrose des épithéliums du rein avec des urines contenant l'albumine, des leucocytoses et des images grenues, cylindriques. 0,001 détermina chez la souris des convulsions mortelles ; les chiens périrent après l'injection de 0,10 par kilog; les lapins résistèrent.

Chez un chien, auque: Pachlds ^1884) fit une injection intraveineuse d'aloès il y eut comme avec l'acide cathartique une hématurie.

Toxicité chez l'homme. — Taylor cite des exemples d'intoxications mortelles chez l'homme, mais elles sont douteuses ; un cas mortel a été observé chez une femme allemande qui avait pris 8 gr. d'aloès dans du café, et un autre cas très grave fut observé par Rumpf par l'ingestion de 5 gr. d'aloès. Tout ceci ne se rapporte pas à l'aloïne pure.

Action de l'aloès en lavement. — L'aloès introduit dans l'intestin, chez les animaux semble, d'après Rutherford et Rohrig, présenter une action cholagogue ; ce fait a été contesté. Mais il est vrai que l'addition de la bile rend l'aloès plus actif. Sokolomsky et Cabe (1859) trouvèrent qu'un lavement tiède additionné de bile de bœuf opère non comme un lavemeut simple d'aloès, mais comme l'aloès pris par la bouche.

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