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MALADIES GÉNÉRALES & INFECTIEUSES DU CŒUR

ArtI. — Traitement de la maladie de Basedow.

Si on voulait établir la définilion de la maladie de Basedow par ses symptômes, nous trouverions en nous fondant sur la pathologie descriptive de la Salpètrière, édictéepar P. Blocq, un ensemble de 4 symptômes cardinaux, la tachycardie, le goître, l'exophthalmie, le tremblement, puis des symptômes secondaires, groupées en 7 catégories d'après leur localisation dans le système digestif (vomissement, diarrhée boulimie, ictère), dans le système respiratoire (toux, angine de poitrine), la sécrétion urinaire, les fonctions génitales, la peau, le système nerveux, toute la série des troubles nerveux, les signes généraux. Dans toute cette nomenclature nous ne trouvons rien de spécial, encore moins de caractéristique, c'est une énumération empirique, faite pour nous troubler.

I. Catégorie de symptômes ressortissant de la théorie bulbaire. Ce que nouspouvons établir de certain dès à présent:

Théorie bulbaire. C'est une première catégorie de syndromes relevant du centre bulbaire : c'est ce que j'ai prouvé il y a 13 ans, comme le rappelle consciencieusement Christophe dans son excellente thèse.

C'est ce qui est formellement démontré par Ballet dans son beau travail sur Tophtlialmoplégie. Cette théorie i^hysiologique et clinique rallie actuellement la majorité des observateurs. Elle rend compte des symptômes cardinaux déjà mentionnés, mais elle est susceptible aussi d'en expliquer les symptômes accessoires (Ballet).

La tachycardie goitreuse qui relève directement de la maladie dite de Basedow, rappelle la tachycardie provoquée par

MALADIE DE RASEDOW

les altérations du nerf vague. Mais le tronc de ce nerf lui-même ne peut être envahi, car alors on devrait observer des désordres des autres organes splanchniques ; il s'agit en effet d'une lésion nucléaire de l'un des groupes cellulaires bulbaires, origines des nerfs vagues; c'est la seule lésion qui puisse expliquer cette dissociation fonctionnelle.

La paralysie des nerfs moteurs bulbaires s'y rattache nettement.

Ualbumînurie, la pohjpnée, \a glycosurie, rentrent dans le même cas, et s'expliquent par ces lésions bulbaires, Cl. Bernard les avait déjà produites expérimentalement.

La théorie bulbaire a fait le sujet aussi d'expériences déjà anciennes de Filehne, qui par la section des corps restiformes sur de jeunes lapins a déterminé non seulement la tachycardie, mais l'exophthalmie, et même le goitre. Durdufi est arrivé aux mêmes résultats, en sectionnant le bulbe au niveau du tubercule acoustique Hale-White a trouvé une fois des lésions hémorrhagiques au niveau du plancher du quatrième ventricule.

Théorie ancienne du sympathique. Je ne parle de lathéorie du sympathique qu'au point de vue historique. Toutes les raisons physiologiques sont contraires. Avec une paralysie du sympathique on ne comprend pas les palpitations, ni la tachycardie. Avec une excitation du sympathique on se demande pourquoi il n'y a pas dilatation de la pupille et pâleur du visage.

«). Addition à la théorie bulbaire. État du cœur. La

tachycardie ne manque jamais; c'est le signe constant, caractéristique (Sée, Ballet). Les palpitations coexistent souvent, et sont accompagnées d'un fort choc du cœur. L'arythmie s'y joint avec un pouls souvent insaisissable.

Dilatation du cœur. Ces signes se rattachent souvent à la dilatation du cœur, aux souffles systoliques à la pointe du cœur.

Lésions mitrales. Nul doute, dit Rendu, que ce soufffe ne soit organique, et ne marque l'insuffisance mitrale, plus rarement le rétrécissement mitral. 11 est surtout plus rared'observer un souffle diastolique à la base du cœur.

Lésions aortiques de Basedow. Il s'agit là d'une insuffisance aortique avec troubles de Basedow. J'ai recueilli près de

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30 cas de ces diverses lésions devenues toutes mortelles, par la série des syniplùmes classiques des cardiopathies. Ce qui veut dire qu'il ne s'agit pas là d'hypertrophie ou de lésions endocardiquespar excès do travail cardiaque. Par contre j'ai vu des phénomènes haseflowiques se greffer graduellement sur les lésions du cœur et disparaître parfois, (3 cas très nets) ; c'est h. cette lésion aortique qu'il faut rapporter l'angor pectoris vrai qu'on observe porfois dans ces cas.

Œdèmes fugitifs et incomplets. Maulde (The practitionner déc. 92. Barth. hospit. t. 27, 1892.) a bien étudié les divers œdèmes, surtout ceux qui ne dépendent pas d'une lésion vulgaire du cœur. Cette étude présente un grand intérêt. Il distingue trois variétés : 1° l'œdème par insuffisance du cœur. Les auteurs ont souvent insisté sur cette variété et indiqué ses caractères qui sont absolument ceux de l'œdème de toutes les autres affections cardiaques. Il survient vraisemblablement alors des lésions valvulaires ou myocardiques, à titre de complication, et aussi une dilatation cardiaque primitive sur l'importance de laquelle Maulde attire l'attention ; 2° l'œdème d'origine nerveuse. Assez souvent on observe en effet, malgré la conservation de l'activité et de Ténergie du cœur, un léger œdème des membres inférieurs et cela en l'absence de toute albuminurie ; 3° l'œdème fugace, qui constitue une variété à part, qui est à coup sûr le plus rare. Subitement on voit apparaître une tuméfaction œdémateuse de la face, du cou, des bras ou des jambes qui disparaît spontanément en quelques heures. Cette variété d'œdème s'observe surtout au niveau des paupières et des yeux. Elle peut aussi survenir au niveau d'un seul membre. Rendu a décrit l'œdème des deux creux sus-claviculaires dans cette affection. L'œdème des paupières n'a aucun rapport avec l'exophtalmie, il peut être très fugace ou persister pendant plusieurs jours. Maulde signale encore l'apparition d'épanchements séreux passagers dans les articulations.

Les deux dernières formes sont certainement d'origine vasomotrice et comparables aux flux diarrhéiques ou gastriques bien connus dans la maladie de Basedow.

h) Article additionnel à la théorie précédente. Bulbe et vaso-moteurs.

Les paral^j'sies des yaso-moteurs se rapportent aussi au bulbe

MALADtES DE BASÈDOW

eUu centre vaso-moteur bulbaire. C'est k cette vaso-motricité qu'il faut rattacher:

10 Les diarrhées si graves et les vomissements d ordre para-

lytico- vaso-moteur. ,

2° Les altérations circulatoires de la peau amsi que les altérations nutritives. (Chloasma; maladie d'Addison ; pigmentation, sueur profonde, vitiligo).

30 L'exophthalmie est due k un trouble mécanique de la circulation ?

c). Phénomènes médullaires et encéphaliques.

10 Effondrement des jambes (Gharcot, Makensie).

20 Tremblement, constituant un phénomène constant.

30 Paralysie, signe de Graefe, difliculté de la convergence des

4° Convulsions, épilepsies associées, d'après Charcot, a 1 hystérie.

50 Tabès associé a la maladie de Basedow, (connexe, d après Barrié).

6° Aliénation mentale, (associations morbides d'après Ballet).

70 Signes génitaux. Je continue cette fastidieuse énumération par les singulières assertions où l'on voit la grossesse guérir et d'autres fois provoquer la maladie de Basedow.

Autre article additionnel à la théorie bulbaire. Un phénomène des plus importants a été signalé par Vigouroux, c'est la diminution de la résistance électrique. Martin, Eulenburg et surtout Kahler ont insisté avec raison sur ce caractère, que Charcot et Vigouroux considèrent comme appartenant aussi k d'autres maladies du cœur; toutefois il n'y s'agit pas de cette résistance absolue ni caractéristique.

IL Nouvelle théorie ou théorie thyroïdienne. Une nouvelle théorie surgit pour expliquer les divers phénomènes et surtout ceux du premier ordre. En effet même ceux-ci ne relèvent pas uniquement des troubles tachycardiques, ni de l'action du bulbe. Il y a, sans aucun doute une cause supérieure, tenant k l'influence du corps thyroïde.

Il y a plus d'une analogie entre cette maladie et certaines lésions thyroïdiennes; Mœbiusqui soulève cette question ajoute : dans les cas de goître où la glande est inactive, on observe des symptômes, qui par leur contraste avec ceux de la maladie de

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