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MALADIES DES VOIES D’EXCRÉTION DE LABILE

Les voies d’excrétion de la bile sont susceptibles de s’enflammer, et leur inflammation peut se borner à l’un des tissus qui entrent dans leur structure , ou les affecter tous en même temps. M. Louis a vu la membrane qui tapisse leur surface interne ulcérée ; M. Andral a eu occasion , au contraire , de la trouver très tuméfiée, épaissie , hypertrophiée. Suivant ces messieurs également, les tissus subjacents à cette membrane sont tantôt infiltrés de sérosités ou de pus , tantôt ramollis , profondément ulcérés: dans certains cas , considérablement épaissis , indurés , squirrheux ; ailleurs enfin transformés en tissus fibreux , cartilagineux , ou parsemés de plaques osseuses.

Il arrive quelquefois que les calculs qui se forment ou s’engagent dans les voies biliaires deviennent pour elles une cause de phlegmasie ; mais le plus ordinairement leur irritation se déclare sous l’influence de celle du tube digestif, du parenchyme hépatique , ou des organes qui leur sont contigus.

La cavité des canaux cystique , hépatique ou

DU FOIE, î;9

cholédoque peut s’effacer complètement: ces canaux ressemblent souvent alors à de véritables cordons fibreux. Lorsque leur oblitération n’est que partielle , ce qui est le plus commun , la portion de la cavité qui n’est pas obstruée conserve son calibre normal ou acquiert plus d’ampleur. Dans un cas particulier où un calcul bouchait l’orifice duodénal du canal cholédoque , M. Andral assure que celui-ci était tellement dilaté dans le reste de son étendue , que son diamètre égalait celui de la veine porte. On conçoit facilement que le même effet aurait pu avoir lieu si l’obstacle avait été dû à une autre cause.

La membrane muqueuse de la vésicule peut aussi épaissir au point d’en oblitérer entièrement la cavité. On a vu cette poche ne former plus qu’un petit corps plein auquel se terminait le canal cyslique. Si l’on en croyait même les auteurs, elle aurait entièrement disparu quelquefois , et l’on n’aurait trouvé à sa place que du tissu cellulaire plus ou moins condensé.

J’ai parlé, dans l’un des articles précédents , des pierres qui passent du foie dans la vésicule , ou qui se développent primitivement dans celle-ci. Ce qu’il me reste maintenant à signaler à l’attention des praticiens, c’est que, lorsque le canal cholédoque est oblitéré et que les conduits bépa-

i8o CONGESTIONS SANGUINES PASSIVES

tique et cystique ne le sont pas , la bile s’accumule dans son réservoir et donne lieu à une tumeur qui dépasse le Î3ord tranchant du foie.

Cette tumeure, située presque toujours immédiatement au-dessous du rebord cartilagineux des côtes droites , s’étend parfois plus bas dans l’hypocondre , et sa direction en pareille occurrence est tantôt perpendiculaire , tantôt singulièrement inclinée en arrière ou en avant. M. Andral a rencontré un individu chez qui la vésicule avait acquis des dimensions si extraordinaires, qu’elle touchait la crête iliaque, et même descendait jusque dans la fosse de ce nom.

Les tumeurs biliaires ont été prises assez fréquemment pour des abcès hépatiques. Le célèbre J. L. Petit commit cette méprise , et c’est ce qui le porta à chercher à déterminer les signes qui caractérisent chacune de ces affections, et à fournir ^insi le moyen de les distinguer l’une de l’autre .

Suivant lui , l’intumescence qui dépend d’un abcès hépatique est large , non circonscrite, et peut occuper tous les points de l’abdomen qui correspondent au foie ; celle qui est occasionée par la vésicule du fiel est circonscrite, et se manifeste le plus souvent au-dessous des fausses cô-

tes droites. Dans le premier cas, les parties enflammées offrent long-temps une dureté profonde à laquelle succède un empâtement qui ne se dissipe qu’après que le pus a été évacué ; la fluctuation ne se fait sentir qu’au centre de la tumeur, et le pourtour en est constamment dur et élevé. Dans le second cas , il n’y a ni dureté ni empâtement; la fluctuation est évidente partout. J’ajouterai que les abcès hépatiques, presque constamment précédés de douleurs pulsatives, s’accompagnent d’alternatives de sueurs et de frissons , d’exacerbations vers le foie , d’un état d’abattement qui n’est pas en rapport avec la diminution des douleurs , etc. , ce qui généralement ne s’observe pas dans les tumeurs biliaires.

Lorsque la vésicule se trouve distendue outre mesure , la tumeur qu’elle constitue disparaît , si l’obstacle qui s’opposait à l’écoulement de la bile cesse d’exister. Cette tumeur se dissipe également quand la vésicule se rompt et donne issue au liquide qu’elle contient. Dans ce cas , si cette poche a préalablement contracté des adhérences avec les parois abdominales , la bile se fait jour à l’extérieur ; ce fluide passe, au contraire, dans un autre organe creux , s’il s’est opéré entre cet organe et la vésicule quelque communication insolite. Ces deux circonstances excep-

tëcSj c est toujours dans le péritoine que s’effectue l’épanchement.

Le réservoir de la bile peut se déchirer par le fait seul de sa distension ; mais le plus communément sa rupture est due à ce que les parois atteintes d une inflammation chronique s’altèrent, s amincissent et se perforent. Cette rupture , au surplus, n’est pas la conséquence nécessaire du non-rétablissement du cours de la bile : il est des tumeurs biliaires qui persistent jusqu’à la mort ; on prétend même qu’il y en a où les parois de la vésicule , loin de s’amincir en se distendant, comme il semble que cela devrait être, acquièrent plus d’épaisseur qu’elles n’en ont dans l’état physiologique, et présentent des fibres rougeâtres , d’apparence musculaire.

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