‹ Traité des maladies du foieChapitre 23 sur 23 · DE LA BILE · texte numérisé non relu

DE LA BILE

Des analyses récentes et bien faites ont prouvé que la bile humaine contient , sur 1100 parties, 1000 d’eau , 4^ d’albumine , 41 substance résineuse , 2 a 10 de matière jaune , 5 à 6 de soude libre ,4^5 de phosphate , d’hydrochlorate et de sulfate de soude , de phosphate de chaux et d’oxide de fer. Mais il est un point sur lequel les chimistes modernes ne sont pas d’accord : les uns disent avoir rencontré dans la bile de

l’homme une certaine quantité de picromel , les autres prétendent que ce fluide n’en renferme pas du tout. M. Orfila semble pencher pour cette dernière opinion; cependant, s’il est vrai que, comme il l’assure , on obtienne, en versant du sous-acétate de plomb dans de la bile , un précipité d’oxide de plomb et de picromel , il faut bien que celui-ci existe dans la liqueur qui nous occupe.

La bile cystique de Thomme est verte , d’un brun jaunâtre, tantôt filante, tantôt liquide , toujours plus ou moins amère. Elle verdit le sirop de violette plus fortement que celle de bœuf; lorsqu’on la chauffe elle répand l’odeur du blanc d’œuf et se trouble. Les acides la décomposent et la précipitent; traitée par l’alcool, elle donne un précipité d’albumine et de matière jaune.

Si on la filtre et qu’on la traite par l’acétate de plomb , elle laisse précipiter de la matière verte. Enfin , si on la filtre de nouveau , et qu’on verse dessus du sous -acétate de plomb, on a pour résultat, suivant M. Orfila, un précipité de picromel et d’oxide de plomb.

La bile peut éprouver diverses altérations dans sa composition. Quelquefois elle perd de ses qualités stimulantes ; d’autres fois elle devient extrêmement corrosive. Morgàgm parle

DU FOIE

d’un individu qui était mort subi I ornent et chez qui la bile avait acquis une telle acrimonie , qu’il suffit d’en introduire une goutte avec la pointe d’un scalpel souslapeau de deux pigeons pour les faire périr en peu d’instants. M. Portai, a avancé, dans son ouvrage sur les maladies du foie, que , lorsque ce viscère est ce qit on appelle gras , et que les quatre cinquièmes de sa substance sont ainsi changés ( i ) , la bile est claire, limpide , sans saveur , purement albumineuse , et n’a presque pas de sérum ; quand on la soumet à l’évaporation elle se prend en masse , et l’on n’y découvre que des atomes de soude et de sels. M. Andral a eu occasion de rencontrer cet état de la bile , non seulement dans les dégénérations graisseuses du foie , mais dans quelques cas d’atropîiie de cet organe portée à un haut degré , et dans quelques autres où le parenchyme hépatique était induré , ou présentait des cyrrhoses, des granulations rouges.

Les altérations de la bile dont il vient d’être question sont les seules qu’on ait observées jusqu’ici. L’une d’elles, comme on voit , se trouve toujours liée à une lésion de texture du foie.

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Quant à l’autre , elle ne fut pas évidemment la cause de la mort chez le sujet dont parle Mongagni ? et tout porte à croire que c’est aussi un état pathologique de l’appareil biliaire qui la détermine. Le fluide qui nous occupe est-il susceptible de s’altérer spontanément ? ou , en d’autres termes , y a-t-il des affections primitives de la bile ? Cela peut être , mais nous ne savons rien de positif à cet égard.

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