‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 159 sur 178 · II. — ASCARIDES LOMBRICOÏDES · texte numérisé non relu

II. — ASCARIDES LOMBRICOÏDES

Lieutaud publia des cas d’ascarides lombricoïdes introduits dans le canal pancréatique et dans le canal cholédoque. Davaine rapporte en abrégé quatre observations de Bartholin, Gmelin, Heyner et Brera, dans lesquelles un ou plusieurs lombrics furent trouvés dans le canal de Wirsung. Ces faits, comme, d’ailleurs, un autre de Klebs, peuvent être contestés à cause de l’absence de toute lésion indiquant la pénétration de ces parasites dans les voies pancréatiques avant la mort. Il ne saurait en être de même dans le cas, rapporté par John Shea, d’une femme qui, s’étant bien portée jusqu’en mai 1881, fut prise, à cette époque, dans l’hypochondre droit, d’une douleur de plus en plus vive, bientôt suivie d’ictère. Ces symptômes cessèrent rapidement et reparurent en juin avec des nausées et des vomissements bilieux qui allèrent en augmentant et amenèrent la mort quelques jours plus tard. Indépendamment d’une légère congestion de la base des poumons et d’une diminution de consistance du foie, le pancréas était augmenté de volume et contenait dans son épaisseur un abcès volumineux, tandis que son canal se trouvait obstrué par un ver qui pendait dans le duodénum. Cette observation, tout en mettant en évidence la possibilité de l’envahissement des voies pancréatiques par des lombrics, et en montrant que la suppuration du pancréas peut en résulter, ainsi qu’il arrive pour les voies biliaires, laisse toutefois à désirer au point de vue des détails et n’entraîne pas une conviction absolue.

D’autres parasites peuvent vraisemblablement envahir le pancréas, mais ils sont peu ou pas connus. Du Cazal et Vaillard ont

1. A. Berge, Un cas de ladrerie chez l’homme (Bull. Soc. cinçdom., Paris, 1891,

rapporté le fait d’un médecin de la marine qui succomba à 33 ans, six jours après le début d’une maladie caractérisée par de la fièvre, de la diarrhée, du ballonnement de l’abdomen, et assez peu différente du choléra. A l’autopsie, ces auteurs trouvèrent une éruption confluente de nodules caséiformes sur presque toute l’étendue du péritoine, du mésentère et de l’épiploon; le pancréas, infiltré de tumeurs de même nature, mais plus volumineuses, semblait avoir été le siège primitif de l’affection. Un foyer unique de la même lésion existait dans le foie et une péritonite, d’origine récente, avait amené des adhérences de quelques anses intestinales. L’examen bactériologique démontra que ces lésions, qu’il fut possible de transmettre au lapin, avaient pour cause un bacille très court, deux fois plus long que large, à bouts arrondis, isolé ou articulé, se laissant facilement colorer et dont les cultures dégageaient une odeur spéciale, rappelant celle de l’urine putréfiée.

Davaine (Ch.). Traité des entozoaires, 2e éd., Paris, 1877, p. 156. — Shea (J.). Abcès du pancréas avec obstruct. du canal pancréatique par un lombric. (The Lancet, 6 nov. 1881, p. 791 et Un. méd., Paris, 1882, t. II, p. 342.) — Nash (J. -P.). Lumlndcus in pancréas. ( Brit . med. Journal. London, 1883, t. II, p. 770.) — Du Cazal et Vaillard. Sur une maladie parasitaire de l’homme, transmissible au lapin. (Annales de l’Institut Pasteur, juin 1891.)

Art. II. — Traumatisme du pancréas.

La situation profonde du pancréas et son petit volume expliquent la rareté du traumatisme de cette glande; l’importance et la multiplicité des organes de voisinage rendent compte de sa gravité et de la difficulté de son diagnostic, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il est produit. Les lésions provenant du traumatisme du pancréas se divisent, d’après le mode d’action des agents vulnérants, en deux groupes : les contusions et les plaies.

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