‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 43 sur 178 · I. — HÉPATOCÈLE ABDOMINALE ET DIAPHRAGMATIQUE · texte numérisé non relu

I. — HÉPATOCÈLE ABDOMINALE ET DIAPHRAGMATIQUE

L’hépatocèle abdominale, quoique rare, a été observée dans quelques cas de fissure du ventre. (Voyez notre Traité <T anatomie pathologique, Paris, 1875-1877, I, p. 147.) Plusieurs exemples d’hépatocèle diaphragmatique ont été rassemblés par Lambron, dans un mémoire intéressant où il s’applique à démontrer que ce désordre est congénital, et se produit de préférence à droite, par suite du moindre volume du lobe droitdu foie, chez le fœtus, et de la prédominance du siège de cet organe dans ce côté. Un cas qui lui est personnel concerne une femme de soixante-dix-sept ans, chez laquelle on constata l’existence, au pourtour de l’orifice de la veine cave, d’une poche constituée par trois couches, deux séreuses et une intermédiaire, formée par du tissu cellulaire condensé. Cette poche occupait presque toute la gouttière costale droite. Le pou-

1. Traité cl' anatomie pathologique, Paris, 1873-1877, p. 182. — Comparez : Lorey, Inversion des organes thoraciques (Bull, de la Soc. anat., 1874, p. 318).

Fig. 1. — Transposition générale des viscères.

a, cœur; ô, foie; c, rate; d, appendice vermiformo.

mon de ce côté était rejeté en avant, sa face externe répondait en partie au sternum, et son bord antérieur se portait au-devant du cœur qu’il déplaçait. Le volume de ce poumon était moitié moindre que celui du poumon gauche; à part quelques adhérences, il offrait, ainsi que son congénère, une intégrité parfaite. Le foie avait son lobe droit dans le sac herniaire, taudis que le lobe gauche, très développé, remontait dans l’hypochondre gauche jusque vers la sixième côte sternale ou le cinquième espace intercostal, et refoulait la rate qui lui était adhérente; l’angle de réunion du côlon ascendant et du côlon transverse se trouvait aussi enfermé dans le sac herniaire et maintenu par des adhérences légères; celui-ci portait l’empreinte du pourtour de l’anneau diaphragmatique, et le foie présentait une dépression semblable qui partageait en deux moitiés le sinus de la veine porte. La vésicule biliaire, remarquable par l’épaississement de ses parois, contenait quatre calculs taillés à facettes.

La malade se plaignait de gêne de la respiration, depuis nombre d’années, ce qui avait conduit à penser qu’elle était asthmatique. Un semblable désordre se trouve mentionné dans plusieurs autres observations, il peut mettre sur la voie du diagnostic, mais celui-ci ne peut être établi que par la palpation, la percussion et l’auscultation qui permettent de reconnaître l’existence, à la partie inférieure du thorax, d’un corps solide stationnaire et permanent, sans traces de cachexie, avec absence de matité dans une partie de la région hépatique. La thérapeutique est inefficace, dans l’impossibilité où l’on se trouve de réduire la hernie, à moins d’une opération sanglante.

Lambron (E.). Mémoire sur l’hépatocèle diaphragmatique. ( Gaz.méd . de Paris, 1839, p. 177.) — Duguet (J. -B.). De la hernie diaphragmatique congénitale (Thèse de Paris, 1866.) — Murchison. Diaphragmatic hernia. Displacement of liver into right pleura. ( Transact . of the pathol . Soc. of London, 1866, t. XVII, p. 164.) — Lancereaux (E.). Traité d’anatomie pathologique, t. III, p. 246 avec la Bibliographie des hernies diaphragmatiques.

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