‹ Traité des maladies du testicule et de ses annexesChapitre 36 sur 126 · H. — ORCHITE DE CAUSES INFECTIEUSES DIVERSES · texte numérisé non relu

H. — ORCHITE DE CAUSES INFECTIEUSES DIVERSES

Sous le nom d'orchite, observée à la Guyane, le D'' Drago (2) décrit une variété d'inflammation du testicule, qui semble due à l'affaiblissement produit par le climat.

Le D' Gazes aurait observé les mêmes phénomènes à Fort-de-France (Martinique) sur des soldats.

Elle survient chez les hommes qui sont dans la colonie depuis plusieurs mois.

Son début est lent, insidieux et peu douloureux, sauf un certain degré de tiraillement quand le scrotum est pendant.

La peau du scrotum est normale, la tunique vaginale intacte, mais les lésions se rencontrent sur le testicule, l'épididyme et le canal déférent.

Ordinairement au début, l'épididyme serait seul atteint ; il est gonflé, bosselé, mou et bientôt induré.

Le testicule devient volumineux, gonflé, dur, résistant, sans bosselures.

Enfin, le canal déférent est souvent augmenté de volume, dur, épais, et cette tuméfaction remonte jusqu'à l'anneau inguinal. Aucune trace d'inflammation n'existe ni du côté de la prostate ni

(1) Arch. gén. de méd., t. 11, 1878 (Orchite dans une fièvre typhoïde).

(2) Thèse de Paris, 1880.

dans le canal de l'urèthre. Ordinairement l'orchite est unilatérale.

La durée est de vingt à quarante jours. La résolution se fait complètement sans laisser de traces. Enfin, dans quelques cas, il peut y avoir récidive à intervalles plus ou moins éloignés.

Sous le nom à'orchite paludéenne, quelques médecins ont décrit une variété d'orchite très voisine de la précédente et qui surviendrait sous l'influence de l'empoisonnement palustre. Les principaux auteurs qui ont signalé cette orchite sont : Maurel (1), Girerd (2), Zacco, Smitt, Charvot (3), cette affection surviendrait principalement chez les vieux paludéens. Se développant assez rapidement, elle produit une augmentation notable du testicule et de l'épididyme confondus ensemble, durs et douloureux.

La fièvre est intense : -40°. La durée est de trois à six semaines. L'atrophie serait souvent le résultat de cette affection.

Maurel et Girerd admettent même une forme nouvelle à marche intermittente.

Le sulfate de quinine donné à haute dose serait un spécifique de cette affection.

Ainsi que l'un de nous l'a fait remarquer dans la discussion à la société de chirurgie à propos du travail de Charvot (rapport de Chauvel), il y a là une interprétation un peu exagérée, et le paludisme ne doit jouer qu'un rôle secondaire dans le développement de cette orchite. Nous croyons d'avantage au rôle du climat (pays intertropicaux) car on ne trouve pas cette afl'ection dans les régions paludéennes d'Europe. Telle est aussi l'opinion que M. Ledentu exprime dans cette même discussion. Il rapproche ces faits de l'éléphantiasis et de l'hypertrophie du testicule'qui l'accompagnent souvent.

Des orchites survenues dans le cours de la pyohémie ont été également signalées (4^). Il s'agit là probablement d'inflammation survenant dans cet organe, comme dans les articulations ou dans d'autres organes de l'économie sous l'influence de l'empoisonnement général par les microbes pyogènes.

L'inflammation du testicule qui accompagne, quoique rarement, les ostéites phlegmoneuses graves, rentre encore dans le même cadre et ne constitue qu'une des complications d'une affection beaucoup plus générale.

(1) Traité des maladies paludéennes delà Guyane, 1883.

(2) Des manifestations du paludisme sur les organes génitaux de l'homme, in Sii'cle méd., 1884.

(3) Bull. GiMém. Soc. dechir., 1887, p. 694. Rapport de ChauveL

(4) Gosselin et Walther, art. Testicule du Dict. de 7néd. et de chir. prat.

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