DES ÉPIZOOTIES. 49I
qui prouve bien que cette maladie différait essentiellement des maladies ordinaires, c'est que les oiseaux de proie et les autres animaux qui se repaissent des débris de l'homme, se tinrent éloignés des nombreux cadavres qui gisaient sans sépulture. Il est de fait qu'on ne voyait aucune de ces espèces d'oiseaux ni à l'entour des corps morts, ni ailleurs (1). »
Tite-Live, à propos de l'épidémie qui désola Rome, en l'an 174 avant Jésus-Christ, et plus tard Boccace, à propos de la peste de Florence (1348), rapportent que ni les chiens, ni les oiseaux de proie ne touchaient aux cadavres qui gisaient sans sépulture. On a fait des observations analogues pendant les épidémies de suette anglaise et de choléra indien. Dechambre a rappelé l'observation, attestée par des médecins recommandables, de Vabsence d'hirondelles et de divers autres oiseaux dans les pays cholérisés où l'on en voit habituellement un grand nombre à la même époque de l'année (2).
Nous qui attribuons un rôle si considérable aux modifications atmosphériques dans la genèse des maladies épidémiques, nous acceptons parfaitement que ces modifications puissent contribuer à éloigner les oiseaux des pays atteints de l'épidémie. On a même dit que les oiseaux mouraient dans les chambres des pestiférés et des individus atteints de fièvre jaune. Le fait peut être vrai, mais sans indiquer l'action spécifique de l'atmosphère des malades el sans que rien établisse que ces animaux, privés de tous soins, ne sont pas simplement morts de faim.
(1) Thucydide, De bello Peloponesiaco, liv. Mil.
(2) Dechambre, Gaz. hebdomadaire, 1855, p. 116.