PERIODES
1820 à 1826 (moins 1823). . .
1846-1858 (moins 1854-1855).
1862-1872 (moins 1870-1871)
Voyons maintenant quelle est la mortalité dans la population civile de 20 à 30 (âge moyen du soldat) et vivant dans des conditions analogues à celles où se trouve l'armée. Le tableau reproduit plus haut d'après M. le docteur Ély ne donne que la mortalité générale de la population mâle, et l'on a fait remarquer avec raison qu'il fallait tenir compte de deux circonstances dont l'effet doit être d'augmenter la mortalité de l'armée : célibat, séjour dans les grandes villes. M. le docteur Bertillon a certainement exagéré l'influence du célibat sur la mortalité (l);les célibataires meurent plus que les hommes mariés de même âge, c'est vrai, mais il s'agirait de savoir si beaucoup de célibataires ne renoncent pas au mariage précisément parce qu'ils sont atteints de maladies graves. Cette cause de célibat ne se rencontre
(1) Art. Mariage, Diction, encyclop. des sciences médicales.
pas dans l'armée, il y a là un célibat forcé analogue à celui des prêtres, et les prêtres, quoique célibataires, ont une vie tout aussi loimie que les hommes mariés. En tout cas, nous ne croyons pas qu'il taille additionner, comme le fait M. Ély, l'excès de mortalité des célibataires et l'excès de mortalité des habitants des villes, les deux causes se compliquant souvent, puisque la plupart des célibataires vivent dans les villes. Au lieu de faire deux corrections qui tiennent compte deux'fois du même élément d'erreur, il est bien plus simple de comparer la mortalité de l'armée à celle des célibataires habitant les villes, Paris, si l'on veut, bien qu'une partie seulement de l'armée soit casernée dans les grands centres. M. Bertillon nous fournira pour cette comparaison des chiffres très-intéressants (1).